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    La grande illusion des objectifs climatiques

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 30 September - 03:15 · 16 minutes

grande illusion

Par Pierre Allemand.

Une chose apparaît maintenant assez clairement : nous n’arriverons probablement  jamais à atteindre les objectifs qui ont été fixés par le GIEC dont la mission était de prouver que le réchauffement du climat que nous subissons actuellement était bien d’origine humaine.

Face à cette constatation, plusieurs attitudes sont possibles. Comme les Allemands nous le montrent, on peut persister dans la voie choisie, même lorsqu’il apparait qu’elle mène sûrement vers une catastrophe.

On pourrait, au contraire, faire amende honorable lorsqu’il en est encore temps, et redresser en quelques années une situation encore rattrapable. C’est la solution que j’ai l’audace ou l’inconscience de proposer.

Nous avons en effet passé des dizaines d’années à financer des recherches sans fondement véritablement sérieux, à installer des éoliennes peu productives, à couvrir les prairies de panneaux solaires inefficaces, et à verdir ridiculement tout ce qui se vend.

Tout l’argent qui a été dépensé dans ces actions prétendant sauver la planète aurait pu au contraire être utilisé utilement à améliorer les conditions de vie de ceux qui en ont besoin, à financer des travaux de recherche réellement utiles et non pas systématiquement définis par les doctrines à la mode, et bien évidemment et en premier lieu à orienter les dépenses vers les choix de ceux auxquels cet argent a été pris.

Je vois déjà le mouvement de dénégation de certains des lecteurs à l’énoncé de ces simples constatations. Alors j’insiste : oui, je pense que nous avons tous été complètement formatés, certains dès leur plus jeune âge, et que nous fonçons vers encore plus de mesures complètement contre-productives, irrésistiblement guidés par un mouvement qui se dit planétaire, et qui veut nous forcer dans une direction choisie par quelques-uns voulant nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

La réalité des engagements de diminution des émissions de CO2

Remarquons cependant que certains pays résistent à suivre ces joueurs de flûte. Parmi eux, on reconnait le pragmatisme éternel des Américains qui ont rapidement compris le caractère fortement illusoire de cette révolution verdissante. Évidemment, me direz-vous, c’est à cause de ce personnage complètement stupide de Trump !

Détrompez-vous, chers lecteurs. Le Président Trump ne fait qu’appliquer les convictions fortes d’une majorité d’Américains qui ne croient pas ce que leur racontent leurs flutistes. C’est une application parfaitement logique de ce qu’on appelle la démocratie. Les médias européens, tous plus anti-trumpistes les uns que les autres nous présentent systématiquement le point de vue de leur phare mondial qui s’appelle The New-York Times , qui est un journal démocrate systématiquement opposé à tout ce que fait le président Trump.

Face aux États-Unis 1 , se trouve la Russie, qui a suivi apparemment toutes les recommandations énoncées par les accords de Paris de 2015, mais qui se garde bien de les appliquer, n’ayant apparemment pas encore, au bout de 5 ans, eu le temps de rédiger son acte de contrition sous la forme d’objectifs de réduction d’émissions auxquels ce pays est tenu par les accords. (Chacun agit selon les atouts qu’il a dans sa main).

Plus au Sud, la Chine, contrairement à ce que les médias nous présentent en général, a eu l’intelligence d’affirmer haut et fort en 2015 qu’elle continuerait pendant au moins quinze ans à émettre toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ( référence ). Au moment où elle a présenté son plan, elle a été félicitée par le président Obama qui y a vu l’occasion de présenter son propre plan consistant à ne rien changer à ce qui était déjà prévu chez lui depuis plusieurs années ( même référence ).

L’un servant de caution à l’autre, les intérêts de l’un et de l’autre ont fait l’objet d’un « accord » Chine-USA. Et le plus beau de l’histoire, c’est que nos médias ont applaudi ce marché de dupes, à croire qu’aucun journaliste n’a eu l’occasion de lire et d’analyser le texte de l’accord annoncé de part et d’autre du Pacifique.

Si maintenant on considère les émissions futures probables des pays asiatiques qui poursuivent activement leur développement (les quatre dragons asiatiques, Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong et Singapour) celles-ci ne sont pas prévues à la baisse, et la Corée du Sud (principal émetteur), a même récemment annoncé qu’elle renonçait à la neutralité carbone pour 2050 .

Voyons maintenant ou en sont aujourd’hui les accords dits de Paris, par lesquels, si on suit ce que sous-entendent les médias occidentaux, le monde entier est en train de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

La carte ci-dessus donne la situation des pays en 2019 concernant les engagements climatiques résultants des accords de Paris (COP21) de 2015. On peut observer que les seuls pays au comportement « satisfaisant » se réduisent à une petite tache verte au milieu de la carte : les pays d’Europe.

Tous les autres, soit n’ont pas donné leurs engagements (Russie, Turquie, Iran etc.), soit n’en ont pas, (USA, Australie, Chine, Amérique du Sud etc.), soit sont classés parmi les « partiellement suffisants » (Canada, Brésil, Australie). Il apparaît donc pour le moins excessif de considérer que le monde est en train de restreindre ses émissions de gaz carbonique.

Et il serait bon, à mon avis, que nos médias veuillent bien nous tenir informés de ces questions, ne pensez-vous pas ? D’ailleurs, l’évolution du taux atmosphérique de CO2 ci-dessous nous montre bien, s’il en était besoin, que les émissions se poursuivent strictement au même rythme qu’avant et que la réduction n’est pas (encore) tout à fait là 2 .

Le graphique ci-dessus, en provenance de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) nous montre, en noir, l’évolution du taux atmosphérique moyen de CO2 et en rouge, l’évolution mensuelle. Les fluctuations annuelles observées (courbe rouge) sont dues aux plantes de l’hémisphère nord (l’hémisphère sud est constitué essentiellement par des océans). Dès le printemps, les plantes absorbent du CO2, ce qui fait baisser le taux atmosphérique jusqu’à l’automne où de nombreuses plantes meurent ou cessent d’absorber, ce qui provoque la remontée du taux.

À cela s’ajoute le phénomène de dégazage des océans (le CO2 est émis par les eaux plus chaudes en été) et dissolution (phénomène inverse) en hiver. Pour ce dernier phénomène, la compensation climatique entre les deux hémisphères se fait en faveur de l’hémisphère sud, essentiellement couvert par des océans comme déjà exprimé. À noter que la puissance de ces deux phénomènes (plantes + émission/dissolution du CO2 dans la mer) qu’on peut exprimer en tonnes de CO2 par unité de temps, est bien plus grande que celle des autres émissions (dont les émissions anthropiques).

Il existe de par le monde une série de pays grands ou petits qui ont décidé de se développer, et qui se sont efforcés de s’en donner les moyens. On les appelle les « NPI » (Nouveaux Pays Industrialisés). Ce sont :

Tous ces pays ont compris que c’est le développement industriel qui permet le développement humain. L’industrie et les services afférents (logistique, matières premières, énergie etc.) se développent en émettant plus de CO2. Développement et production de CO2 sont intimement liés, et même inséparables dans l’état actuel de nos connaissances et de nos moyens. En effet, tous les pays déjà développés ont assuré leur développement en émettant du CO2. Il n’y a pas de vrai plan B pour se développer sans émettre du CO2, malgré les désirs des bonnes âmes.

On peut donc s’attendre, dans un futur proche, par suite du développement de ces pays, à voir les émissions de CO2 continuer à augmenter, et non pas à diminuer. Et il faut admettre que ce développement, et donc les émissions de CO2, est une excellente chose pour les habitants de ces pays, et que nous devons les accepter, parce que cela correspond à des millions de personnes qui sortent de la misère.

Que représentent la France et l’Europe vis-à-vis du reste du monde

D’après la majorité des médias en général, qui expriment l’opinion de la majorité des scientifiques, si elles se poursuivent au même rythme, ces émissions doivent conduire à une augmentation des températures, et c’est en tous cas une hypothèse solidement entretenue dans la partie du monde qu’on appelle l’Occident.

Mais il faut savoir que le reste du monde n’a pas tout à fait la même façon de voir le problème que les Occidentaux. Que ce reste du monde qui, entre parenthèses, contient un nombre bien plus important d’individus que l’Occident, considère le réchauffement climatique comme un problème mineur, ou qu’en face du choix entre le développement ou la mort il ait choisi le développement, il est pour nous important de comprendre qu’il serait probablement très difficile, voire impossible d’empêcher d’émettre du CO2 ceux qui sont pauvres mais qui ont décidé de sortir de la misère.

Le reste du monde se moque éperdument du confort de l’Occident, et il serait plus efficace de s’en rendre compte et de régler nos actions en conséquence.

Le graphique ci-dessus compare la situation de la France (tout en bas du graphique, en bleu) et l’Union européenne à celle des pays émetteurs de CO2 les plus importants dans le monde. L’auteur d’un graphique similaire appelle les pays de cette liste, des pollueurs . C’est une erreur, car le CO2 n’est pas un polluant , mais un gaz inoffensif qui sert de nourriture aux plantes. Sans CO2 dans l’atmosphère, les plantes ne pourraient pas vivre.

La limite de teneur atmosphérique en-dessous de laquelle les plantes ne peuvent pas survivre serait d ’environ 100 ppm . Et nous sommes actuellement à 410 ppm. La science nous a appris que les plantes se trouvaient en amont de notre chaîne alimentaire. Nous ne pouvons donc clairement pas nous en passer, même en ne mangeant que des beefsteaks, parce que le bœuf, lui, est herbivore…

Ce qu’on voit aussi dans ce graphique, c’est que les émissions de l’Union européenne ne représentent que 3330 millions de tonnes (sur un total de 34 169 millions de tonnes de CO2, soit moins de 10 % du total des émissions de 2019). Autrement dit pas grand-chose. Et que les émissions de la France, elles, ne représentent que 0,88 % de ce total, c’est-à-dire pratiquement rien.

Ce dernier chiffre signifie que tous les efforts que peuvent ou pourront faire les Français pour changer quelque chose au réchauffement climatique, en admettant que ce changement soit possible en diminuant les émissions de CO2, ne servent pratiquement à rien, à part peut-être à enrichir les personnes qui ont ou auront la bonne idée d’investir dans les actions pour le climat.

Nos concitoyens, qui assistent en permanence à l’application des mesures destinées à contenir la température moyenne terrestre et qui payent des impôts ou des taxes pour cela s’attendent probablement à voir un jour leurs effets, qui pourraient être, par exemple, l’abaissement ou au moins la stabilisation du niveau de la mer ou la diminution du nombre annuel des cyclones, ou encore, qui sait, un retard dans la date des vendanges. Ils seront sans doute déçus de constater que la mer continue de monter, comme elle le fait d’ailleurs depuis la dernière période glaciaire. Source .

Pourquoi ne pas l’expliquer aux Français ?

Pourquoi, alors, s’obstiner à ces efforts certes méritoires, mais qui sont inutiles en pratique ? Et pourquoi, surtout, ne pas l’expliquer très simplement aux Français qui ne sont certainement pas tous des veaux et qui seraient peut-être bien capables de décider eux-mêmes s’il faut poursuivre ces actions, ou au contraire les abandonner ? Ce serait pourtant un effet de ce qu’on appelle la démocratie.

Si notre Président était vraiment ce qu’il prétend être, c’est-à-dire un adepte de toute la vérité , je le verrais bien s’adresser calmement un jour à la télévision en disant :

« Les députés européens, et après eux les députés français ont décidé que pour sauver la planète, il faut arrêter tout ce qui pourrait augmenter nos émissions de gaz carbonique, même si cet arrêt conduit à des pénuries. Il faut aussi vous habituer à moins consommer les choses dont la production provoque des émissions déraisonnables de gaz carbonique » .

Suivrait une interminable liste de ces choses, allant des téléphones portables aux voitures en passant par le béton et les voyages en avion.

Il n’est pas certain que le citoyen moyen approuverait alors ces décisions. Et il se demanderait certainement où est la démocratie lorsque les représentants du peuple prennent des décisions importantes sans en référer à leurs concitoyens. Surtout si le Président ajoutait dans son discours :

« Malheureusement, qu’on exécute ces décisions ou non ne changera pour ainsi dire rien à la situation de la planète, compte tenu du faible pourcentage que représente nos émissions totales de CO2, comparées à celles de nos voisins non européens. Mais il faut tout de même montrer que la France ne recule devant aucun sacrifice lorsqu’il s’agit de sauver la planète… etc. Êtes-vous d’accord ? »

Je ne suis pas sûr qu’ainsi bien informé, le citoyen serait toujours d’accord pour le sacrifice. Alors, pour faire passer ces actions à l’insu de son plein gré , on ne l’informe pas de tout, et on essaye de le prendre par surprise, en fabricant des situations dites à effet cliquet desquelles on ne peut pas sortir, comme par exemple des lois dites supranationales qui l’emportent sur la loi française.

Daignons jeter un œil sur les pays pauvres

Voilà pour la situation chez nous. Mais il y a aussi le reste du monde comme on l’a vu plus haut, que le Français a une tendance certaine à négliger peut-être un peu, comme d’ailleurs chacun des citoyens des autres pays, ce qui  engendre une certaine compensation, basée cette fois-ci sur le nombre.

Dans de nombreux pays pauvres du monde, mais spécialement en Afrique, le seul moyen acceptable parce que gratuit pour cuisiner le peu de viande ou de légumes que l’habitant arrive à se procurer consiste à envoyer les femmes et les enfants ramasser du bois mort ou des fèces sèches (essayez de dire rapidement à voix haute ces deux derniers mots). Et à alimenter le foyer avec le résultat de leur glanage qui s’effectue quelquefois à plus de 10 kilomètres de l’habitation.

La conséquence de cette pratique est glaçante : en effet, des centaines de millions de personnes sont intoxiquées en permanence avec des taux de particules fines résultant de la combustion de ces matières dans la pièce unique de l’habitation, taux qui dépassent largement toutes les mesures effectuées dans les coins les plus pollués de la planète. Et cela dès leur plus jeune âge. Et le taux de décès résultant de cette pratique est impressionnant : 4,3 millions de décès prématurés en 2012. ( source ).

Pourtant, ces pauvres gens ont une conduite certes non choisie, mais écologiquement parfaite : ils produisent en effet un CO2 autorisé , puisqu’il s’inscrit dans la logique du cycle de la vie, tout comme les agrocarburants que l’on s’efforce chez nous d’additionner aux carburants fossiles. Et ceux qui ne sont pas morts ont atteint la neutralité carbone .

Ne pensez-vous pas qu’il vaudrait mieux leur permettre de brûler autre chose que ces produits pour faire leur cuisine ? Leur permettre d’installer la distribution du gaz ou de l’électricité comme nous l’avons chez nous, à base de fossiles, ne serait-il pas  éthiquement justifié, plutôt que de le leur interdire sous des prétextes écologiques, en bloquant tous les investissements générateurs de CO2 de fossile comme certaines ONG basées chez nous incitent à le faire ? Dans ce cas précis, l’écologie n’est-elle pas quelque part responsable de la mort de millions de personnes tous les ans ?

Et modifions notre position

Voilà donc les problèmes, tels qu’ils existent réellement, et non pas comme certaines personnes voudraient nous les présenter.

Si, comme le dit le GIEC (mais ses membres sont payés pour le dire) les émissions de CO2 conduisent à une augmentation de la température moyenne de la surface du globe, il faut se préparer à y faire face, et non pas essayer de s’y opposer. En effet, la diminution des émissions et même la neutralité carbone de l’Europe ne pourront jamais compenser les émissions toujours plus importantes des pays qui veulent se développer. Un simple examen du nombre de personnes que cela représente suffit pour tirer cette conclusion simple.

À moins de déclencher une guerre qui aurait très certainement des conséquences désastreuses, et que l’Occident n’est d’ailleurs pas du tout sûr de gagner, il est inutile d’essayer de forcer les pays en développement à limiter leurs émissions de CO2. En effet, comme expliqué plus haut, c’est pour beaucoup d’entre eux une question de vie ou de mort, et non pas une simple question de confort thermique.

Il faut encourager et aider la population africaine à se développer en installant une distribution d’électricité dans tous les villages, et en produisant cette électricité avec des combustible fossiles. Il faut aussi installer un large réseau de distribution de gaz naturel sur ce continent. La vie de millions de personnes et la simple justice le justifient largement.

Peut-être que les 2 ou 3 degrés d’augmentation des températures provoqueront des effets négatifs largement décrits dans les documents largement diffusés, mais peut-être pas. En effet, il apparait tout de même surprenant qu’il n’y ait que des évolutions négatives attachées à cette augmentation. Cela voudrait dire que la température du début du siècle dernier était une sorte d’optimum merveilleux qui limitait au maximum les évènements malheureux, en maintenant la surface du globe à l’état d’une sorte de paradis terrestre.

Je pense sincèrement que ce serait trop beau pour être vrai. Le paradis terrestre reste certainement à construire…

  1. Regardez une carte du monde centrée sur la ligne de changement de date : la Russie fait bien face aux USA.
  2. Certain optimistes pensaient que l’année 2020, grâce ( ?) au coronavirus, nous montrerait peut-être une baisse. Hélas, la fin de l’année s’approche , et la baisse n’est pas là.
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    La STEP : un trésor énergétique à (re)découvrir en France

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Thursday, 3 September - 02:40 · 11 minutes

convention

Par Michel Gay et Serge Gil 1 .

Sous l’acronyme rêche et anodin de « STEP » (station de transfert d’énergie par pompage) se cache un trésor : la possibilité d’absorber et de restituer beaucoup d’électricité à la demande, en quelques minutes, selon le besoin.

Le miracle

Cette simple capacité est une prouesse remarquable car elle permet d’équilibrer le réseau électrique et d’augmenter la part de production d’électricité décarbonée (nucléaire et énergies aléatoirement variables ou intermittentes comme les éoliennes et les panneaux solaires) dans le mix énergétique.

Une STEP transfère de l’eau par pompage d’un réservoir bas vers un réservoir haut lorsque la production est momentanément supérieure à la consommation et que le prix de marché est bas. Ensuite, son turbinage (production d’électricité à travers une turbine) peut répondre au besoin lorsque l’électricité est rare et chère.

C’est la seule technique de stockage d’énergie à grande échelle dont la disponibilité permet de délivrer sur le réseau électrique une puissance équivalente à un ou deux réacteurs nucléaires (jusqu’à presque 1800 MW pilotables) en quelques minutes, et pendant quelques heures. Elle répond au besoin fluctuant de la consommation journalière en lissant les productions fatales des énergies renouvelables et en optimisant la production nucléaire.

Une STEP constitue donc un facteur essentiel de la stabilité du réseau d’électrique tout en évitant l’utilisation d’énergies fossiles polluantes.

Pourquoi s’en priver ?

À ce jour, EDF exploite en France seulement 6 STEP représentant une puissance totale de 5000 mégawatts (MW). La plus grande STEP ( Grand’maison ), qui a un dénivelé de 1000 mètres, demande 1275 MW en pompage et produit 1790 MW en turbinage. La puissance d’un réacteur nucléaire de dernière génération (EPR) est de 1660 MW.

Ces chiffres sont à relativiser avec les 25 000 MW installés d’hydroélectricité dont 12 000 MW sont modulables avec une capacité de démarrage de 3 à 15 minutes.

Par comparaison, le parc de production électrique français a une capacité totale de l’ordre de 120000 MW, dont 61 000 MW de nucléaire.

Les STEP sont de plus en plus utiles dans un système électrique qui développe des énergies intermittentes électriques car leurs productions fatales, brutales et aléatoires nécessitent des centrales de compensation rapide à gaz, y compris à l’étranger (importations).

Selon le rapport Quinet de 2019 sur la valeur du CO2, « donner une valeur monétaire à l’action pour le climat, c’est signaler que les activités humaines doivent intégrer les bénéfices collectifs que procure la réduction des émissions de gaz à effet de serre. C’est se donner une référence pour sélectionner et hiérarchiser les actions utiles à la collectivité ».

Or, EDF semble tergiverser en France alors que d’autres pays en construisent .

La PPE 2019-2028 estime que « l’hydroélectricité pourrait contribuer de manière décisive à répondre au besoin de flexibilité du système électrique, notamment grâce aux STEP » et envisage d’accroître la puissance totale des STEP de 1500 MW d’ici 2035 mais, paradoxalement, EDF hésite . Après avoir tergiversé pendant des années, elle a annoncé en mars 2018 prévoir d’autres STEP… restées à ce jour à l’état de projet, à l’exception de quelques modernisations.

Où construire des STEP ?

Le rapport Dambrine avait identifié en 2006 plusieurs sites potentiels, notamment en Savoie et le long de la Durance.

Les STEP nécessitent un dénivelé important et un gros débit d’eau. Presque toutes les STEP disposent d’un réservoir haut constitué par la retenue principale d’un barrage d’altitude et un petit réservoir bas en vallée.

Mais l’inverse est aussi possible : un réservoir principal « en bas » et un « petit lac » réservoir de quelques millions de m 3 « en haut ».

De nombreux grands lacs « bas », naturels ou artificiels, existent en France. Plus rares sont ceux entourés de hautes montagnes capables d’accueillir un petit réservoir « haut » à distance raisonnable avec un grand dénivelé d’environ 1000 mètres.

L’immense lac artificiel de Serre-Ponçon au confluent de la Durance et de l’Ubaye en fait partie. Il est situé à 780 m d’altitude avec quelques cuvettes naturelles proches et plus de 1000 m de dénivelé, dont le cirque de Morgon.

Le cirque de Morgon (voir carte), offre des conditions intéressantes d’aménagement.

Ce site de plus de 300 hectares (ha) à 2000 mètres d’altitude pourrait accueillir une retenue d’environ 25 ha (un carré de 500 mètres de côté, vide d’habitants) et 12 mètres de profondeur moyenne, correspondant à un volume d’eau (3 millions de m 3 ) susceptible d’être pompé en quelques heures depuis le lac « bas » de Serre-Ponçon.

Ce dernier, d’une superficie de 28 km 2 , verrait son niveau varier d’environ 10 centimètres en cas de vidange ou de pompage complet (sa variation saisonnière dépasse 40 mètres), sans aucun impact sur la flore et la faune puisque l’eau pompée est restituée intacte.

Ce site permettrait de fournir une puissance de plus de 1500 MW (comparable à la STEP de Grand’maison), soit plus de 4 fois la puissance de l’usine électrique du barrage de Serre-Ponçon pendant 5 heures !

Est-ce intéressant et rentable ?

Les STEP présentent un intérêt croissant pour assurer l’équilibre du système électrique mais leur futur bilan économique reste incertain compte tenu du prix bas du pétrole (autour de 40 euros par baril ) et du gaz. Ces énergies fossiles importées alimentent à bas coût des turbines à combustion (TAC), un autre moyen flexible de production d’électricité concurrent des STEP, bien que polluant et émetteur de gaz à effet de serre.

Mais au-delà d’un prix de marché de 65 euros/MWh dans les cas de forte demande (en heure de pointe), la production de STEP est moins chère que la consommation de pétrole

Les premières grandes STEP datent du début des années 1970. La réglementation du marché de l’électricité par les pouvoirs publics conférait alors à ces investissements une visibilité quant à leur rentabilité sur le long terme.

Aujourd’hui, avec la disparition du monopole d’État et l’ouverture des marchés européens de l’électricité à la concurrence, l’absence de visibilité compromet de futurs investissements en l’absence de mesures correctrices. Le développement des STEP a donc été stoppé à la fin des années 1980.

Les produits d’exploitation d’une STEP proviennent de la vente de l’électricité turbinée, mais aussi de la rémunération des différents services rendus au système électrique qui doivent être valorisés à leur juste valeur.

Car une STEP nécessite un investissement important sur le long terme.

Le coût de construction de la STEP de Nant de Drance près de Martigny en Suisse, qui sera inaugurée en décembre 2021, et d’une puissance comparable à celle de Grand’maison, a été évalué à environ 2 milliards d’euros avec des longueurs de galeries de 14 km (au lieu d’environ 4 km pour l’exemple du cirque de Morgon à Serre-Ponçon).

La STEP paye le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité ( TURPE) deux fois : une première fois pour l’électricité nécessaire au pompage, une deuxième fois pour la production lors du turbinage. Son taux a donc été logiquement diminué de 50 % pour les STEP en 2016, passant de 20 % à 10 % .

S’ajoutent ensuite les frais de fonctionnement et d’amortissement, et les pertes d’environ 25 % sur l’électricité « pompée » (la STEP restitue 75 % de l’électricité absorbée).

La majeure partie des frais de fonctionnement d’une STEP provient de la fourniture de l’électricité nécessaire au pompage.

Dans le cas de l’exemple du cirque de Morgon, il s’agirait d’environ 1800 gigawattheures par an (GWh/an) en pompage. La production du turbinage serait d’environ 1400 GWh/an d’électricité « propre » (deux fois plus que l’usine électrique de Serre-Ponçon ) mobilisable en quelques minutes, améliorant ainsi la sécurité d’approvisionnement de la France entière.

Les lignes de transport capables d’évacuer la puissance de 1500 MW existent déjà en 230 000 volts

Tous les coûts doivent être compensés par la différence de prix entre l’achat pour le pompage et la vente lors du turbinage ainsi que par la rémunération de la plus-value de sa disponibilité pour l’équilibre du réseau.

Si l’électricité consommée au pompage provient régulièrement de sources dont le coût de fonctionnement est pratiquement nul (nucléaire) ou déjà payé par des subventions (énergies renouvelables électriques), non seulement la production d’une STEP devient rentable mais, en plus, elle rentabilise aussi d’autres moyens dont le coût de fonctionnement est marginal.

Par exemple, le coût global d’un réacteur nucléaire en fonctionnement à pleine puissance ou à l’arrêt est quasiment identique car l’usure du combustible est négligeable et les principaux coûts sont fixes (personnel, amortissement…). Il est donc préférable qu’il produise de l’électricité… quitte à la stocker « intelligemment ».

Une énergie « intelligente »

Les installations hydroélectriques, dont les STEP, peuvent redémarrer seules sans nécessiter d’apport externe d’électricité. Elles constitueraient ainsi les premiers moyens remis en fonctionnement après une coupure généralisée du réseau afin de le « reconstruire ». Ainsi, progressivement, des moyens de production ajoutés successivement alimenteraient une zone géographique et, de proche en proche, toute la France.

En absorbant et en produisant rapidement de grandes quantités d’électricité, les STEP contribuent à égaler en permanence la production et la consommation pour maintenir le fragile équilibre du réseau électrique. Ce point important doit être valorisé.

Relancer le potentiel hydroélectrique de la France, notamment les STEP, constitue un enjeu majeur d’indépendance énergétique et d’économies d’importations de gaz et de pétrole pour contribuer à la politique énergétique définie par la Loi sur la Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) votée le 22 juillet 2015.

Mais… il y a plusieurs « mais »…

1) Aujourd’hui, EDF est contraint par des lois européennes de mettre sur le marché les concessions de tous ses ouvrages hydrauliques. La durée maximale des concessions serait de 75 ans et pourrait être ramenée à moins de 40 ans. La rentabilité n’est donc pas assurée.

Dans ces conditions, les candidats à de nouveaux investissements dans des ouvrages prévus pour durer plus de 100 ans se font rares.

2) Les écologistes politiques veulent bien d’un stockage pour les excédents des énergies renouvelables mais ils craignent de favoriser le nucléaire… et aussi de noyer des espaces verts ! (voir l’émotion suscitée par la retenue de 34 ha qui était prévue à Sivens ).

3) La politique énergétique actuelle est incohérente : EDF annonce un plan de stockage électrique en mars 2018, mais le 13 mars 2019, un rapport du Conseil Général de l’Économie intitulé « Stockage stationnaire d’électricité » indique que « le caractère très limité en France du potentiel de déploiement de nouvelles STEP hydrauliques ne permet pas de mobiliser cette solution pour notre pays ». Comprenne qui pourra…

Un trésor à (re)découvrir

Le titre de cet article a été inspiré par un enfant de 5 ans qui, en regardant avec l’auteur de cet article la carte du projet de STEP à Serre-Ponçon (en annexe), a demandé : « Tu cherches un trésor ? ».

Réponse : « Oui, un trésor qui absorbe et produit sur demande beaucoup d’électricité avec de l’eau ! »

Les hommes politiques fascinés par ce qui brille devraient aussi s’intéresser aux vertus de l’hydroélectricité, et particulièrement aux pépites des STEP. Cet or blanc produit une électricité renouvelable adaptable au besoin pour assurer l’équilibre du système électrique français et européen.

L’hydroélectricité devient aujourd’hui une composante incontournable d’une politique de renforcement de la sécurité d’approvisionnement et de lutte contre l’effet de serre. Elle constitue par excellence l’énergie du développement durable.

La France, dans le Plan Climat de juillet 2017 , s’est elle-même fixé l’objectif « zéro émissions nettes » (ZEN) de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. La valeur du carbone évité doit être utilisée dans les évaluations d’investissements et plus généralement dans les politiques publiques comme un levier d’action nécessaire à la réussite des objectifs de ce Plan Climat.

Alors,

  • pour respecterl’impératif de sécurité d’approvisionnement (Art. 100-1 2° du Code de l’énergie ),
  • pour diminuer l’importation d’énergies fossiles et les émissions de CO2,
  • pour renforcer la stabilité du réseau électrique malmené par les productions erratiques des éoliennes et des panneaux photovoltaïques, ainsi que par les fortes variations de consommation,
  • pour améliorer l’emploi avec du personnel local et du matériel français (pompes, turbines, travaux…)

la puissance publique pourrait (re)découvrir les avantages de ces trésors énergétiques « intelligents » et initier la construction de nouvelles STEP.

  1. Serge Gil est ingénieur hydraulicien de formation et a principalement travaillé au CEA.
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    Pacte vert : l’Union européenne ne respecte pas ses propres traités

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Tuesday, 28 July - 03:00 · 5 minutes

Pacte vert

Par Michel Gay et Samuel Furfari 1 .

Le Pacte vert de l’Union européenne (UE) sur l’énergie (aussi baptisé Green Deal ) veut imposer aux États membres de l’UE une réduction drastique des émissions de CO2 d’ici 2030, et une « neutralité carbone » d’ici 2050, mais il est en contradiction avec les traités souscrits par les États membres.

Le Green Deal : une pure utopie

Grâce à cette doctrine, les politiciens européens, presque à l’unanimité, à Bruxelles et Strasbourg espèrent que l’énergie utilisée en 2050 sera renouvelable, et que le CO2 résiduel sera piégé et stocké sous terre en capturant le carbone.

Toutefois, les énergies renouvelables intermittentes ne représentent que 2,5 % de la demande d’énergie primaire de l’UE, bien qu’elles aient été fortement encouragées à coups de milliards d’euros depuis près de 40 ans.

Le passage à 100 % n’est donc pas seulement un défi, mais une pure utopie.

La crise actuelle du Covid-19 montre que la décroissance peut effectivement réduire la consommation d’énergie et les émissions de CO2, mais ni les citoyens ni Bruxelles ne peuvent admettre cette solution pour réaliser le Green Deal .

Même le Groupement d’experts international sur le climat (GIEC) de l’ONU reconnaît que l’énergie nucléaire apporte une contribution majeure à la réduction des émissions de CO2 et qu’elle représente une solution valable pour la décarbonation.

Pourtant, l’UE ne mentionne pas du tout l’énergie nucléaire dans son Pacte vert.

Traités de Maastricht et de Lisbonne

François Mitterrand, alors président de la République, ne voulait pas laisser l’avenir du nucléaire français entre les mains des fonctionnaires de Bruxelles.

Par la suite, une conférence interministérielle a réussi à introduire l’article 194 dans le Traité de Lisbonne de l’UE, autorisant notamment :

  • la promotion des énergies dites renouvelables ;
  • la création d’un marché unique de l’énergie ;
  • et le développement d’infrastructures énergétiques interconnectées.

Cependant, ce même article stipule clairement que le choix du bouquet énergétique reste de la responsabilité des États membres.

Le Pacte vert contre le nucléaire

Aujourd’hui, le Green Deal permet aux projets d’énergie renouvelable de bénéficier de subventions (1000 milliards d’euros sont annoncés !), mais il exclut l’énergie nucléaire de la « taxonomie » européenne ( adopté le 16 juin 2020 par la Parlement européen) qui établit une liste de technologies qualifiées de durables pour les investisseurs. Cette exclusion rend impossibles des garanties de revenus pour la production d’électricité des futurs réacteurs nucléaires.

La Pologne s’étonne…

Cette difficulté n’est pas ignorée par l’UE dont 14 États membres exploitent ou ont annoncé la construction d’installations nucléaires. C’est pourquoi, à contrecœur, dans ses conclusions du 12 décembre 2019, le Conseil européen « reconnaît la nécessité […] de respecter le droit des États membres de décider de leur bouquet énergétique et de choisir les technologies les plus appropriées ».

Le 22 juin 2020, le ministre polonais du Climat a écrit à trois commissaires européens pour souligner la contradiction entre la volonté de l’UE de réduire les émissions de CO 2 et l’exclusion de l’énergie nucléaire :

« Nous avons été surpris que l’énergie nucléaire ne soit pas prise en compte dans les récentes politiques de l’UE, y compris le paquet « Green Deal », alors que sa place dans la taxonomie de l’UE est toujours remise en question. […]

Par conséquent, nous demandons à la Commission européenne, en tant que gardienne des Traités, y compris le Traité Euratom, de veiller à ce que la politique énergétique et climatique de l’UE soit élaborée de manière neutre sur le plan technologique et fondée sur des preuves ».

Bien que le langage soit diplomatique, c’est dit et écrit : la Commission européenne ne respecte pas de facto son Traité !

Un Green Deal en contradiction avec les traités de l’UE

La Commission européenne a aussi annoncé qu’elle proposera 100 milliards d’euros d’investissements par le biais du « mécanisme de transition équitable » pour soutenir les énergies renouvelables intermittentes, ce qui revient à imposer aux nations le choix du bouquet énergétique pour en profiter.

Et c’est incompatible avec l’alinéa 2 de l’article 194 du Traité de Lisbonne !

En outre, le Traité sur la charte de l’énergie (TCE), signé en 1994 par l’UE et Euratom, protège sur le long terme les investissements étrangers dans les combustibles fossiles. Par conséquent, le Green Deal est aussi en contradiction avec le TCE . Pour résoudre cet imbroglio juridique, une solution serait que l’UE et ses États membres se retirent collectivement du TCE. Mais cette décision aurait de graves conséquences pour de nombreux pays qui exportent du pétrole et du gaz.

Quelques parlementaires européens reconnaissent que ce traité n’est pas « compatible avec nos engagements en matière de climat » et se préoccupent des plaintes qui s’accumulent pour le non-respect de ce traité international.

Ils veulent donc le dénaturer en excluant les énergies fossiles du texte, confirmant ainsi que le Green Deal est incompatible avec le TCE qui « garantit que tout investisseur dans l’étendue géographique du traité a le droit de protéger ses actifs investis, même jusqu’à 20 ans après le retrait d’un État du traité ». Or ce traité ne peut être modifié qu’à l’unanimité.

Et puisque le Japon qui vend des centrales au charbon partout en Asie, et que la moitié des États signataires ne s’occupent pas d’énergies renouvelables, ce traité ne sera pas modifié dans le sens voulu par l’UE.

Si l’UE ne veut plus d’énergies fossiles, elle devra donc quitter ce TCE. Ce qui peut prendre un certain temps… auquel il faut ajouter les 20 ans prévus après le retrait du traité. Des ONG environnementales osent demander la non application de cette clause, alors qu’elle est l’essence de ce traité.

Rien ne changera donc au moins avant 2050 !

La transition énergétique vers le « monde de demain » reposant sur des énergies renouvelables fatales n’est pas vraiment pour demain.

Comment l’UE va-t-elle procéder pour mettre en œuvre un Pacte vert qui est en contradiction avec ses propres traités ?

  1. Résumé adapté par Michel Gay d’un article de Samuel Furfari initialement publié le 8 juillet 2020 sur le site de « European Scientist ».
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    On the Moon, astronaut pee will be a hot commodity

    news.movim.eu / ArsTechnica · Sunday, 24 May - 10:56 · 1 minute

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Enlarge / Future moon bases could be built with 3D printers that mix materials such as Moon regolith, water, and astronauts’ urine. (credit: ESA/Foster and Partners )

Ever since President Donald Trump directed NASA to get boots on the Moon by 2024 , the agency and its partners have been hard at work trying to make it happen. Late last month, NASA awarded contracts to three companies to develop a crewed lunar lander , but getting to the Moon is just the start. The agency also plans to build a permanent Moon base before the end of the decade and use it as a stepping stone to Mars .

If astronauts are going to spend weeks at a time on the Moon, they’re going to have to figure out how to live off the land—er, regolith. It’s too expensive to ship everything from Earth, which means they’ll have to get creative with the limited resources on the lunar surface. Moon dirt is a great building material and there’s water in the form of ice at the south pole that can be turned into rocket fuel. But the hottest commodity of them all may very well turn out to be an astronaut’s own pee .

Earlier this year, a team of European researchers demonstrated that urea, the second-most common compound in human urine after water, can be mixed with Moon dirt and used for construction. The resulting material is a geopolymer, which has similar properties to concrete and could potentially be used to build landing pads, habitats, and other structures on the Moon.

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