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    Le monde d’après et les fatigants « yakas » des gentils people

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Friday, 8 May - 03:40 · 9 minutes

Par Nathalie MP Meyer.

Spectaculaire déferlante de tribunes people mignonnettes et engagées, dans nos médias hier matin ! Juliette Binoche dans Le Monde , Nicolas Hulot également dans Le Monde , Vincent Lindon dans Mediapart – tous à leur façon nous adjurent et adjurent les pouvoirs publics de faire advenir un « monde d’après qui sera radicalement différent de celui d’aujourd’hui ».

Problème : comment accepter leurs sempiternelles conclusions sur l’hyper-urgence climatique, la relocalisation et la taxation des riches quand leur analyse du monde d’avant est si totalement déconnectée de la réalité ?

Juliette Binoche, people qui compare le Covid et le climat

Comme souvent lorsque Juliette Binoche intervient politiquement dans les médias, il s’agit de prendre fait et cause pour la planète avec le soutien de notre champion hexagonal du catastrophisme écologique, le physicien Aurélien Barrau .

On n’est donc guère étonné de lire, une fois de plus, dans le mini texte publié hier par l’actrice – et signé par largement plus de people qu’il ne compte de mots et d’arguments – que le plus grave danger nous menace.

Nouveauté du moment dictée par les circonstances, les auteurs considèrent que la pandémie de Covid-19 n’est rien comparée à ce qui nous pend au nez si les gouvernements n’apportent pas enfin une réponse sérieuse à l’apocalypse écologique et climatique qui se profile inéluctablement. Sachons tirer la leçon de la grave crise sanitaire du moment pour bien comprendre que plus grave encore, plus destructeur encore, nous attend :

« La catastrophe écologique en cours relève d’une « méta-crise » : l’extinction massive de la vie sur Terre ne fait plus de doute et tous les indicateurs annoncent une menace existentielle directe. À la différence d’une pandémie, aussi grave soit-elle, il s’agit d’un effondrement global dont les conséquences seront sans commune mesure. »

Plus de 25 000 morts en France en quelques semaines d’un côté, pas un seul de l’autre, sauf dans des projections toujours repoussées à plus tard depuis les premières alarmes émises par le Club de Rome en 1972 : ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de le souligner, l’opération « récup » du Covid-19 par les acharnés du climat est lancée.

Mais poursuivons. La tribune Binoche est certes plutôt indigente (dans sa rédaction, dans son développement, dans son argumentation ; lisez, vous serez effarés), mais elle propose cependant un plan d’action : puisque c’est le « consumérisme » , caractéristique très capitaliste et très libre-échangiste du monde d’avant, qui nous a placés devant les affres de l’urgence écologique et climatique, stoppons le consumérisme qui est de toute façon un exploiteur à la limite  de l’assassin :

« Le consumérisme nous a conduits à nier la vie en elle-même : celle des végétaux, celle des animaux et celle d’un grand nombre d’humains. »

Voilà une réflexion curieuse, alors que nous sommes en plein confinement et que nos économies, nos activités au sens large, sont à l’arrêt. Si consumérisme sans foi ni loi il y avait dans le monde d’avant, force est de constater que le consumérisme en question a été gelé du jour au lendemain sans états d’âme pour sauver des vies face au risque de croiser un coronavirus dans l’espace public ou sur son lieu de travail. Et cela au prix de pertes immenses pour beaucoup d’entreprises et de citoyens.

Pour Juliette Binoche et ses cosignataires, il est donc « inenvisageable de revenir à la normale » , mais la normale qu’ils décrivent n’est pas la normale de la réalité et les solutions – anticapitalistes – qu’ils préconisent sont celles qui ont répandu pauvreté et anéantissement des libertés individuelles de l’URSS du XXe siècle au Venezuela d’aujourd’hui.

Nicolas Hulot, veut votre bien de gré ou de force

Nicolas Hulot et Vincent Lindon s’inscrivent exactement dans le même schéma dans leurs tribunes respectives, le premier ayant un tropisme écologique marqué tandis que le second s’en tient à l’aspect social des choses.

L’ancien ministre de l’Écologie estime que si l’on veut éviter les crises de l’avenir, il faut à tout le moins remettre à plat notre modèle actuel, et emprunter, à l’inverse, le chemin de la relocalisation , des changements de consommation, de la redistribution , de la taxation des hauts revenus et du retour de l’État-providence et stratège avec contrepartie d’investissement dans la transition énergétique.

Petit verbatim :

C’est le moment de débattre, par exemple, du revenu universel, de la taxe sur les transactions financières, de la relocalisation d’un certain nombre d’activités […] Cette crise (du Covid-19) a mis en évidence notre dépendance aux productions faites au bout du monde, notamment en Asie.

La priorité des priorités, c’est d’aller chercher l’argent là où il est, de taxer de manière plus importante les revenus qui ne sont pas issus du travail, de mettre fin à ce capitalisme sauvage.

Consumérisme destructeur pour les uns, capitalisme sauvage pour les autres, ce serait notre monde d’avant.

Mais où Nicolas Hulot a-t-il été chercher que la France, avec ses dépenses publiques, ses prélèvements obligatoires et ses déficits budgétaires plus élevés que partout ailleurs dans le monde développé n’était pas déjà et depuis longtemps un État-providence hautement redistributif ? Et fort peu efficace, comme en témoignent hélas son chômage de masse et son instabilité sociale permanente :

Où a-t-il vu que la transition énergétique n’était pas résolument engagée par l’État alors que nous sommes en train de sacrifier notre filière nucléaire conformément aux vœux (absurde au regard des émissions de CO2) des écologistes ?

Et comment peut-il déduire de la crise sanitaire du Covid-19 que le problème des masques rencontré en France est typique de la dépendance dans laquelle nous placent la mondialisation et le libre-échange ?

En ce domaine, on s’est surtout aperçu que l’État français, responsable du monopole de la Sécurité sociale et de la santé publique, n’avait pas jugé utile depuis pas mal d’années de disposer de stocks de masques en cas de pandémie. D’où réquisitions et interdictions au secteur privé d’en commander, ce qui n’a d’ailleurs rien résolu. C’est seulement depuis que la grande distribution est à nouveau autorisée à commercer sur ce marché, c’est-à-dire depuis le 24 avril, que les Français ont enfin accès à des masques de protection en grande quantité…

Beaucoup d’approximations, donc, et beaucoup de points passés sous silence tant ils desservent la marche glorieuse de notre pays vers un monde d’après plus climato-collectiviste et plus autoritaire que jamais . D’où, j’imagine, le petit coup de pression que Nicolas Hulot s’est senti en droit d’envoyer en fin d’entretien :

Le monde d’après sera radicalement différent de celui d’aujourd’hui, et il le sera de gré ou de force.

De la part d’un homme qui continue d’être la personnalité politique préférée des Français avec 50 % de bonnes opinions en avril 2020, c’est charmant.

Vincent Lindon, people cégétiste ?

Pour sa part, Vincent Lindon s’appuie sur la mauvaise gestion macroniste de l’épidémie – ce en quoi on peut difficilement lui donner tort – pour s’interroger :

Comment ce pays si riche, la France, sixième économie du monde, a-t-il pu désosser ses hôpitaux jusqu’à devoir, pour éviter l’engorgement des services de réanimation, se résigner à se voir acculé à cette seule solution, utile certes, mais moyenâgeuse, le confinement ?

Sa réponse est toute trouvée : la santé a été livrée par Emmanuel Macron, et Nicolas Sarkozy avant lui, aux fausses valeurs de la rentabilité et du profit qui prévalent dans le système marchand, jusqu’à faire de la vie des Hommes une marchandise. Et pas seulement la santé. En réalité, tout notre service public, c’est-à-dire tout ce qui fait la France, en est là. Un discours qui rejoint à merveille ceux que la CGT, le NPA ou Jean-Luc Mélenchon nous servent depuis bien longtemps.

M. Lindon n’a pas dû avoir connaissance des petits graphiques ci-dessus. Et manifestement, aucun des experts qu’il a consultés pour rédiger sa tribune n’a jugé utile de lui dire que la France est (avec l’Allemagne) le pays d’Europe qui dépense le plus pour la santé, soit 11,3 % du PIB.

Aucun ne lui a signalé non plus qu’en France, 35 % des emplois hospitaliers ne sont ni médicaux ni paramédicaux , tandis que ce pourcentage tombe à 24 % en Allemagne, pays qui s’en est nettement mieux sorti que nous face au Coronavirus.

Encore un aveuglement, encore un pan de notre réalité qu’il ne fait pas bon exhumer. Imaginez la déprime nationale si un observateur un peu trop naïf en déduisait que le problème de la France n’est pas une question de « moyens » qui feraient défaut au secteur public mais une utilisation spectaculairement suboptimale des abondantes sommes prélevées aux contribuables couplée à un affaiblissement concomitant du secteur privé qui ne dispose plus alors des capitaux suffisants pour créer de la richesse donc de l’emploi, donc du pouvoir d’achat, donc de l’autonomie !

Bref, ignorance réelle ou amnésie volontaire, Vincent Lindon ne risquait pas de se livrer à des déductions aussi scandaleuses. Au contraire, sa solution massue pour un monde meilleur passe principalement par la création d’une taxe sur le patrimoine des Français les plus riches. Là où l’ISF rapportait environ cinq milliards d’euros par an, il envisage un prélèvement exceptionnel (dont il préférerait qu’il devienne pérenne) de 37 milliards d’euros qui serait redistribué à raison de 2000 euros par foyer non assujetti à l’impôt sur le revenu.

Ce qui est merveilleux avec nos gentils people – mais la remarque vaut aussi pour nos gentils politiciens, nos gentils syndicalistes, nos gentils intellectuels, nos gentils journalistes et la plupart de nos gentils concitoyens – c’est que pas un instant ils ne songent à se demander « d’où vient l’argent » avec lequel ils jonglent par milliards avec tant de généreux plaisir.

Comment feront-ils lorsqu’il auront finalement épuisé l’argent des autres, comme disait Margaret Thatcher ? Chut, on ne parle pas de ces choses-là. Ça promet.

Sur le web

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    Pourquoi les solutions contre le Covid-19 et le réchauffement climatique sont liées

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Saturday, 18 April - 03:00 · 9 minutes

La lutte contre une épidémie et contre le dérèglement climatique ne sont pas deux causes antinomiques, avance Aaron Bernstein, pédiatre à l’hôpital pour enfants de Boston et directeur du Centre pour le climat, la santé et l’environnement à la T.H. Chan School of Public Health de Harvard.

ENVIRONNEMENT - La propagation mondiale du coronavirus est étroitement liée à la crise climatique. Ce problème est exacerbé (et très probablement causé) par la dégradation de l’environnement dont nous sommes responsables. La façon dont nous y faisons face pourrait influer sur la santé de la planète, et de tous ses habitants, pendant des générations.

Le ralentissement économique a temporairement fait diminuer la pollution de l’air et favorisé le retour de la faune sauvage dans certaines villes gravement touchées par le virus . Toutefois, il semble que la pandémie détourne l’attention de la lutte contre le dérèglement climatique , ou l’entrave. Aux Etats-Unis, l’administration Trump a saisi ce prétexte pour revoir à la hausse les normes d’émission des véhicules. Des sommets internationaux pour le climat ont été annulés. Les consommateurs recommencent à utiliser des sacs plastiques à usage unique par peur d’être contaminés, remettant en cause des années de progrès.

Pourtant, la lutte contre une épidémie et contre le dérèglement climatique ne sont pas deux causes antinomiques, avance Aaron Bernstein, pédiatre à l’hôpital pour enfants de Boston et directeur du Centre pour le climat, la santé et l’environnement à la T.H. Chan School of Public Health de Harvard.

Le HuffPost a demandé au Dr Berstein, qui est spécialiste des impacts du dérèglement climatique sur la santé, de quelle façon les actions destinées à ralentir ce dérèglement pourraient nous aider à être en meilleur santé, afin de résister à la prochaine pandémie, voire de l’empêcher d’émerger.

Beyrouth, la capitale du Liban, offre une ligne d’horizon dégagée le 21 mars 2020, tandis que la majorité des habitants sont confinés chez eux afin de contrôler la propagation du nouveau coronavirus. L’air de Beyrouth est notoirement très pollué.

HuffPost : Quel est le rapport entre la pandémie de coronavirus et le dérèglement climatique?

Aaron Bernstein : Les liens entre l e Covid-19 et le dérèglement climatique sont réels. Par exemple, on est en train de démontrer que la pollution de l’air augmente le risque de mourir du Covid. C’est ce que l’on constate aux États-Unis, et je trouve ça effarant. Une augmentation d’un microgramme du volume de particules par mètre cube d’air augmente le risque de décès de 15%. C’est un très petit changement dans la qualité de l’air, mais il entraîne une augmentation conséquente de la mortalité.

Nous savons que la pollution atmosphérique aux États-Unis est due à l’utilisation d’énergies fossiles, la consommation d’essence pour les voitures, et de charbon dans les centrales électriques, en grande majorité. Cette pollution tue les malades du Covid.

Les actions favorables au climat permettent donc de lutter contre la pandémie.

Autre lien: la déforestation. Quelque 20% des émissions de CO 2 semblent liées à la déforestation, qui est aussi un facteur majeur dans l’émergence de maladies infectieuses. Nous ne comprenons pas vraiment comment le Covid est apparu, mais nous avons toutes les raisons de croire qu’il a été transmis à l’homme par les chauves-souris.

Dans le cas d’une autre épidémie récente et très inquiétante qui occupait tous les esprits il n’y a pas si longtemps – Ebola ‒, la destruction des forêts en Afrique de l’Ouest semble avoir contribué à la migration vers le nord des chauves-souris. Cette déforestation pourrait avoir occasionné des interactions homme-animal qui ne se seraient jamais produites autrement.

De nombreuses preuves indiquent que la déforestation favorise l’émergence de maladies, comme le paludisme en Amazonie. C’est aussi un moteur majeur du dérèglement climatique. Stopper la déforestation serait bon à la fois pour le climat et pour la prévention des maladies infectieuses.

Le Dr Aaron Bernstein

Émettre moins de CO2

Les gens voient le coronavirus comme une menace existentielle. Le nombre de décès ne cesse d’augmenter, nous sentons le danger se rapprocher, et nous agissons en conséquence. Or le dérèglement climatique est aussi en train de nous tuer. Refusons-nous de le voir ou tardons-nous seulement à passer à l’action?

Je crois qu’à l’heure actuelle le nerf de la guerre en matière de lutte contre le dérèglement climatique , c’est de faire comprendre aux gens que nos actions en faveur du climat ont aussi un effet bénéfique sur notre santé, y compris sur les problèmes les plus graves auxquels nous sommes confrontés.

Les autorités sanitaires se sont montrées peu efficaces en matière de prévention de l’obésité . Il faut inciter les gens à manger moins de viande rouge, moins de viande transformée et plus d’aliments végétaux non transformés. C’est bon pour le climat, et c’est efficace contre l’obésité.

Il faut aussi les encourager à sortir de leur voiture, dans laquelle ils restent seuls pendant des heures, coincés dans les bouchons, ce qui est très mauvais pour la santé. Il faut privilégier le covoiturage, de préférence les transports en commun et, dans la mesure du possible, le vélo et la marche à pied (sur les itinéraires adaptés). Ce sont des mesures essentielles pour s’attaquer au problème de l’obésité. Bien sûr, plus nous utilisons les transports en commun et les déplacements non motorisés, moins nous émettons de CO2.

Voilà donc, entre autres, les principaux arguments pour s’assurer que chacun contribue à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Plus nous nous concentrerons sur les avantages à court terme pour la santé des actions en faveur du climat, les choses concrètes auxquels les gens peuvent se raccrocher, plus nous sensibiliserons le public aux mesures nécessaires à la lutte contre le dérèglement climatique.

Nos tentatives pour stopper la propagation du coronavirus bénéficient incidemment au climat. Nous consommons moins, produisons moins, prenons moins l’avion et la voiture, et l’air des villes est moins pollué. Comment mettre en pratique ce que nous avons appris en essayant d’aplatir la courbe du coronavirus pour faire de même avec celle du dérèglement climatique ?

Ce que nous observons à l’heure actuelle, c’est que la pollution atmosphérique, par exemple, est liée aux activités humaines. Si nous cessons de polluer autant, nous vivons des vies plus saines. Il est tout à fait possible que l’amélioration de la qualité de l’air qui a résulté du ralentissement de l’économie en Chine sauve au moins autant, si ce n’est davantage, de vies que le coronavirus n’en a emporté. C’est dire à quel point l’impact de la pollution est fort.

"Il existe des opportunités d’accélérer la transition nécessaire, en dépit du désastre auquel nous faisons face."

Un autre point que j’estime crucial, c’est que lors de grands bouleversements comme celui que nous connaissons actuellement, les économies se reconstruisent. Et nous avons l’occasion de mettre en place des solutions qui n’étaient pas envisageables jusqu’ici. Toutes sortes d’entreprises sont fermées. Cela pourrait être l’occasion d’améliorer leur performance énergétique, de les faire passer des énergies fossiles aux énergies renouvelables, et que sais-je encore? Je pense qu’il existe des opportunités d’accélérer la transition nécessaire, en dépit du désastre auquel nous faisons face.

Des progrès à faire en matière d’obésité

Il y a trois ans, le Dr Anthony Fauci (spécialiste américain des maladies infectieuses et conseiller actuel de la Maison Blanche sur le coronavirus, Ndt) avait prédit que nous serions touchés par une telle épidémie. Si seulement nous l’avions écouté à l’époque! Si nous avions commencé à réduire massivement nos émissions de CO 2 , serions-nous en meilleure posture face à la crise actuelle ?

La pollution de l’air aggrave clairement la maladie. Aux États-Unis, cette pollution empire depuis deux ans, ce qui ne s’était pas produit depuis des décennies. Donc, si nous avions pris des mesures ces trois dernières années pour lutter contre la pollution de l’air, des vies auraient été sauvées.

L’autre facteur à prendre en compte – et je pense qu’on en revient à ce que j’ai dit tout à l’heure à propos des solutions communes au dérèglement climatique et à la pandémie – c’est l’épidémie d’obésité dans ce pays. Le Covid-19 est beaucoup plus grave chez les personnes qui ont déjà des problèmes de santé. Ces problèmes sont en grande majorité évitables. Trois ans, c’est court. Mais il va sans dire que nous aurions pu faire plus de progrès en matière d’obésité et d’activité physique, notamment en favorisant le vélo et la marche. Avec de telles mesures, nous aurions pu être en meilleure santé.

Des piétons sur la Corona Plaza, dans le Queens, à New York, le 2 avril 2020. Les données rapportées par les autorités sanitaires de la ville montrent que les résidents des quartiers de Jackson Heights, Elmhurst et Corona – en majorité issus de la classe ouvrière et souvent immigrés – sont plus nombreux à être testés positifs au coronavirus que ceux des quartiers riches, en majorité blancs, de Manhattan et Brooklyn.

Outre toutes ces inquiétudes au sujet de l’obésité et de la pollution, communes au dérèglement climatique et au Covid-19, la pauvreté augmente considérablement les risques. Nous avons déjà constaté que les communautés et les États pauvres étaient ravagés, contrairement autres.

Nous aurions pu mettre en œuvre des politiques qui, par exemple, permettraient aux pauvres de bénéficier d’une bonne couverture médicale. Ou aux immigrants clandestins, qui se tuent à la tâche dans des emplois dont personne ne veut et qui paient leurs impôts, d’obtenir la nationalité américaine. En cette période d’épidémie, qui veut livrer des courses ou exercer une activité à risque pour un salaire de misère? Ne vaudrait-il pas mieux pour tout le monde que ces gens soient intégrés dans la société?

Que pouvons-nous faire dès maintenant pour nous préparer à la prochaine pandémie? Car je suppose qu’il y en aura d’autres.

D’après les dernières estimations, les gouvernements ont déjà déboursé 7 billions de dollars pour résoudre cette crise. Une fraction de cette somme – un peu plus de 100 milliards de dollars par an – suffirait à accomplir ce que de nombreux biologistes estiment adéquat pour créer ou préserver des zones sécurisées pour la faune sauvage.

"Nous devons nous concentrer sur ce que nous pouvons faire pour éviter ces épidémies. Il faut lutter contre le dérèglement climatique, et contre la destruction de la vie sur terre."

Nous devons donc vraiment nous concentrer sur ce que nous pouvons faire pour éviter ces épidémies. Cela signifie en grande partie qu’il nous faut lutter contre le dérèglement climatique, et contre les causes profondes de la réduction de la biodiversité, la destruction de la vie sur terre.

Soyons clairs, ces actions ne coûtent rien en elles-mêmes. Militer en faveur du climat et de l’environnement n’a pas des conséquences négatives sur l’humanité. C’est même tout le contraire.

Cet entretien a été réécrit pour des raisons de longueur et de clarté. Cet article, publié sur le HuffPost américain , a été traduit par Iris Le Guinio pour Fast ForWord .

À voir également sur Le HuffPost: Coronavirus : les scénarios extrêmes d’une anthropologue pour l’après crise

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    Il faut conditionner le sauvetage des industries polluantes

    news.movim.eu / LeVentSeLeve · Friday, 17 April - 20:13 · 6 minutes

En frappant tous les pays et toutes les générations, la crise sanitaire du coronavirus a rapidement imposé la nécessité du confinement, arrêtant net l’économie mondiale. L’impact est brutal : la Banque Asiatique de Développement estime le coût mondial de l’épidémie à 4100 Mds$ [1] . Rien qu’en France, un mois de confinement équivaut à -3 % de PIB par an [2] . 6,6 M d’Américains ont déjà déposé une demande d’allocation chômage la dernière semaine de mars et 900 000 espagnols ont perdu leur emploi depuis le début du confinement. Tribune de Michael Vincent et Nancy Yuk.


Devant ces montants vertigineux et forts de l’expérience de 2008, les États et banques centrales ont réagi massivement. Le temps venu, cette crise appellera impliquera de larges bailout , c’est-à-dire des renflouements d’entreprises avec l’argent public.

Conditionner le sauvetage des industries polluantes

Ces sauvetages sont une opportunité pour responsabiliser les entreprises et fixer la priorité de la transition écologique. Des voix telle que celle du Président du gouvernement tchèque Andrej Babiss, s’élèvent déjà pour écarter l’agenda écologique au motif qu’il ne serait pas compatible avec l’urgence sanitaire et économique. Pourtant, dès 2008, les Américains exploraient déjà cette voie avec les plans de sauvetage de General Motors et Chrysler [3] , mais sans aller au bout de la logique car ne fixant pas d’objectif contraignant de transition énergétique.

Cette fois-ci, les aides devront être conditionnées au strict respect des accords de Paris.

Prévenir plutôt que guérir ou le bon sens économique ?

Une trajectoire climat soutenable ne s’oppose pas à une sortie de crise économique : occulter aujourd’hui la transition écologique, c’est la garantie de payer le prix fort demain avec de futures crises écologiques, sanitaires et sociales mettant à nouveau l’économie mondiale à l’arrêt. C’est mal évaluer le coût de l’inaction, notamment lorsqu’il faudra désinvestir dans les industries polluantes, largement subventionnés aujourd’hui comme le souligne l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans le cas du gaz et le pétrole, alors que les températures augmentent inexorablement.

Investir dans la transition écologique, c’est saisir cette « opportunité historique » pour véritablement penser la politique de relance, gagner du temps afin de trouver un système alternatif viable, tout en créant des emplois supplémentaires.

C’est aussi corriger nos erreurs d’il y a 10 ans : la crise des subprimes a été gérée à grands coups d’injections d’argent public, qui a artificiellement alimenté des entreprises non efficientes dites « zombies » [4] , estimées entre 6 à 13 % en 2018 [5] (contre 1 % en 1999). Nous n’aurons plus les moyens de les maintenir sous-perfusion. D’autre part, la cure d’austérité qui a suivi nous a fragilisés, avec en premier lieu, nos systèmes de santé. Doit-on à nouveau nous lancer dans une cure austéritaire sans discernement et faire le lit de la prochaine crise ?

Un mécanisme ordonné

Pourquoi sauver aujourd’hui sans condition une entreprise incompatible avec la transition énergétique et qu’il faudra transformer dans 2, 5 ou 10 ans ?

Des secteurs tels que le transport aérien (manque à gagner estimé à 30 Mds pour 2020) et l’automobile (-72 % en France en mars 2020) devront sans doute faire appel au bailout . Or, l’une des leçons de 2008, c’est l’acceptabilité populaire de telles mesures. Les « chèques en blanc » fournis aux banques avaient déjà suscité des critiques car ils revenaient à les autoriser à garder les profits mais à socialiser leurs pertes.

À l’image du déconfinement, la transition devra être ordonnée et se faire dans le bon timing, tout en gérant les potentielles faillites tout au long de la chaîne de valeur, de la production jusqu’au consommateur final, en passant du grand groupe jusqu’aux sous-traitants/PME, et en veillant à faire le tri des activités stratégiques à conserver.

Si nous sauvons des entreprises, elles doivent à leur tour sauver la planète

En pratique, les entreprises non compatibles avec la transition écologique et sur le point de faire faillite pourraient être supervisées par un organisme indépendant qui s’assurera de la faisabilité du plan de transformation, à court ou moyen terme, tout en veillant à sauvegarder les emplois et l’économie locale. Un audit régulier devra être effectué pour prouver le respect des engagements pris, avec responsabilité devant les parlements. Cette résolution pourrait se compléter d’une nationalisation partielle temporaire, sous réserve du respect des contreparties : les entreprises devront s’engager à revoir leurs business models ainsi que leurs chaines d’approvisionnement pour s’assurer de répondre à l’objectif de transition écologique et être viable une fois l’aide publique achevée. Pour l’exemple, une banque sauvée devra orienter ses choix d’investissement vers des énergies moins polluantes [6] , alors que le cadre financier actuel prend encore trop timidement en compte cela [7] malgré l’émergence timide d’une taxonomie verte.

Dans les cas où une entreprise ne peut être réformée dans une direction compatible avec les objectifs climatiques, ultimement l’argent du sauvetage devra prioritairement aller aux employés, sous-traitants à la recherche d’alternatives soutenables et à l’économie locale. Plus généralement, les États doivent se coordonner pour encastrer cette transition dans le cadre d’une véritable politique industrielle globale, pour aller au-delà du simple laissez-faire court-termiste et du chantage aux emplois, afin de sortir enfin du statu quo et agir avec pragmatisme et rationalité. Au-delà de renflouements purs et simples, et à l’image de ce qui a été fait pour les banques dans le cadre du mécanisme de résolution bancaire, les États pourraient également compléter les dispositifs par la création d’un fonds de soutien financé par les entreprises polluantes, dans lequel elles pourraient piocher lors de restructuration et résolution.

Depuis trop longtemps nos économies modernes vont de sauvetage en sauvetage. Cette crise mondiale du coronavirus met en lumière nos fragilités et en accélère les mutations. Faisons plus que simplement sauver les meubles et préparons-nous un avenir durable face aux crises à venir. Ne reproduisons pas les erreurs de 2008 et utilisons les leviers à notre disposition dès aujourd’hui, pour être à la hauteur du défi que le dérèglement climatique pose à nos sociétés sur le long terme. Ne gâchons pas cette opportunité d’enfin enclencher la transition écologique et solidaire.

[1] https://www.weforum.org/agenda/2020/02/coronavirus-economic-effects-global-economy-trade-travel (3 April 2020)

[2] Données INSEE, communication du 26 mars 2020.

[3] Le renflouement s’était notamment fait sous réserve de repenser les business models pour mieux prendre en compte les enjeux énergétiques.

[4] Voir https://jean-jaures.org/nos-productions/green-new-deal-1000-milliards-quand-pour-qui-et-comment

[5] Pour les pays de l’OCDE, Banque des Règlement Internationaux (BRI), 2018.

[6] A ce sujet, voir la note de Laurence Scialom “CRISE ÉCONOMIQUE ET ÉCOLOGIQUE :

OSONS DES DÉCISIONS DE RUPTURE” p.14-15-16

http://tnova.fr/system/contents/files/000/001/955/original/Terra-Nova_Cycle_Covid-19_Crise-ecologique-et-economique-osons-les-decisions-de-rupture__020420.pdf

[7] Voir Oxfam – Les Amis de la Terre “La colossale empreinte carbone des banques : une affaire d’État” https://www.oxfamfrance.org/wp-content/uploads/2019/11/Rapport-La-colossale-empreinte-carbone-des-banques-fran%C3%A7aises.pdf

L’article Il faut conditionner le sauvetage des industries polluantes est apparu en premier sur Le Vent Se Lève .

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    Le plus grand trou dans la couche d’ozone s’est formé en Arctique

    news.movim.eu / JournalDuGeek · Friday, 10 April - 14:30 · 2 minutes

Un lac de glace se forme au Groenland.

Le 23 mars 2020, l’observatoire de l’ozone de l’Agence aérospatiale américaine (NASA pour les intimes) a enregistré la formation du plus grand trou dans la couche d’ozone arctique jamais vu . Lorsque l’on parle d’un trou dans la couche d’ozone, on fait généralement référence à un phénomène atmosphérique récurrent au-dessus de l’Antarctique, au pôle sud de notre planète. Chaque année, vers la fin de l’hiver antarctique (de mars à octobre), la couche d’ozone (O 3 ) est grignotée par des nuages remplis de produits chimiques issus de l’activité humaine que les vents froids élèvent entre 10 et 50 kilomètres d’altitude. En temps normal, cette couche de gaz naturel protectrice filtre les dangereux rayons ultra-violets émis par la lumière du Soleil . La couche d’ozone au-dessus de l’ Arctique , au pôle nord, est rarement concernée par ce phénomène de “trou” car les vents froids sont généralement moins prononcés. L’an dernier, le trou dans la couche d’ozone arctique était par exemple le plus petit jamais enregistré – comme celui de l’Antarctique , quelques mois plus tard.

Le taille du trou observé actuellement au-dessus de l’Arctique ferait trois fois la superficie du Groenland . Les ballons de mesure météo de la NASA ont constaté qu’à 18 kilomètres d’altitude, au cœur de la couche d’ozone, la quantité d’O 3 avait diminué de 90% . En temps normal, ils relèvent le plus souvent 3,5 parties par million d’ozone tandis qu’aujourd’hui, ce chiffre approche plus des 0,3 parties par million. Selon les chercheurs, ce phénomène record coïnciderait avec la formation inattendue d’un “vortex polaire” : des vents venus de l’ouest auraient convergé au pôle nord pour former un courant d’air froid vertical. Les nuages chargés de bromine et chlorine (émis par la réfrigération et d’autres activités industrielles) sont ainsi parvenus à briser les molécules d’ozone. Pour l’instant, ce trou dans la couche d’ozone ne serait pas dangereux pour la population locale. Néanmoins, selon Nature , à mesure qu’il se réduira dans les prochains jours et qu’ils se déplacent, il pourra obliger les habitants du Groenland à sortir les lunettes de soleil et la crème solaire pour éviter les brûlures.

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    Coronavirus: Un gouvernement d'union nationale? Pourquoi pas, répond ce député

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 9 April - 10:37 · 9 minutes

Le député Matthieu Orphelin ne verrait pas d

INTERVIEW - Comment sortir de la crise du Covid-19 qui touche la France et le monde entraînant une récession historique “comparable” à celle de 1929 selon Bruno Le Maire? Faut-il tout changer ou revenir à la normale comme s’il ne s’était rien passé? Quelles sont les solutions possibles et imaginées?

Après quatre semaines de confinement , Le HuffPost donne la parole à des acteurs politiques ou économiques pour tenter d’y voir plus clair et faire émerger des pistes de solution. Ce jeudi 9 avril, alors qu’une allocution d’ Emmanuel Macron était prévue avant d’être décalée finalement au lundi 13 avril, l’ancien député LREM passé au groupe “Libertés et Territoires”, Matthieu Orphelin, s’adresse au Président de la République.

Remise en cause “fondamentale”

Il attend de lui un changement de cap radical, quitte à remettre en cause les “fondamentaux” du gouvernement actuel et, pourquoi pas, si la crise l’impose, de le changer ou de l’ouvrir à “l’union nationale”. Le député de Maine-et-Loire estime que la phase de sauvetage de certains secteurs-clés qui se joue en ce moment est cruciale et paradoxalement plus difficile que le confinement ou le déconfinement. Celui qui a un engagement écologiste de longue date attend des “contreparties fortes” de la part des secteurs aidés comme l’aérien ou la publicité afin d’accéder à une nouvelle société “plus résiliente et durable”. Il propose, par exemple, d’interdire la publicité “pour les produits et voitures les plus polluants”.

Enfin, il estime que ce changement de société ne pourra se faire sans l’ensemble des citoyens et la société civile qu’il appelle à déposer des propositions sur une plateforme lancée avec une soixantaine de députés. Il émet également des réserves sur l’application Stop Covid que le gouvernement pourrait mettre en place.

“Nous avons besoin de perspectives pour l’après-confinement”

Le HuffPost : Qu’attendez-vous de l’allocution d’Emmanuel Macron lundi?

Matthieu Orphelin : J’imagine qu’une grande part sera consacrée à la crise sanitaire et économique crise que nous vivons ainsi qu’à des annonces pour les jours à venir, avec, je l’espère, des mots forts et de rassemblement. Nous avons besoin de perspectives pour l’après-confinement, même si personne ne connaît la date et qu’il sera sans doute progressif. Les citoyens sont prêts à entendre que le confinement va durer un peu plus longtemps, si on leur donne les différents scénarios. Je le vois dans ma circonscription, cette quatrième semaine est difficile, certains commencent à craquer. Ils sont en demande d’information et beaucoup de fake news circulent. Et surtout, j’attends qu’il expose sa vision pour préparer le jour d’après.

Pourquoi a-t-il, d’après vous, décalé son intervention?

J’espère que c’est pour préparer justement cette partie du discours, sur laquelle il a beaucoup consulté ces derniers jours. Je lui ai envoyé des propositions et nous avons échangé sur la méthode pour associer au mieux l’ensemble de la société à ce grand changement. Certains disent qu’il est trop tôt pour parler de l’après. Je suis convaincu du contraire, il faut donner dès maintenant une perspective aux citoyens et à tous les acteurs économiques et forces vives de notre pays.

Comment jugez-vous l’action de l’exécutif depuis le début de cette crise?

Il y a trois temps dans la réponse à cette crise. Les premiers jours ont été ceux de la crise soudaine et inattendue. Les entreprises obligées de fermer leurs portes, les gens confinés. Les mesures immédiates de 45 milliards d’euros et des garanties de 300 milliards d’euros ont été bien pensées. L’État a été à la hauteur.

La troisième étape concerne “le jour d’après”, c’est-à-dire le grand plan de transformation de la société qui aura, j’espère, associé les citoyens et la société civile, avec, pourquoi pas, un vote à l’Assemblée nationale avant l’été. Le second temps, qui s’ouvre en ce moment, est paradoxalement le plus difficile.

Pour quelles raisons?

Il s’agit de s’occuper des secteurs qui font face à des difficultés économiques sans précédent: par exemple l’aéronautique, l’automobile ou la publicité, mais ils ne sont pas les seuls. Air France demande des milliards, le secteur aérien veut une baisse de taxes alors qu’il est déjà peu taxé et la publicité réclame un crédit d’impôt. Il y a là un risque: accéder à leurs demandes sans aucune contrepartie. Dans ce cas, on refera les erreurs de 2008, c’est-à-dire un plan de relance qui relance comme avant, sans tenir compte du virage que nous devons prendre collectivement pour une société plus résiliente et plus durable.

Tant qu’on pourra partir en week-end en Europe pour 50 euros, on ne pourra pas s’en sortir. Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire

Quelles contreparties souhaitez-vous pour le secteur aérien?

Si l’État aide, il faut que ce soit en échange d’engagements très forts. Par exemple, arrêter les vols intérieurs quand une alternative en train existe. Je pense à Paris-Bordeaux ou Paris-Lyon. Deuxièmement, on pourrait proposer un moratoire sur les extensions des aéroports, je pense à Roissy 4. Et, pourquoi pas, demander à Air France une réduction du nombre de ses vols. Tant qu’on pourra partir en week-end en Europe pour 50 euros, on ne pourra pas s’en sortir.

N’y a-t-il pas un risque de rendre les voyages moins démocratiques? Pourquoi ne pas limiter le nombre de vols par an et par personne?

Le vrai risque démocratique, ce sont les conséquences des dérèglements climatiques si nous n’agissons pas assez. Nous devons mieux réfléchir à nos voyages en avion. J e crois qu’il faut y aller par étape, ça me parait plus intéressant de faire réfléchir et bouger le secteur comme ça.

Et pour la publicité?

Cette crise a montré notre hyper-vulnérabilité sanitaire, écologique et  économique. Le modèle de société qui permet de répondre à ces crises est radicalement différent du modèle actuel. Il sera basé sur la sobriété choisie, notamment sur la consommation. La publicité demande un effort majeur de l’État, relayé par la députée LREM Aurore Bergé. Je connais les conséquences majeures pour les médias et l’emploi si la publicité s’effondre, mais si l’État fait un effort massif sur la publicité, celle-ci doit contribuer, en échange, à cette nouvelle vision de société basée sur la sobriété.

N’est-ce pas antinomique avec le principe même de publicité qui a pour objectif de pousser à la consommation?

Elles devront passer un vrai message d’intérêt général. Les contenus des publicités pourraient être réorientés, en axant par exemple sur les voitures moins polluantes et en interdisant la publicité pour les produits et voitures les plus polluantes. La grande distribution peut se concentrer sur les produits les plus écoresponsables, l’alimentation plus saine, etc. La lutte contre le sexisme pourra faire partie de ces priorités. Il faudra en parler collectivement.

Faites-vous confiance au gouvernement pour opérer ces changements?

Emmanuel Macron a eu des morts très forts au début de la crise en disant “plus rien ne sera jamais comme avant”. J’attends qu’il concrétise cette nouvelle direction. Pour cela, il faut que le gouvernement soit amené à changer son mode de fonctionnement et son modèle idéologique, c’est-à-dire ses fondamentaux. Ça ne se fera pas facilement. I l faut que ces décideurs acceptent que la politique mise en oeuvre sera, sur certains thèmes, très différente de ce qu’ils ont fait ces derniers mois. La crise l’impose. Elle a montré les limites du modèle actuel. Nous sortons tous transformés de cette crise.

La question d'un changement de gouvernement peut se poser Matthieu Orphelin, député de Maine-et-Loire

Cela doit-il passer par un changement de gouvernement?

Oui, la question peut se poser. Si c’est la condition pour transposer cette plus grande priorité donnée à la transition écologique et solidaire, à la démocratie, à la construction d’un nouveau système de santé, ça peut être une option intéressante. Ce n’est pas forcément ce que je demande, car j’attends de voir la direction prise par l’exécutif actuel, mais un gouvernement d’union nationale aurait du sens.

Quelles sont les priorités post-confinement?

Puisque les premiers de cordée sont les aides-soignantes, les aides à domicile, les transporteurs, les caissières, les professeurs et les agriculteurs, ça veut dire qu’il faudra des décisions fortes sur la revalorisation de ces métiers, y compris salariale. Ce sont eux qui font tenir notre société. Cette crise nous a rappelé le sens de l’essentiel.

Il faut aussi réinvestir dans cette transition écologique et solidaire avec un soutien massif et nouveau aux collectivités locales. Je propose de multiplier par 4 ou 5 les plans en cours comme les plans vélo, les transports en commun dans les villes et dans les campagnes, la rénovation énergétique des écoles et des lycées et la revalorisation des circuits courts. Cette dernière est l’une des mesures qui revient le plus sur notre plateforme.

“Les plus aisés peuvent contribuer à l’effort de solidarité nationale”

Comprenez-vous pourquoi Bruno Le Maire ne veut pas augmenter les impôts?

Si les hausses d’impôts concernent les classes moyennes et classes moyennes inférieures, je suis d’accord avec lui. Mais je pense que certains impôts pourraient être augmentés, notamment ceux qui viseraient les plus aisés. Ils peuvent contribuer un peu plus à l’effort de solidarité nationale. On peut faire une réforme de la transmission pour les patrimoines supérieurs à 1 million d’euros, par exemple, et une taxe sur les transactions financières élargie afin de moraliser la finance. Ces mesures n’impacteraient que les plus riches.

Êtes-vous favorable au retour de l’ISF?

Pas forcément à un retour à ce qui existait auparavant, mais à une forme d’impôt de solidarité dont les investissements verts seraient exonérés, oui. Les moins aisés dans cette crise sont solidaires, il faut que ça aille dans les deux sens. Oui, les plus aisés peuvent contribuer un peu plus.

EELV veut un Grenelle à Matignon équivalent à ceux de 1936 et 1968 au sortir de la crise, partagez-vous ce souhait?

Je ne suis pas sûr que le mot “Grenelle” soit le plus adapté, il est un peu daté. J’ai participé au Grenelle sur l’environnement en 2007, il n’incluait pas toutes les forces vives de la nation ni tous les citoyens. Aujourd’hui, c’est ce dont nous avons besoin. Il y a tellement de choses à changer! On peut aussi imaginer une convention citoyenne sur la santé et sur d’autres sujets, sur le modèle de celle sur le climat.

Que pensez-vous de l’application Stop Covid sur laquelle le gouvernement travaille pour les personnes consentantes?

J’ai beaucoup de questionnements. Je suis loin d’être persuadé que c’est la solution aussi bien technique, que pour des raisons plus éthiques. J’étais pleinement solidaire du confinement et des autres mesures, là, le tracking pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses.

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    Bonne nouvelle : la couche d’ozone est vraiment en train de se rétablir

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Des chercheurs ont produit une étude qui montre que le protocole de Montréal a eu une vraie incidence positive sur le climat. [Lire la suite]

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    Le confinement généralisé améliore la qualité de l’air à travers le monde

    news.movim.eu / JournalDuGeek · Thursday, 26 March - 09:41 · 2 minutes

La COP 25 veut renforcer et endurcir les accords sur le climat.

Le 17 mars à midi, la population française a débuté une période de plusieurs semaines de confinement dans l’espoir de limiter la propagation du COVID-19 . De nombreuses entreprises se sont mises à l’arrêt et des usines ont temporairement fermé boutique. Certains salariés du secteur tertiaire, aujourd’hui en télétravail, ont abandonné les transports en commun. Les transports et le trafic aérien ont été progressivement limités. Les conséquences de cette crise sanitaire sans précédent ne sont pas toutes mauvaises ou contraignantes. Le confinement généralisé dans plusieurs pays du monde profite grandement au climat : la qualité de l’air a rarement été aussi bonne dans certaines régions du globe – comme le montre une carte interactive basée sur des données compilées par le satellite Sentinel-5P de l’Agence spatiale européenne (ESA). Ce dernier traque les concentrations de dioxyde de nitrogène (NO2), gaz généré par la combustion du carburant et ainsi considéré comme l’un des principaux marqueurs de pollution de l’air. “La baisse des émissions de dioxyde de nitrogène est particulièrement significative dans le nord de l’Italie” , a souligné Claus Zehner, responsable des observations du satellite de l’ESA dans un communiqué seulement 48 heures après l’élargissement des mesures de confinement au reste du pays.

Déjà en Chine, il y a quelques semaines, l’Agence aérospatiale américaine (NASA) avait constaté une réduction de 10 à 30% de dioxyde de nitrogène à Wuhan , foyer de la pandémie et l’une des premières villes mises en quarantaine. Plus récemment, aux États-Unis – et en particulier en Californie, l’un des premiers états du pays touchés par le coronavirus SARS-CoV-2 – “la rapide réduction de la concentration du dioxyde de nitrogène est sans précédent” , a affirmé Barbara Dix, chercheuse météorologue de l’université du Colorado, à Gizmodo .

Paris respire mieux

Crédits : Airparif.

En France, l’Association de surveillance de la qualité de l’air en Île-de-France (Airparif) a constaté une concentration en NO2 inférieure de 60%, 48 heures après la mise en place du confinement, en comparaison aux moyennes des mois de mars des années précédentes . Elle estime que la qualité de l’air dans l’agglomération parisienne est aujourd’hui meilleure, d’environ 30%, qu’en temps normal. Selon Airparif, cette amélioration s’observe d’autant plus le long des axes routiers où se situent plusieurs stations de mesure, autour de Paris . “En 40 ans de mesure d’Airparif, cette situation sur les stations trafic ne s’est jamais produite de manière aussi importante et sur autant de stations” , a déclaré l’association dans un communiqué . “ Autre bonne nouvelle , cette baisse des polluants de l’air s’accompagne d’une baisse du dioxyde de carbone (CO2), gaz à effet de serre, soulignant les liens entre ces deux problématiques et le co-bénéfice pour le climat de toute amélioration de la qualité de l’air” . Quant aux dangereuses particules fines, généralement émises par les pots d’échappement des véhicules à moteur thermique, aucune réelle diminution n’a été constatée mais aucune augmentation non plus, ce qui n’aurait pas été le cas en temps normal.