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    Défenseur de la liberté (notamment à travers des logiciels libres, d'un Internet libre et du chiffrement) et informaticien.

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    Mélenchon et le numérique, ça donne quoi concrètement ?

    rydroid – Monday, 23 January, 2017 - 20:40 edit

Jean-Luc Mélenchon et le numérique, ça donne quoi concrètement ? Je vous propose ma petite analyse.

Sur YouTube (qui l'a censuré sans décision de justice), Google+, Facebook, Instagram (racheté par Facebook), Snapchat, Twitter, Periscope (propriété de Twitter), LinkedIn (qui appartient à Microsoft), et maintenant aussi sur Reddit. Visiblement pas sur diaspora*, GNU Social, friendica, XMPP publiquement (par exemple via Movim ou Salut à Toi), ou Hubzilla… Voici quelques liens sur ce qui me dérange et ce qu'on peut y faire :

Le site web avenirencommun.fr est à peu près propre. Il y a des JavaScript tiers (Mozilla, GitHub, jQuery), mais pas venant des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), du moins pas sur toutes les pages puisqu'il y a parfois YouTube (qui appartient à Google).

Pour jlm2017.fr, ce n'est pas la même chose. Pas de certificat X.509 valide (donc pas de HTTPS valide), puisque le certificat est valide pour *.nationbuilder.com (l'étoile étant un joker pour n'importe quoi). Pour ce qui est du JavaScript tiers, c'est abominable : Google (apis.google.com, Analytics), BootStrapCDN, CloudFlare, CloudFront, QuantServe, Facebook, Twitter, Amazon, et NationBuilder.

melenchon.fr a aussi un certificat X.509 invalide (expiré en 2014 !) (donc pas non plus de HTTPS valide) et on retrouve du JavaScript tiers de Facebook et Google (APIs, Analytics, et YouTube).

Pour celles et ceux qui se demandent pourquoi je peste contre cela, voila quelques pistes :

Voila quelques extraits de son livret numérique, fait par "Adobe InDesign CC 2014 (Macintosh)" (d'après les méta-données) :

Sous l’apparente gratuité des services, les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) vampirisent la toile en capitalisant et en monétisant nos données les plus personnelles à notre insu.

Le poids des « géants du net » n’est pourtant pas une fatalité. Un autre modèle existe, fondé sur le partage, la création en commun et la protection de la vie privée.

Cette possibilité de contrôle représente un moyen de préserver la souveraineté des individus comme de l’État sur leurs données. Le logiciel libre incarne donc parfaitement le modèle de société que nous défendons.

Avant même d'être potentiellement élu, il joint bien peu (pour ne pas dire pas du tout) la parole aux actes (sur ces questions relatifs au numérique), je ne perçois pas l'insoumission (sur ces sujets)…

Et pour ceux qui penseraient être des sortes de soutiens aux victimes parce qu’ils se sentent « concernés » , qu’ils se rassurent : plus ils sont concernés, moins le sort des victimes s’améliore. Il serait bon de commencer à se mettre au travail.

Vous pouvez retrouver le même message sur diaspora*.

Un peu plus d'explications sur l'intégrisme que je prône

J'ai envoyé ce message à un ami. D'une manière synthétique, il a l'air de penser qu'un changement populaire est très peu probable (car les gens savent déjà pour la vie privée et l’évasion fiscale mais préfèrent le confort des GAFAM) et que le changement viendra d'une décision politique d'en haut (ce qui me semble bien optimiste), puis affirme que mon message n'a aucune portée (car publié sur diaspora*, donc prêchant des convaincu·e·s). Puisque ce sont des éléments d'ordre généraux "du" débat, autant partager ma réponse :

Je cite un de mes précédents commentaires sur diaspora* (à propos de LQDN et Framasoft) :

Au moins, des moyens “propres” pour accéder aux contenus devraient être mis en avant et être privilégiés (mise en place en premier, avertissement des dangers de YouTube & co, etc), mais ce n’est pas le cas.

Que certains pensent qu'il est pragmatique d'utiliser les monstres ayant une énorme attention, soit. Même si je ne suis pas d'accord : c'est l'effet réseau (les gens vont là où il y a le plus de monde et d'interactions, ce qui amène à une hyper-centralisation quand c'est basé sur un modèle non décentralisé), une boucle "infinie" qu'il faut casser. Katharina Nocun avait fait une très bonne conférence sur le sujet au CCC. Mais pourquoi ne pas essayer (sans passer par la force) de détourner l'attention (au moins de celles et ceux qui les soutiennent) ?

Non, il ne faut pas exagérer, la porté du message n'est pas nulle. Sur diaspora* ou XMPP, tout le monde n'a pas la même sensibilité que moi sur ces questions (bien que bien plus proche que toute la population). C'est public via le Web, donc partageable via d'autres modes de communications (comme l'email, ou même Facebook). On pourrait aussi dire que tous les médias engagés ne prêchent que des convaincu·e·s (qui lit le Monde Diplo ? le Figaro ? etc) et n'auraient donc aucune portée. Pour ce qui est de Facebook, il faut savoir qu'il filtre les contenus en fonction de ce qu'il pense que l'utilisateur ou utilisatrice aime, ainsi un fil d'actualité n'est absolument pas l'ensemble des messages des "amis", il est ainsi dur d'atteindre des gens non sensibilisés à un sujet et qui ne s'y intéressent pas. De plus, il semble que la surveillance de masse (qu'opèrent en partie les GAFAM) nuit aux opinions minoritaires (encore une fois on revient à la problématique du cercle vicieux).