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    « Semences paysannes » : quelqu’un se trompe ou nous trompe

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · 2 days ago - 03:20 · 10 minutes

semences paysannes

Par André Heitz.

La loi N° 2020-699 du 10 juin 2020 relative à la transparence de l’information sur les produits agricoles et alimentaires a modifié le dernier alinéa de l’ article L. 661-8 du Code rural et de la pêche maritime , par l’insertion des mots : « ou à titre onéreux » après le mot :  « gratuit ».

L’alinéa en cause dispose dorénavant :

« La cession, la fourniture ou le transfert, réalisé à titre gratuit ou à titre onéreux de semences ou de matériels de reproduction des végétaux d’espèces cultivées de variétés appartenant au domaine public à des utilisateurs finaux non professionnels ne visant pas une exploitation commerciale de la variété n’est pas soumis aux dispositions du présent article, à l’exception des règles sanitaires relatives à la sélection et à la production. »

C’est – en principe – la victoire d’un militantisme qui n’a de cesse d’éroder la législation sur les variétés et les semences et, en particulier, le système d’enregistrement des variétés dans des catalogues de variétés admises à la commercialisation.

C’est aussi l’antithèse de la transparence revendiquée dans le titre de la loi.

Les « multinationales », la « biodiversité » ?

Le catalogue est prétendument au service des multinationales avides de mainmise sur les semences et donc…

« Si vous contrôlez le pétrole, vous contrôlez le pays, mais si vous contrôlez les semences, vous contrôlez l’alimentation. Et celui qui contrôle l’alimentation tient la population en son pouvoir. » – Henry Kissinger.

Un catalogue également accusé de porter préjudice à la biodiversité… alors qu’il est pléthorique : plus de 9000 et quelque 55 600 variétés, respectivement, inscrites dans les catalogues français et européen ; par exemple 153 variétés de tomates dites « sans valeur intrinsèque », destinées plus particulièrement aux jardiniers amateurs, inscrites au catalogue français.

Le militantisme a donc été aux anges. Mme Barbara Pompili, notre nouvelle ministre de la Transition écologique (qui n’est plus solidaire… et qui, espérons-le, ne couvrira pas l’énergie) a gazouillé :

« Après des années de combat, la vente de #semences paysannes à des jardiniers amateurs est enfin officielle ! Un grand pas pour la #biodiversité ! Prochaine bataille à mener à l’échelle de l’ #UE : autoriser la commercialisation des semences paysannes en agriculture conventionnelle »

Une modification servant des intérêts particuliers

On ne peut qu’être interloqué par tant d’incompétence et d’irresponsabilité ! Le texte ne s’applique pas – ou pas seulement – aux « semences paysannes » mais aux semences et plants de toutes les « variétés appartenant au domaine public ». Il s’agit :

  • de variétés, typiquement d’obtenteurs – amateurs comme Tom Wagner (à qui on doit de nombreuses variétés de tomates, dont la Green Zebra , et de pommes de terre), petites et grandes entreprises, y compris multinationales – de variétés dont la protection n’a pas été demandée en France ou a expiré ;
  • de « variétés paysannes » au sens propre, si tant est qu’elles existent, c’est-à-dire de semences « qu’un agriculteur prélève dans sa récolte en vue d’un semis ultérieur mais qui, contrairement aux semences de ferme, ne sont pas préalablement issues de semences certifiées achetées à un semencier » ( Wikipedia ) ;
  • de grand n’importe quoi, qualifié de « semences ».

Il y aura donc les opérateurs de la filière variétale et semencières servant des utilisateurs dans le cadre d’un système organisé et éthique, et d’autres dégagés de (presque) toutes les obligations légales, au bénéfice d’une anarchie légalisée.

Protéger l’utilisateur et notre agriculture et alimentation

Les lecteurs d’un site libéral peuvent penser que la législation sur les variétés et les semences est un carcan qu’il convient de démanteler et qu’ils ont eu raison, les honorables députés subjugués par un « lobbying d’intérêt général » suffisamment bête pour ne pas s’apercevoir qu’il est au service d’intérêts particuliers.

Il n’en est rien, même si des améliorations sont possibles et souhaitables (mais freinées par la paralysie et la gabegie « bruxelloises » ainsi que par le jusqu’au-boutisme du lobbying).

Il s’agit de protéger les utilisateurs de semences des margoulins (qui vendent par exemple des semences ne germant pas ou ne correspondant pas à la variété annoncée) ainsi que notre production agricole et alimentaire des problèmes phytosanitaires.

Le système français est fondé sur une interprofession dans laquelle toutes les parties prenantes sont représentées (hormis les francs-tireurs et autres pirates). Les échanges peuvent y être musclés, mais le système est fondamentalement consensuel.

Ajoutons pour ceux qui pourraient croire à la toute-puissance des « multinationales » : à la base du système, il y a… des agriculteurs, des producteurs de semences. Et la filière française comporte de nombreuses PME et coopératives.

Trois tentatives ont été nécessaires

Mais retour à la modification de la législation. Nous en sommes à la troisième tentative.

Dans la première, dans le cadre des travaux sur la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages (qui allait devenir la N° 2016-1087 du 8 août 2016), la bien-pensance avait tenté de limité la possibilité de vendre des semences aux seules associations loi 1901.

Le capitalisme, c’est mal… sauf s’il est pratiqué par une association. Le Conseil constitutionnel a censuré cet élément comme non conformes à la Constitution (violant le principe d’égalité) par sa décision N° 2016-737 DC du 4 août 2016 .

Les députés du camp du Bien – cette fois sous l’ère macronienne – ont remis le couvert dans le cadre des travaux sur la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous (loi dite « égalim », devenue N° 2018-938 du 30 octobre 2018), mais sans la limitation aux associations. Le Conseil constitutionnel a une nouvelle fois retoqué la modification, et ce en tant que cavalier législatif (une disposition étrangère à l’objet initial de la loi), par sa décision N° 2018-771 DC du 25 octobre 2018 .

La troisième tentative sera-t-elle la bonne ?

Après les sauts de cabri, la mauvaise nouvelle

C’est, semble-t-il, M. Mathieu Vidard qui a ouvert le bal médiatique avec « l’édito carré » du lundi 22 juin 2020,« « Les semences paysannes, enfin autorisées ». Ridicule : elles l’étaient déjà.

Mais, patatras ! Le 3 juillet 2020, Marianne publie sur son site « Les semences sous le contrôle des lobbies » de Mme Juliette Duquesne :

« [..] Mais à peine promulguée, le 23 juin, la commission européenne s’oppose à cette mesure au motif que tous les échanges de semences devraient être soumis à la législation européenne sur le commerce de semences. “ Son avis tient en un minuscule paragraphe, parfaitement lapidaire et non argumenté, rendant évident un parti-pris pour le moins suspect , explique Blanche Magarinos-Rey, avocate en droit à l’environnement, spécialiste de ce sujet [et avocate attitrée de Kokopelli ] . […]

[…] L’emprise des lobbys industriels, à tous les étages de la prise de décision publique, est patente et insupportable “, dénonce Blanche Magarinos-Rey. »

La Commission répond…

Passons sur la gesticulation : c’est bien curieux, tellement que j’ai demandé à la Commission. Sa réponse a été copiée à une demi-douzaine de personnes et d’unités en interne, ce qui laisse entendre que ce n’est pas du flanc. Voici ce qu’elle m’a fort courtoisement écrit :

« Le projet a été notifié à la Commission le 24 mars 2020. Toutefois, comme la France a déjà adopté le texte final, la procédure prévue par la directive sur la transparence du marché unique (DTMU) cessera de s’appliquer.

En effet, selon l’article 1(g) de la directive 2015/1535, on entend par projet de règle technique, le texte d’une spécification technique, ou d’une autre exigence ou d’une règle relative aux services, y compris de dispositions administratives, qui est élaboré dans le but de l’établir ou de la faire finalement établir comme une règle technique et qui se trouve à un stade de préparation où il est encore possible d’y apporter des amendements substantiels ». [Ma note : les règles techniques incluent les dispositions législatives].

Dès qu’un projet n’est plus au stade de la préparation, la procédure prévue par la DTMU cesse de s’appliquer. La directive a en effet pour objet de prévenir les entraves techniques aux échanges entre les États membres ou dans une partie importante de ceux-ci.

En conséquence, à ce stade, toute action ou réaction éventuelle de la Commission est menée en dehors du contexte de la procédure prévue par la présente directive.  Si les services de la Commission ont un intérêt à réagir sur le fond du texte, veuillez noter que la clôture de la procédure prévue par la DTMU n’empêche pas la Commission de demander des éclaircissements/d’émettre une réaction vis-à-vis des autorités françaises.

Dans ce contexte, si vous avez un intérêt pour ce projet, nous vous conseillons de contacter les services de la Commission concernés à l’adresse SANTE-NOTIFICATIONS@ec.europa.eu. »

Conclusion : il y a deux versions contradictoires…

Protestation… quelle suite ?

Un consortium de protestation s’est déjà formé . La diatribe comporte des arguments intéressants.

Ainsi, la deuxième censure du Conseil constitutionnel serait « incompréhensible », alors même qu’est précisé le « motif de l’absence de lien avec le projet de loi initial (cavalier législatif) ».

La Commission européenne aurait émis le 23 juin 2020 « un ‘avis circonstancié’ à son encontre, faisant suite à une notification douteuse des autorités française s ».

Rappel : dans Marianne , il était qualifié de « minuscule paragraphe, parfaitement lapidaire et non argumenté ». Pour le volet français, en fait, la disposition en cause a été notifiée à la demande du Sénat qui avait « un doute sur la conventionalité de la disposition proposée que seule la Commission européenne peut trancher ».

Le Sénat, du reste, avait accepté de fermer les yeux sur la disposition en cause pour ne pas compromettre l’adoption de la loi.

Les signataires appellent donc « les autorités françaises à maintenir et à appliquer l’article 10 de la loi […] quitte à devoir affronter la Commission européenne devant la Cour de Justice de l’Union Européenne, et à honorer ainsi pleinement la volonté, maintes fois réitérée, des parlementaires. »

La ci-devant parlementaire et présentement ministre Barbara Pompili répondra-t-elle à l’appel (si tant est que la Commission ait réagi ou réagira) ? La ministre va-t-elle s’employer à mettre en œuvre l’ambition de la députée de promouvoir l’autorisation de la « commercialisation des semences paysannes en agriculture conventionnelle » ?

Une chose est sûre : la nouvelle disposition aménage dans les faits une sorte d’ open bar pour tous les margoulins des semences « libres de droits et reproductibles », et affublées de vertus extraordinaires, à destination des jardiniers amateurs. C’est, pour ce segment, un retour en arrière de plus de 80 ans, dans le contexte aggravant de la facilité de l’E-commerce. Et c’est un risque phytosanitaire inconsidéré. Il sera difficile de faire respecter les « règles sanitaires relatives à la sélection et à la production », qui restent applicables par exception.

C’est, en tout cas, une ouverture qui ne semble guère conforme à la lettre et à l’esprit de la législation sur les variétés et les semences . Et qui est assurément contraire à l’intérêt général.

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    L’agriculture hors-sol promise par les écolos

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · 5 days ago - 03:30 · 7 minutes

agriculture

Par André Heitz.

De « grands stratèges » proposent de créer un grand ministère de l’Écologie incluant l’agriculture.

Étonnamment, c’est le cas du député paysan de la Creuse LaREM Jean-Baptiste Moreau, et aussi de M. Gilles Luneau dans « Arrimer l’agriculture aux engagements climatiques de la France », dans Le Monde du 26 juin 2020 (date sur la toile). Pitié…

( Source )

L’opulence de Paris

Cet « arrimage », ou plutôt ce phagocytage, a été réalisé à la Mairie de Paris : parmi les 37 adjoints figure, en 26e position, Mme Audrey Pulvar, adjointe à l’alimentation durable, l’agriculture et les circuits courts. Elle est précédée par M. Christophe Najdovski, adjoint à la végétalisation de l’espace public, aux espaces verts, à la biodiversité et à la condition animale. La prévention, la sécurité et la police municipale (M. Nicolas Nordman) n’arrivent qu’en 29e position, la santé publique (Mme Anne Souyris), en 30e.

Souriez… Ou grincez…

Voilà donc l’agriculture parisienne aux mains d’une journaliste, présidente de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (dans cet ordre) alors que M. Nicolas Hulot officiait au gouvernement.

Cela vous fait sourire ? Il n’y a pas que la vigne de Montmartre. Paris – enfin Mme Anne Hidalgo et son équipe – a de grandes ambitions en matière d’« agriculture urbaine », une agriculture qui s’inscrit dans de grands projets écologiques.

Gonflez du torse… nous sommes les meilleurs. La Mairie du 15e arrondissement nous informe : « La plus grande ferme en toiture au monde Porte de Versailles ». Elle est sur Paris Expo – Porte de Versailles et occupera à terme 14 000 mètres carrés, soit pour un paysan 1,4 hectare.

Des fruits et légumes y poussent déjà « au plus proche des consommateurs » . Mais continuons la lecture d’une annonce qui n’a pas été mise à jour correctement (en dernier lieu le 11 mai 2020, vive l’efficacité bureaucratique…) : « Dès le printemps 2020 , c’est un tiers de ce potager organique et high tech de 14 000 m 2 qui produira fruits, légumes et aromates pour les restaurants et hôtels alentours »… des consommateurs un peu particuliers, quoi…

Il y a aussi un système de « paniers » comme dans les AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne). Mais 15 euros le bouquet d’aromates et 1 kg de fruits ou 1 kg de légumes selon Consoglobe… et son zeppelinesque « Les Parisiens peuvent déguster les produits de leur grande ferme urbaine ».

Très franchement, ils ne seront pas nombreux à pouvoir le faire, ni du point de vue de la production escomptée, ni de celui du prix.

( Source )

Il y a aussi une sorte de… comment dire… le terme générique usuel est « jardins ouvriers » ou « jardins familiaux ». En effet, 135 « parcelles » de 1 m2 sont disponibles à la location (les anciens jardiniers parlaient souvent en ares, alors convertissons : 0,01 are ; pour les rats de bureau, c’est 16 pages A4). Selon Consoglobe , ce seraient 1,85 m2, un chiffre plus réaliste car cela correspond à un carré fabriqué en palettes recyclées.

Mais : « Le droit d’entrée pour louer une parcelle à l’année est de 80 euros, le tarif mensuel est ensuite de 20 euros par mois pour une parcelle, et 15 euros à partir de la deuxième. » Même avec les services complémentaires inclus dans l’offre, cela fera cher la salade…

La faim à Tours

Les projets de Paris préfigurent peut-être ce que sera l’agriculture – enfin une certaine production maraîchère – et l’alimentation des Français : chère, imposée (nous mangerons ce qu’on mettra dans vos paniers…) et sélectionnée selon les contraintes techniques et économiques de production (les légumes seront de saison, mais ne vous attendez pas à y trouver des pommes de terre, non rentables, ni des carottes, peu disposées à croître en hydroponie…).

Il y a des Français pour qui les options sont aussi limitées.

Madame Nathalie Birchem, de La Croix , a produit un instructif et émouvant « long format », « Avoir faim en France : « Tu manges ce qu’on te donne, tu choisis pas » ».

C’est une plongée dans l’univers des compatriotes et des étrangers, avec ou sans carte de séjour ou de réfugié, de Tours (mais c’est pareil ailleurs en France) qui sont tributaires de l’aide alimentaire.

En intertitre : « Pas de misérabilisme mais… ». En effet, on ne meurt pas de faim en France comme on peut mourir dans la rue, faute de toit. Mais… voici les repères de la précarité alimentaire :

Un Français sur quatre a du mal à manger trois fois par jour : 25 % des Français déclarent avoir du mal à se procurer une alimentation saine leur permettant de faire plus de trois repas par jour, selon le sondage Ipsos-Secours populaire réalisé en mai 2019 sur 1009 personnes.

5,5 millions de personnes bénéficient de l’aide alimentaire, selon le rapport sénatorial Bazin-Bocquet, publié en 2018, qui précise que leur nombre a plus que doublé par rapport à 2009.

61 % des bénéficiaires ont au moins un enfant, selon une étude réalisée fin 2018 par l’institut CSA sur 2070 bénéficiaires pour les Banques alimentaires.

33 % sont des familles monoparentales. L’âge moyen est de 47 ans. 71 % des bénéficiaires perçoivent moins de 1000 euros par mois, majoritairement des prestations sociales. 17 % ont un emploi, souvent à temps partiel.

84 % disposent d’un logement stable. 53 % reçoivent une aide alimentaire au moins une fois par semaine. Celle-ci représente une économie de 96 euros par mois en moyenne. 52 % des bénéficiaires sont aidés depuis plus d’un an.

Retour à Paris : le hors-sol des villes est high tech…

Et, pendant ce temps, on dépense des sommes folles à Paris – ville « gérée » par une coalition regroupant notamment socialistes et écologistes – pour faire pousser quelques salades, quelques tomates et quelques herbettes sur les toits.

Au Télématin du 30 juin 2020, Madame Olivia Schaller a fait une présentation enthousiaste, dithyrambique et néanmoins instructive du projet de « ferme urbaine » sur le toit de Paris Expo – Porte de Versailles .

Il y a – ou aura – donc des cultures en aéroponie et en hydroponie. Ces deux techniques ont pour point commun d’utiliser des solutions nutritives. Dans le premier système, les racines sont nues et la solution est apportée sous forme d’aérosol, en brumisation. Dans le deuxième, les racines poussent dans un milieu stérile – des billes d’argile expansées destinées aux plantes ornementales disponibles aux amateurs – et les nutriments sont apportés par l’eau d’arrosage apportée dans les bacs.

C’est une serre de production de tomates en hors-sol et hydroponie que le président Emmanuel Macron avait visité le 22 avril 2020 à Cleder, en Bretagne. Il avait provoqué le courroux de la bien-pensance « écologiste », notamment de la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique ( FNAB ). Celle-ci avait ainsi dénoncé le choix du Président de « valoriser le modèle agricole le plus déconnecté du monde vivant », ainsi que « l’absence totale de vision écologique de l’Élysée ».

Eh bien, à Paris, ce « modèle aseptisé, artificialisé » est le nec plus ultra pour la bobosphère…

Il est vrai, cependant, que ce mode de culture est très efficace, particulièrement en serres (sur les toits, ce sera à l’air libre). Les solutions nutritives sont ajustées au plus près des besoins et recyclées, les cultures étant ainsi économes en eau. Les serres permettent aussi de contrôler le milieu aérien, de protéger les plantes d’un grand nombre de ravageurs, d’utiliser efficacement la faune auxiliaire (le biocontrôle) et de réduire fortement l’emploi de pesticides.

Et que contiennent les solutions nutritives ? Ce qu’on appelle par barbarisme des molécules chimiques (toutes les molécules le sont…). Des molécules pour partie identiques aux engrais de synthèse utilisés dans l’agriculture dite « conventionnelle »… Mais à Paris, c’est « organique et high tech »…

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    Dénoncé par L214, l'abattoir de Rodez perd son agrément

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 24 June - 09:59 · 1 minute

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BIEN-ÊTRE ANIMAL - Le ministère de l’Agriculture a suspendu ce mercredi 24 juin l’agrément de la chaîne ovine de l’abattoir de Rodez, dans l’Aveyron, en annonçant une “inspection complète” des installations, où des “sévices graves” aux animaux ont été dénoncés par l’association de défense des animaux L214 .

“Une vidéo publiée ce jour met en cause les conditions de mise à mort des agneaux à l’abattoir de Rodez. Elle montre des pratiques inacceptables avec des manquements graves aux règles de protection animale”, indique le ministère dans un communiqué .

“Par conséquent, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, a demandé, ce jour, au préfet de l’Aveyron la suspension immédiate de l’agrément de la chaîne ovine de cet abattoir”, selon la même source

“Une inspection complète de l’abattoir est programmée ce jour par les services de l’État. Les conclusions de cette inspection devront permettre de déterminer quelles suites doivent être données”, ajoute le ministère.

Selon L214, cet abattoir présente de “graves problèmes structurels et des pratiques d’abattage grandement déficientes”.

En 2016, les services vétérinaires avaient déjà constaté des “non-conformités majeures” pour l’étourdissement et la mise à mort des ovins dans cet abattoir. Sur la vidéo publiée mercredi par l’association, on voit notamment des agneaux égorgés à vif à une cadence rapide.

À voir également sur le HuffPost : L214 demande la fermeture d’un abattoir dans le sud-ouest de la France

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    Pourquoi j'ai réalisé "Au nom de la Terre", un film sur le suicide de mon père

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 26 May - 16:06 · 1 minute

Un agriculteur se suicide chaque jour, c’est de la non assistance à personne en danger. Mon père était agriculteur et comme de trop nombreux agriculteurs il a mis fin à ses jours.

Depuis 20 ans, depuis le 31 mars 1999, le jour où mon père nous a quitté, j’ai toujours creusé le sillon de l’ agriculture à travers mon métier de journaliste et aussi avec un documentaire, “Les fils de la terre”. Ce documentaire dénonçait déjà la détresse des agriculteurs face au système. Aux dettes vous ajoutez qu’un agriculteur travaille entre le ciel et la terre et est donc vulnérable à la météo , vous ajoutez aussi un héritage familial très lourd avec un père qui met une pression d’enfer et qui peut juger son fils.

Aujourd’hui, j’ai réussi à en faire un film, c’est l’héritage que mon père m’a laissé après avoir ingéré des pesticides . J’ai tout fait pour qu’on le sauve mais malgré ça, à mes 16 ans, je ne souhaitais pas qu’il se relève parce que je ne voulais pas continuer avec un homme qui ne lui ressemblait pas. C’était un homme fort, qui avait des idées et qui aimait son métier. Le système dans lequel on l’a précipité comme de trop nombreux agriculteurs l’a broyé.

Ce sont nos paysans qui nous nourrissent et remplissent les assiettes devant nous. J’espère que les spectateurs qui sont des consommateurs se poseront des questions sur la manière dont on consomme aujourd’hui pour sauver nos paysans et notre planète qui brûle. On a juste besoin de retrouver les agriculteurs qui sont au bout du chemin au lieu d’aller chercher des produits qui sont fabriqués au bout du monde et où on ne sait pas comment ils sont fabriqués.

À voir également sur Le HuffPost: Dans le Cher, ces vignerons à l’épreuve de la crise sanitaire et économique

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    Les robots Boston Dynamics deviennent des chiens de berger

    news.movim.eu / JournalDuGeek · Monday, 25 May - 09:05 · 1 minute

Crédits : Rocos

Les nouvelles technologies bouleversent tous les secteurs, et ce constat s’applique aussi à l’agriculture. La firme Rocos se spécialise dans le développement de logiciels pour contrôler les robots Spot à distance. Développées par Boston Dynamics , ces machines à quatre pattes sont capables de tirer de lourdes charges comme des camions, d’éviter des obstacles et de gravir des marches et des terrains accidentés. Depuis septembre dernier, ils sont disponibles pour un usage commercial. Spot, le chien robotique, pèse 32 kg et mesure un mètre de haut ce qui permet aux humains de les déplacer sans aucun souci. Rocos entend bien utiliser ses capacités pour faciliter le travail des agriculteurs en Nouvelle-Zélande. Dans une vidéo, la marque dévoile l’étendue des capacités du robot chien Spot notamment dans l’élevage de moutons. “L’ère des robots autonomes est à nos portes. Nos clients augmentent leurs effectifs humains pour automatiser les processus physiques qui sont souvent ennuyeux, sales ou dangereux” explique la firme dans un communiqué rapporté à Gizmodo. Cette application de la robotique au secteur, permettra notamment aux agriculteurs d’ avoir des données plus précises sur leur rendement et de sécuriser leur activité dans les zones difficilement accessibles aux humains .

Ce n’est pas la première fois que le robot Spot est utilisé pour faciliter la vie des humains. En mai à Singapour , les robots de Boston Dynamics étaient déployés dans les parcs pour faire respecter les mesures de distanciation sociale . Ils diffusaient un message pour rappeler aux gens qu’ils devaient s’écarter les uns des autres pour éviter la propagation du virus. Dans un communiqué, l’agence gouvernementale GovTech, expliquait que “ces caméras ne pouvaient pas suivre ou reconnaître des individus spécifiques. Aucune donnée personnelle n’est collectée.”

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    Les producteurs de pomme de terre appellent à l'aide face à l'effondrement de la demande

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 17 May - 15:06 · 3 minutes

ALIMENTATION - Les Français mangent moins de frites, les producteurs de pommes de terre croulent sous leurs stocks. “À cette époque-ci, normalement, je n’ai plus rien”, souffle Christophe Delebarre, producteur de pommes de terre dans le Pas-de-Calais, devant les 150 tonnes d’invendus dans son hangar.

Depuis la fermeture des restaurants pour lutter contre le coronavirus , la consommation de frites a chuté en France et les agriculteurs peinent à écouler leurs stocks, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessus.

“Pour écouler notre production, on nous conseille de les donner à manger aux animaux, mais je ne plante pas des pommes de terre pour les bêtes!”, s’agace Emmanuel Leclercq, qui possède une ferme à Comines (Nord), à la frontière belge.

150 tonnes à écouler

Depuis le 1er mai, il a mis en place un drive et vend ses kilos de patates à 21 ou 40 centimes. Fournisseur d’entreprises belges, il résume la situation: “Nos contrats avec les industriels ont été honorés. Sauf que chaque année, nous avons un surplus de production, d’environ 20%, qui d’habitude trouve aussi preneur auprès de l’industrie .

Mais cette année, faute de vente de frites, les industriels n’ont pas de débouchés et n’achèteront donc pas ce surplus. “On se retrouve alors avec des tonnes de pommes de terre sur les bras et personne n’a de solution”.

Depuis l’ouverture de son drive, Emmanuel Leclercq a écoulé “une petite dizaine de tonnes”, mais il lui en reste encore 150. “On ne pourra jamais écouler des gros tonnages aux particuliers, mais c’est mieux que rien”, relativise-t-il.

“La commercialisation par les producteurs directement aux particuliers pourrait permettre d’écouler même pas 5% des stocks, le fond du problème reste”, déplore Bertrand Achte, secrétaire général de l’Union nationale des producteurs de pommes de terre et président du Groupement des producteurs livrant McCain (Gappi).

“200 millions d’euros de pertes”

Dans les usines McCain, leader européen de la frite surgelée, les lignes destinées à la frite sont quasiment toutes à l’arrêt - “une ligne continue de tourner à Harnes (Pas-de-Calais) pour alimenter les grandes surfaces”, explique Christian Vanderheyden, directeur des approvisionnements.

L’entreprise travaille avec 990 producteurs en France, dont plus de 700 dans les Hauts-de-France, première région productrice. Chaque année, elle leur achète 950.000 tonnes de pommes de terre, contre 100.000 de moins cette année, selon Bertrand Achte.

“Dès que la restauration hors foyer , qui représente pour nous 70% de nos activités, s’est arrêtée, les ventes se sont effondrées”, relate Christian Vanderheyden, également président du Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre (GIPT). Certes, “les ventes en supermarché ont augmenté, mais ça n’a pas compensé le reste”.

Les frites se mangent essentiellement hors foyer, beaucoup de familles aujourd’hui n’ont même plus de friteuses!”, ajoute Bertrand Achte, qui estime à 200 millions d’euros les pertes pour la filière.

“Revendues pour zéro euro”

Selon Christian Vanderheyden, 450.000 tonnes de pommes de terre qui auraient dû être transformées ne le seront pas cette année. Parmi lesquelles, 200.000 étaient destinées aux industries françaises, dont McCain pour plus de la moitié.
Alors, même l’industrie doit trouver des solutions pour écouler la marchandise achetée aux agriculteurs .

“On a déjà revendu 60.000 tonnes pour l’alimentation du bétail, mais c’est à perte: les contrats avec les agriculteurs sont sur une base de 150 euros la tonne et là, on revend à zéro euro... en plus on doit prendre en charge le transport”.

Pour Bertrand Achte, “si on ne veut pas voir pourrir les pommes de terre”, l’État doit mettre 35 millions d’euros sur la table pour payer notamment le transport des invendus vers la filière animale et la méthanisation.

D’autant que les producteurs enregistrent aussi des coûts inhabituels de stockage. “On consomme notamment plus d’électricité pour que les pommes de terre restent marchandes”, dit Christophe Delebarre producteur à Richebourg (Pas-de-Calais) qui estime ses pertes pour l’année entre “25.000 et 30.000 euros”.

Pour s’adapter au marché, l’agriculteur a déjà remplacé 10% de ses plantations de pommes de terre par du maïs pour la saison prochaine.

À voir également sur Le HuffPost : Dans le Cher, ces vignerons à l’épreuve de la crise sanitaire et économique

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    Dans le Cher, ces vignerons à l'épreuve de la crise sanitaire et économique

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Tuesday, 12 May - 15:40 · 2 minutes

AGRICULTURE - Entre les aléas habituels de la nature, les taxes Trump sur le vin et le Brexit, ils en avaient vu d’autres. Mais pour les vignerons, la crise sanitaire et économique du coronavirus est une épreuve inédite, qui pourrait mettre en péril certaines exploitations.

“Nos vignobles sont en grande difficulté”, s’inquiétait le député LREM du Cher, François Cormier-Bouligeon, dans un tweet publié mardi 12 mai , rappelant que les vignerons de Sancerre et Menetou-Salon, dans sa circonscription, “vendent à 91% aux cafés, restaurants particuliers et à l’export, des secteurs à l’arrêt (depuis) deux mois”.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article , des vignerons du Cher rencontrés par le HuffPost expliquent pourquoi cette période est particulièrement difficile pour leur domaine.

“Globalement, on est autour de 20 à 30% de notre chiffre d’affaires (habituel), sur trois mois qui sont des mois importants”, regrette Pierre Clément, du Domaine de Chatenoy, près de Menetou-Salon. “Pour l’ensemble du monde viticole, ça va faire, je pense, très très mal.”

Les vignerons qui n'étaient pas très bien, à mon avis, vont déjà mourir. Pierre Clément, vigneron

Outre la chute des ventes et la baisse du pouvoir d’achat liée à la crise économique, le stockage des vins non vendus pourrait aussi représenter un casse-tête au cours des prochains mois, d’autant plus que les vendanges s’annoncent particulièrement tôt, à savoir début septembre.

“La question, aujourd’hui, c’est comment fait-on pour rentrer la vendange?”, s’interroge à notre micro Christine Laloue, vigneronne du Domaine Serge Laloue à Thauvenay et présidente de l’Union viticole Sancerroise.

“Il va falloir pousser les murs (des caves)”, affirme la professionnelle du vin, dont l’export représente la moitié des ventes.

Un plan d’aide à la distillation

Lundi 11 mai, le ministère de l’Agriculture Didier Guillaume a annoncé un plan d’aide comprenant des exonérations à 100% des cotisations sociales et charges sociales patronales ainsi que l’ouverture d’une distillation de crise de 2 millions d’hectolitres de vins excédentaires à un prix moyen de 70 eur/hl, soit 140 millions d’euros.

Des mesures en deçà des 500 millions d’euros réclamés dans un communiqué de la filière viticole le 5 mai, sans compter que la distillation ne convainc pas tous les exploitants, plusieurs préférant conserver leurs vins pour les années à venir. “La distillation, ce n’est pas pour nous”, a réagit par exemple Louis-Fabrice Latour, président du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB), à l’AFP.

Pour ce dernier, même si les mesures annoncées lundi sont “un premier pas même s’il est insuffisant”, “en Bourgogne, on n’a pas de surproduction. On n’a que deux ans de stock. Donc on ne distille pas”.

Dans certains département comme le Cher, la survie des vignerons est d’autant plus importante qu’elle ne concerne pas qu’eux-mêmes, selon Christine Laloue. “On est le poumon économique de notre territoire. (Si on disparaît), on ne pourra pas faire rouler l’économie locale comme on le faisait”, conclut la vigneronne.

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    Are western Europe's food supplies worth more than east European workers' health? | Costi Rogozanu and Daniela Gabor

    news.movim.eu / TheGuardian · Thursday, 16 April - 11:48

The coronavirus threat facing fruit and vegetable pickers flown in from quarantined Romania underlines Europe’s inequalities

White asparagus is late April’s delicacy across much of north-west Europe. In Germany the pale spears of the Spargel are cherished as “white gold”, their arrival each year marked by festivals and celebrations. But Germany alone needs 300,000 seasonal workers to harvest its crops. Over the past 10 years most of these workers have come from Romanian villages where seasonal migration is the one of the few sources of income.

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