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Le ministre des Comptes publics (ici à l

ÉCONOMIE - “Si 2021 marquera la fin de la crise et de la pandémie comme tout le monde l’espère, il faut aussi que 2021 marque la sortie du “quoi qu’il en coûte”. Le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt a estimé que l’année 2021 doit marquer la fin de la politique du “ quoi qu’il en coûte ”, c’est-à-dire la mobilisation de tous les moyens nécessaires face à la crise du Covid-19 , dans une interview aux Echos publiée ce mercredi 20 janvier.

“Pendant toute l’année 2020, nous avons dépensé massivement pour soutenir les entreprises et les Français dans la crise . Cela a été possible car nous sortions d’une année 2019 qui avait été bonne du point de vue économique grâce à notre action, et car nous avions assaini les comptes depuis 2017”, a poursuivi l’ancien député socialiste.

Mais, a-t-il ajouté, “le niveau de dépenses que nous connaissons aujourd’hui n’est pas soutenable dans le temps”.

Pour faire face à l’épidémie, l’État a engagé 44,1 milliards de dépenses supplémentaires, dont 41,8 milliards de dépenses d’urgence, selon des chiffres de Bercy.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait indiqué un peu plus tôt ce mercredi que la crise et les moyens déployés par l’État se traduisaient “par le déficit budgétaire le plus élevé de notre histoire contemporaine”, lors d’une audition par la commission des Finances de l’Assemblée nationale.

Le déficit de l’État -hors périmètre des collectivités locales et de la sécurité sociale- s’est ainsi creusé de 85 milliards d’euros, passant de près de 93 milliards l’an dernier à 178,2 milliards d’euros.

À voir également sur le HuffPost: Olivier Dussopt n’était pas avare de leçons de morale... avant d’être épinglé à son tour

Le HuffPost lance

TRANSPORTS - Les mois que nous avons passés à l’arrêt nous ont parfois donné une furieuse envie de bouger. Dans notre rayon d’1 km, nous avons également eu le temps de réfléchir à nos modes de vie et à nos modes de déplacement. En 2021, Le HuffPost vous propose de poursuivre cette réflexion à travers une nouvelle série de vidéos.

Nous vous présentons “En transit.ion”, une série de 9 reportages, tournés à travers la France, qui nous transportent vers demain. Une fois par mois, nous nous intéresserons aux mobilités du futur. C’est-à-dire à nos déplacements, au sens très large du terme. Comment se déplacera-t-on “mieux” ou différemment demain ? De façon plus rapide, moins chère, plus verte, plus moderne ou plus inclusive ? Quelles sont les solutions qui émergent et feront partie de nos vies dans quelques années ? Quels sont les défis à relever pour que les beaux projets ne se transforment pas en cauchemar ?

Ce 21 janvier, nous dévoilons le premier épisode de cette série. Il interroge une invention qui fait rêver l’Humanité depuis plus d’un siècle : la voiture volante. Y aura-t-il (enfin) des voitures volantes à Paris en 2024 ? Elles arrivent, vraiment, mais ils restent encore bien des obstacles à surmonter avant que les “EvTol” planent dans le ciel de la capitale pour les Jeux-Olympiques.

En février, nous serons sur les flots. Nous retournons voir l’évolution de SeaBubbles , la start-up française pionnière du transport fluvial écologique, aujourd’hui en développement à Annecy, Lausanne et en test dans les calanques de Cassis.

En mars, nous mettrons en lumière une innovation qui pourrait changer la vie des personnes en fauteuil roulant, leur facilitant notamment l’accès au monde du travail.

Retrouvez toutes nos vidéos “En Transit.ion” sur cette page . Cette série de vidéos est soutenue par Toyota. Vous pouvez consulter notre charte des partenariats ici. Une idée, une information à partager pour cette série de reportages? Vous pouvez nous écrire à l’adresse entransition@huffpost.fr

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    Y aura-t-il des voitures volantes aux Jeux Olympiques de Paris 2024?

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 06:00 · 3 minutes

TRANSPORT - La voiture volante, c’est l’avenir? Mais non, c’est le passé! Ou plutôt, la voiture volante comme l’Humanité la fantasme depuis un siècle. La révolution des drones est passée là, et le véhicule individuel du futur s’appelle Evtol, pour Electrical vertical takeoff and landing (décollage et atterrissage vertical et électrique, en français). Ces engins sont désormais l’attraction des salons dédiés à l’innovation, et nombreux sont ceux qui parient sur leur arrivée sur le marché dans la décennie qui vient. Certains visent même les Jeux olympiques de Paris...en 2024.

Comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo en tête de cet article, le choix de cet événement sportif si attendu n’a rien de farfelu.

Les concepts se multiplient, et avec eux les levées de fonds. Ce secteur d’activité naissant, la France ne veut pas en rater les emplois. C’est pourquoi, à la rentrée 2020, la région Île-de-France s’est engagée dans un programme pour attirer les fabricants, avec comme partenaire rutilant la start-up allemande Volocopter . L’objectif pour la région parisienne, c’est de créer les conditions du développement d’une industrie dédiée aux Evtol dans les années qui viennent: “Le jour où on aura des véhicules aériens qui se déplaceront sur les toits de la RATP, ce sera une partie de ma réussite”, s’amuse ainsi Franck Margain, conseiller régional et président de Choose Paris Region, l’agence pour l’attractivité de l’Île-de-France.

La sécurité, le critère souverain

Il faut dire que l’appétit est là. Une analyse du cabinet BIS research estime ainsi que le marché représentera déjà 430 millions d’euros en 2025...pour continuer sur une croissance exponentielle et atteindre 1,7 milliard d’euros d’ici à 2035. Pas mal pour un secteur qui se résume aujourd’hui à des attentes et des projets expérimentaux, comme ceux menés par les protégés de François Chopard, business angel de l’aéronautique avec l’incubateur Starburst . Pour lui, pas de doute, les Evtol commerciaux sont presque une réalité: “On parle de premiers vols certifiés aux alentours de 2023”, assure-t-il.

Qu’est-ce qui pourrait alors freiner l’arrivée des Evtol dans le ciel urbain, avec des lignes de taxis aériens reliant par exemple les aéroports de Paris au centre-ville en une vingtaine de minutes? Plusieurs obstacles techniques, comme la durée des batteries, doivent être réglés d’ici là pour répondre aux critères de vols commerciaux. Le principal obstacle pourtant, celui qui pourrait non seulement retarder les premiers vols après 2024: l’impératif de sécurité.

Au niveau européen, les exigences sont extrêmement élevées: “autant que pour un avion de ligne” explique David Solar, chef du département Evtol à l’agence européenne pour la sécurité de l’aviation. Assurer une absence quasi totale d’accident en vol est une nécessité: sans cela, c’est toute l’aventure des voitures volantes qui risque de capoter avant même d’avoir vraiment commencé.

Cette vidéo fait partie de notre nouvelle série de vidéos “En Transit.ion”. Comment se déplacera-t-on (mieux) demain? Retrouvez nos futurs sujets et reportages sur cette page . Cette série de vidéos est soutenue par Toyota. Vous pouvez consulter notre charte des partenariats ici. Une idée, une information à partager pour cette série de reportages? Vous pouvez nous écrire à l’adresse entransition@huffpost.fr

À voir également sur Le HuffPost: En Écosse, le spectacle magique de centaines de drones

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    Arnold Schwarzenegger s'est fait drive-vacciner aux États-Unis

    news.movim.eu / HuffingtonPost · 00:54 · 1 minute

ÉTATS-UNIS - Alors que le Covid-19 continue de faire des ravages aux États-Unis, avec la barre des 400.000 décès franchie ce mercredi 20 janvier, Arnold Schwarzenegger a publié sur son compte Twitter une vidéo le montrant en train de se faire vacciner en voiture, dans un centre de vaccination en drive.

L’ancien acteur espère que les Américains l’imiteront, alors que la campagne de vaccination est lancée depuis mi-décembre dans le pays.

“Aujourd’hui était un bon jour. Je n’ai jamais été aussi heureux de patienter dans une queue. Si vous êtes éligible, rejoignez-moi et inscrivez-vous pour le vaccin”, demande Schwarzy, avant de conclure par une de ses répliques cultes de “Terminator 2”: “Venez avec moi si vous voulez vivre!”

Pour le moment, environ 15 millions de personnes ont reçu l’un des deux vaccins autorisés aux États-Unis (ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna), dont 2,2 millions de personnes ont eu les deux injections requises.

À voir également sur Le HuffPost : Schwarzenegger réagit aux événements du Capitole et se paie Trump

À cause de Trump, le transfert des codes nucléaires à Biden s

PRESIDENTIELLE AMÉRICAINE - Les codes nucléaires ont été remis ce mercredi 20 janvier, comme il se doit, au nouveau président des États-Unis Joe Biden . Mais pour la première fois de l’Histoire, ce transfert habituellement discret a nécessité une chorégraphie en deux temps.

Parce que Donald Trump a refusé de participer à la cérémonie de son successeur , fait sans précédent depuis 150 ans, le transfert des codes qui se fait habituellement discrètement, sur la tribune de l’investiture , a nécessité cette année deux exemplaires du “football” nucléaire, cette valise contenant tous les éléments nécessaires à une frappe nucléaire, et qui accompagne le président américain en toutes circonstances.

Mercredi matin, lorsqu’il s’est envolé de la base militaire d’Andrews, près de Washington, pour rejoindre sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride, Donald Trump était encore président et à ce titre, suivi d’un aide militaire transportant le fameux “football”. Il possédait encore une petite carte en plastique contenant les codes nucléaires, surnommée le “biscuit”. Mais au même moment à Washington, un autre aide militaire, porteur d’une autre valise et d’un autre “biscuit”, a pris place sur la tribune érigée sur les marches du Capitole pour l’investiture de Joe Biden.

Trois “footballs” en permanence

Et à midi pile, alors que traditionnellement, l’aide militaire du président sortant donne la valise à l’aide militaire du nouveau président, le “biscuit” de Donald Trump a simplement été désactivé, comme une carte de crédit arrivant à expiration. Et un nouveau “biscuit” attribué à Joe Biden a été activé à Washington, donnant officiellement au 46e président des États-Unis le pouvoir absolu de faire usage de l’arme nucléaire.

Même si c’était une première, l’échange n’a pas posé de problème logistique car l’exécutif américain dispose en permanence de trois “footballs”: un qui suit le président, un dans les bureaux du vice-président au cas où il arriverait quelque chose au président, et un en réserve.

Au lendemain de l’assaut mené par des partisans de Donald Trump contre le Congrès, la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi s’était inquiétée du fait qu’un “président instable” use de son droit exclusif à ordonner une frappe nucléaire. Et un ancien ministre de la Défense, William Perry, a appelé Joe Biden à “se débarrasser du football”, jugeant le système actuel “antidémocratique, dépassé, inutile et extrêmement dangereux”.

À voir également sur Le HuffPost: Lady Gaga a donné de la voix pour Biden et l’hymne national américain

Joe Biden, ici dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, à Washington, le 20 janvier 2021.

ÉTATS-UNIS - Le président américain Joe Biden a affirmé mercredi que son prédécesseur Donald Trump lui avait laissé avant de s’envoler pour la Floride une lettre “très aimable”.

“Le président a écrit une lettre aimable”, a déclaré M. Biden depuis le Bureau ovale lors de la signature de ses premiers décrets. Le nouveau président des Etats-Unis n’a pas voulu donner plus de détails, soulignant que cela relevait du domaine “privé”.

Plus d’informations à venir...

Un cimetière à Manaus, en juin 2020, alors que la ville brésilienne était balayée par une première vague épidémique.

SCIENCE - C’est une tragédie en trois actes qui se joue au nord-ouest du Brésil, avec le coronavirus comme acteur principal. À Manaus , plus grande ville d’Amazonie, les décès quotidiens dépassent la centaine, les hôpitaux sont submergés, l’oxygène vient à manquer.

Une situation malheureusement pas si unique. Ce qui donne à Manaus son caractère singulier, et fait craindre au monde entier des mois à venir difficiles, ce sont les deux actes précédents. On a beaucoup parlé de cette ville de deux millions d’habitants au début de la pandémie de Covid-19 , touchée par une première vague dévastatrice entre avril et juin. Certains pensaient même qu’elle avait atteint, au prix d’un lourd bilan, l’immunité collective, ce seuil au-delà duquel il n’y a plus assez de personnes pouvant attraper le coronavirus.

Ce qui frappe, ces dernières semaines, c’est l’explosion de cette deuxième vague qui ne devrait pas avoir lieu. Ce qui fait peur, c’est qu’en parallèle de cette résurgence du virus, un nouveau variant inquiétant s’impose à Manaus. Possiblement plus contagieux, il pourrait même échapper à l’immunité induite par une première infection. Voire par les vaccins en cours de déploiement. De quoi faire craindre que, malgré nos efforts vaccinaux, les vagues de coronavirus sont appelées à se succéder.

Mais si la tragédie de Manaus est réelle, ses causes et ses conséquences sur le reste du monde doivent être mises en perspective.

La surmortalité quotidienne à Manaus depuis le mois de mars 2020

Une immunité collective à confirmer

Si l’on parle autant de Manaus, c’est notamment en raison d’une étude estimant que la ville a été si durement touchée qu’elle a atteint un palier, celui de l’immunité collective, que l’on situe en général au-dessus de 66% de personnes contaminées (un chiffre qu’il conviendra de relativiser plus bas).

Ces données divisent les chercheurs et sont à prendre avec des pincettes pour plusieurs raisons, comme le rappelle le mathématicien Wes Pegden. Par exemple, pour arriver à leurs conclusions, les auteurs de l’étude ont détecté la présence d’anticorps dans le sang des habitants de Manaus, via des tests sérologiques. Mais la population testée n’est pas représentative de la démographie réelle de la ville. Ce sont les donneurs de sang qui sont dépistés. On appelle cela un ”échantillonnage de convenance”.

Le problème, c’est que cela peut donner lieu à de multiples biais. Par exemple, on proposait aux donneurs un test de dépistage Covid entièrement gratuit, ou encore une réduction pour un trajet en Uber, rapporte The Scientist . Cela peut avoir un impact important, par exemple en favorisant les plus défavorisés à participer. De nombreux travaux ont montré que les populations les plus pauvres avaient plus de risque d’être contaminées par le coronavirus, pour diverses raisons socio-économiques .

Bruce Walker Nelson, écologue à l’Institut national de recherche en Amazonie, rappelle que depuis le mois d’août, les hospitalisations à Manaus ont augmenté de manière bien plus importante dans les cliniques privées que dans les hôpitaux publics. Ce qui pourrait vouloir dire que les plus riches, moins touchés par la première vague, sont aujourd’hui les principaux concernés.

En clair, il n’est pas impossible que l’immunité collective à Manaus ait été surévaluée, notamment du fait d’une première vague qui a durement frappé les plus pauvres, possiblement surreprésentés dans les études sérologiques. Cette hypothèse est loin d’être une certitude, évidemment.

Une autre étude , se basant cette fois sur les décès et hospitalisations pour tenter de calculer le vrai nombre de personnes contaminées, estime également que la grande majorité de la ville a été contaminée. Mais ici aussi, comme le rappelle le professeur Marm Kilpatrick, des biais rendent difficile une estimation fiable. On peut aussi imaginer que l’immunité acquise en avril-mai diminue doucement, précise l’épidémiologiste Oliver Pybus, interrogé par Science magazine .

Un variant à plusieurs inconnues

Ces précautions prises, admettons maintenant que le seuil théorique de l’immunité collective ait été atteint à Manaus lors de la première vague. Comment alors expliquer cette nouvelle vague? Le 12 janvier, des chercheurs ont repéré un variant inquiétant , appelé P1 ou 501.V3, à Manaus. Il fait partie des trois nouvelles souches de coronavirus les plus surveillées actuellement, car elles pourraient rendre le Sars-Cov2 plus contagieux, voire lui permettre d’échapper en partie à nos défenses immunitaires ( voir notre article à ce sujet ).

Pour autant, comme le précise le professeur de biologie Carl Bergstrom, le variant a été détecté dans 13 des 31 échantillons analysés à Manaus. “Si Manaus avait atteint l’immunité collective et que P.1 est bien un variant échappant à l’immunité, on s’attendrait à le voir presque exclusivement”, détaille-t-il. Interrogé par Le HuffPost , Björn Meyer, virologue à l’Institut Pasteur, arrive à la même conclusion. “Je pense que nous sous-estimons à quel point le virus peut nous infecter”, explique-t-il. Surtout ces nouveaux variants.

Il y a encore de nombreuses inconnues autour de ces souches récentes. Mais l’élément le plus clair, visible pour 501.V1 (en Angleterre) et 501.V2 (en Afrique du Sud), c’est qu’ils semblent plus contagieux. Or, ce simple élément pourrait expliquer ce qu’il se passe à Manaus. Le fameux seuil d’immunité collective n’est pas fixe. Il dépend de la manière dont le virus se propage, du fameux taux de reproduction R0.

Si ce taux est de 3 (une personne infectée en contamine, en moyenne, trois), alors pour que l’épidémie s’éteigne d’elle-même, il faut que 66% de la population soit immunisée. Mais si ce nouveau variant est plus contagieux, le R0 augmente. “Imaginons qu’il soit de 3.7, dans ce cas, le seuil de l’immunité collective passerait à 74%”, explique Björn Meyer.

Échappement immunitaire

Mais admettons encore une fois que la réelle cause de l’explosion des cas à Manaus soit due à un échappement immunitaire. En clair, que si l’épidémie repart de plus belle dans la ville brésilienne, c’est uniquement parce que ce nouveau variant, via des mutations bien spécifiques, ne peut être ciblé par les anticorps développés par quelqu’un précédemment infecté par le coronavirus.

De plus en plus de travaux vont dans le sens d’une possible adaptation de certains variants face à l’immunité naturelle. Début janvier, une première étude centrée sur le variant sud-africain (proche de celui qui touche Manaus, avec une mutation bien particulière, E484K ) concluait que cette nouvelle version du coronavirus était moins facilement ciblée par les anticorps classiques. Lundi 18 janvier, une discussion de scientifiques, diffusée sur YouTube , faisait état d’une autre étude aux conclusions similaires, mais aux travaux non publiés pour le moment.

Auquel cas, le fait que Manaus ait atteint le seuil d’immunité collective ou non ne change rien au fond du problème: un nouveau variant échappant aux anticorps classiques serait une catastrophe. Mais ici aussi, il y a plusieurs choses à préciser. Comme le rappelle le directeur adjoint du Laboratoire européen de biologie moléculaire, Ewan Birney, certains mécanismes du système immunitaire, comme les cellules T, n’ont pas été testés dans ces études.

Des vaccins différents

Surtout, si ces mutations sont clairement de mauvaises nouvelles, il n’est pas possible de dire aujourd’hui si les vaccins sont affectés par cet échappement immunitaire, ni à quel point. Jesse Bloom, l’un des auteurs de la première étude sur E484K, a lui-même précisé quelques jours après la publication de ses travaux que ses conclusions ne pouvaient pour l’instant pas préjugé de l’efficacité des vaccins sur ces nouveaux variants, se disant personnellement optimiste (en tout cas, face à ces souches).

“Il est important maintenant d’évaluer le pouvoir neutralisant des anticorps générés par la vaccination contre les variants du virus et d’étudier la réponse immunitaire des individus infectés par les variants”, a indiqué de son côté à l’AFP le virologue Lawrence Young, de la Warwick Medical School.  “On ne développe pas la même immunité avec un vaccin qu’en attrapant la maladie, qui elle varie beaucoup en fonction de la manière dont la maladie vous a affecté”, précise au HuffPost Morgane Bomsel, spécialiste en virologie à l’Institut Cochin.

Et si le pire se produit? Si ce variant, comme on le soupçonne pour son cousin sud-africain, rend véritablement les vaccins actuels caduques? Ce serait alors effectivement un scénario noir, même s’il ne faut pas oublier que les vaccins aussi sont adaptables. “Il faut se rappeler que les nouveaux vaccins à ARN permettent de changer toute la ligne de production en seulement six semaines, même s’il faudra ensuite vérifier leur innocuité”, rappelle Björn Meyer.

La communauté scientifique devrait apporter rapidement des réponses à ces questions sur les variants. En attendant, ce que la tragédie de Manaus peut nous apprendre, c’est qu’espérer contrôler la pandémie de Covid-19 via l’immunité collective est illusoire. Et que le seul moyen d’empêcher les morts de s’accumuler, en attendant les vaccins, consiste à tenter de limiter au mieux la propagation du virus.

À voir également sur Le HuffPost : Les mutations des virus expliquées en 2 minutes

Une vue générale de l

ASSEMBLÉE NATIONALE - Dans une ambiance à vif, l’Assemblée nationale a donné ce mercredi 20 janvier son feu vert à la prolongation de l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 1er juin face à l’épidémie de Covid-19 , en dépit de l’opposition de la gauche comme de la droite.

Ce projet de loi de prorogation a été adopté par 113 voix pour, celles de la majorité seule. Les députés ont été 43 à voter contre, et quatre se sont abstenus, dont un MoDem et un Agir, alliés de LREM.

Le texte sera au menu du Sénat en première lecture mercredi prochain, en vue d’une adoption définitive avant le 16 février, date actuelle de fin d’application de ce régime d’exception.

L’état d’urgence sanitaire est la base notamment du couvre-feu national à 18h . Il permet aussi les mesures de restriction ou d’interdiction des déplacements, des rassemblements ou des ouvertures des établissements, sur tout ou partie du territoire, ainsi que possiblement des confinements partiels ou complets de la population.

“Je comprends la lassitude et le souhait de sortir de la crise, mais ne nous pouvons nous priver d’aucun outil pour combattre le virus”, a martelé Olivier Véran, alors que les parlementaires relayaient les inquiétudes des restaurateurs, des étudiants et encore des stations de ski .

“Nous sommes sur un fil”, a lancé le ministre de la Santé, à l’heure où se répandent les variants britannique et sud-africain , beaucoup plus contagieux, du virus qui donne le Covid-19.

Mais les oppositions se sont prononcées contre une “banalisation” de l’état d’urgence (LR et PCF), “boîte à outils des pleins pouvoirs” (LFI) qui pourraient durer jusqu’à la présidentielle, selon ces élus.

“Nous ne sommes plus en démocratie”, a affirmé Paul Molac du groupe Libertés et territoires, comme Nicolas Dupont-Aignan (non-inscrit) qui juge que l’exécutif “détricote la confiance”.

Les socialistes avaient défendu en vain une motion de rejet préalable, déplorant “l’absence de bilan” accompagnant cette prolongation.

Le ton est monté à plusieurs reprises de part et d’autre, Ian Boucard (LR) évoquant un “chantage à la responsabilité” de la part de M. Véran. “Vous resterez le ministre du fiasco sur les tests, les masques, les vaccins”, a renchéri son collègue du même groupe Julien Aubert.

Olivier Véran a lui épinglé en retour une “outrance permanente” des oppositions qui “commence à un peu lasser les Français”: “aidez-nous, retroussez-vous les manches”, leur a-t-il demandé.

“Chèque en blanc”

Mais jusqu’au sein de la majorité, des députés posent leurs conditions. Philippe Latombe (MoDem) a ainsi exigé la “transparence dans les réponses et les chiffres”, quand le chef de file des députés Agir Olivier Becht a estimé qu’il n’est “pas possible de donner un chèque en blanc sans débattre du fond de la stratégie” gouvernementale.

Et de mettre en garde: “Nous ne pourrons traverser 2021 en confinant, déconfinant, reconfinant”.

Créé à l’occasion de la crise du Covid-19, l’état d’urgence sanitaire a été appliqué du 23 mars au 10 juillet 2020, et à nouveau depuis le 17 octobre.

Les députés de divers bords ont défendu sans succès des amendements pour une prolongation plus courte, un contrôle parlementaire accru ou davantage de transparence du Conseil scientifique.

En commission, les députés avaient supprimé la période transitoire de sortie de l’état d’urgence envisagée après le 1er juin, ce qui obligera à un nouveau rendez-vous devant le Parlement. La question de la tenue des élections régionales et départementales courant juin se posera alors.

En outre, le projet de loi reporte au 31 décembre la caducité même du cadre juridique de l’état d’urgence.

En décembre, un projet de loi définissant un “régime pérenne de gestion des urgences sanitaires” et devant prendre le relais du régime actuel a été remisé aussitôt après sa présentation en Conseil des ministres, face au tollé suscité.

En cause, un article prévoyant en cas de future pandémie la possibilité de voir conditionnés certains déplacements à la vaccination, qui avait suscité une levée de boucliers des oppositions. Certains y voyaient la mise en œuvre d’un “passeport sanitaire”, qui existe dans d’autres pays.

Ce projet de loi-là “a finalement été retiré de l’ordre du jour et sera examiné au Parlement lorsque la crise sera derrière nous”, s’est engagé Olivier Véran.

À voir également sur Le HuffPost : Quand Mélenchon cumule les approximations sur la vaccination