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    Catastrophe écologique au Kamtchatka: ce drone marin permet d'en savoir plus

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 14 October - 17:44 · 3 minutes

ENVIRONNEMENT - Quelques centimètres à peine, une caméra haute résolution, une lumière et un “bras”: ce petit drone sous-marin jaune utilisé pour sonder la baie d’Avacha dans la péninsule du Kamtchatka en Russie pourrait permettre de mieux comprendre les causes de la mort de la quasi-totalité de la faune marine dans cette zone.

La semaine dernière, la Russie a ouvert une enquête pénale pour établir la cause d’une pollution toxique inexpliquée. Du 1er septembre au 3 octobre en effet, des milliers d’animaux marins se sont échoués sur le rivage , donnant lieu à des images de dévastation totale.

Toute la faune, même les vers à soie

Un groupe de militants écologistes et le comité d’enquête russe ont utilisé ce drone sous-marin le mardi 13 octobre. Il doit évaluer les dommages causés par la pollution toxique au large de la côte extrême-orientale de la Russie, tandis que des carcasses continuent toujours de s’échouer.

Pour Greenpeace, l’hypothèse d’un empoisonnement à une substance polluante toxique est en effet la plus probable. Les autorités russes, elles, émettent la possibilité d’une intoxication naturelle, causée par des micro-organismes, tels que des microalgues toxiques.

Le premier jour de l’examen du fond de la baie d’Avacha révèle un empoisonnement de masse. Des polychètes morts (également connus sous le nom de vers à soie) ont été découverts au fond de l’eau. Des mollusques et autres gastéropodes n’auraient donc, eux non plus, pas pu résister à cette mystérieuse pollution.

Les scientifiques ont ainsi déclaré aux autorités régionales que presque toute la vie marine avait été tuée dans cette zone, avec seulement un petit nombre de gros poissons, crevettes et crabe survivants. Des prélèvements faits par le drone sur des tissus des carcasses d’animaux morts devraient permettre d’en savoir plus.

Cause humaine ou naturelle?

Les premiers échantillons d’eau récoltés ont quant à eux souligné la présence supérieure à la normale de produits pétroliers, suggérant une pollution aux hydrocarbures. Ils contiennent notamment du phénol et l’eau a changé de couleur. Mais certains échantillons présentent également “des concentrations élevées n’ont été observées que pour les microalgues du type Gymnodinium” qui produisent des “toxines qui agissent sur les invertébrés”, a précisé l’Académie russe des sciences.

Des images aériennes de la zone diffusées en ligne ont montré que l’eau était devenue jaunâtre à certains endroits. L’agence d’application de la loi a déclaré que le polluant ressemblait tout de même étroitement à une huile industrielle ou à une substance similaire.

La pollution, écrivent certains médias russes, pourrait provenir d’une décharge de produits chimiques fermée depuis 2010 et où seraient entreposées 108 tonnes de pesticides, explique Greenpeace. D’autres ont avancé l’hypothèse d’une fuite de carburant de fusée extrêmement toxique, l’heptyle, provenant peut-être d’une installation militaire, une possibilité écartée par le gouverneur de la région.

L’enquête sur des violations présumées de la manipulation de substances dangereuses pour l’environnement et de la pollution du milieu marin est en cours. L’objectif principal est de découvrir si les causes de la contamination sont naturelles ou découlent de l’activité humaine. Greenpeace Russie a de son côté insisté sur la nécessité d’une enquête “indépendante et transparente”.

À voir également sur Le HuffPost: La Convention sur le climat veut un référendum sur l’écocide, qu’est-ce que c’est?

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    Un groupe écologiste dégonfle les pneus des SUV, jugés “trop polluants”

    news.movim.eu / JournalDuGeek · Monday, 12 October - 11:45 · 2 minutes

Récemment formé, le collectif écologiste La Ronce devrait rapidement faire parler de lui en devenant “une épine dans le pied des multinationales qui détruisent le vivant” . Dans une vidéo récemment publiée sur YouTube, le groupe a en effet prodigué plusieurs conseils destinés à ses militants, afin de “nuire aux intérêts des multinationales jugées responsables de la dégradation de l’environnement” . Des actions “simples et peu risquées” , parmi lesquelles on retrouve ainsi l’ouverture des bouteilles de Coca-Cola ou de RoundUp dans les rayons des supermarchés, le recouvrement des QR codes des trottinettes électriques en ville (trop polluantes malgré leur moteur électrique), ou encore le sabotage des stations-services appartenant au groupe Total.

“Nous ne porterons jamais atteinte à l’intégrité physique des personnes, mais les biens matériels, eux, n’ont pas de sentiments.” – La Ronce

Au-delà du Coca-Cola et de Total, c ’est au SUV que la Ronce conseille de s’attaquer , rapporte nos confrères de Phonandroid . Dans sa vidéo (ci-dessus), le collectif explique ainsi comment dégonfler les pneus des berlines de luxe, en insérant dans le bouchon de valve “un gravillon de la taille d’un grain de poivre” . Cette technique permettrait de dégonfler le pneu en seulement une heure rapporte le groupe, avant de mettre en garde ses militants sur la nécessité de prévenir le propriétaire de la voiture en lui laissant un mot sur le pare-brise, afin que ce dernier ne prenne aucun risque en conduisant avec un pneu dégonflé. Un mot qui invite notamment le conducteur à se tourner vers un mode de transport plus écologique, comme les transports en commun par exemple.

Pourquoi les SUV ?

Si toutes les voitures fonctionnant à l’énergie fossile sont évidemment polluantes, les SUV ont récemment été qualifiés de “catastrophe écologique” par un rapport de la fondation WWF. Ces derniers seraient en effet le deuxième facteur de réchauffement climatique, juste derrière le trafic aérien, alors même qu’ils connaissent une popularité grandissante depuis 2019 en Europe. Tandis que la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC) a récemment demandé au gouvernement de mettre en place une nouvelle taxe sur les voitures les plus grosses, et donc potentiellement les plus polluantes, le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Lemaire, s’y est fermement opposé fin septembre.

Quels sont les risques ?

Si le fait de dégonfler les pneus d’une voiture n’est évidemment pas recommandé, notamment pour son aspect particulièrement dangereux, le geste est pourtant difficilement punissable juridiquement parlant. En l’absence de témoins et de preuves, ce dernier ne peut en effet pas être considéré comme une infraction , pour la simple et bonne raison qu’il n’entraîne aucune dégradation matérielle directe (ce qui ne serait pas le cas avec un pneu crevé).

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Un groupe écologiste dégonfle les pneus des SUV, jugés “trop polluants”

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    Transition écologique: 40 maires de tous bords demandent l'aide de l'Europe

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 11 October - 10:51 · 2 minutes

40 maires de tous bords demandent à l

POLITIQUE - Une quarantaine de maires de grandes villes et présidents de communautés d’agglomération -de droite comme de gauche- ont appelé ce dimanche 11 octobre l’Union européenne à soutenir leurs efforts vers la transition écologique.

“En tant qu’élus locaux, nous savons où investir au plus près des citoyens pour traduire en actions concrètes les mesures de transition. Mais nous ne pouvons pas y arriver seuls. L’Europe doit être à nos côtés dans cette bataille”, écrivent ces signataires d’une tribune publiée par le Journal du Dimanche , parmi lesquels les maires PS de Paris et Nantes, les maires écologistes de Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Poitiers, Besançon et Grenoble, mais aussi les maires de droite de Reims, Saint-Etienne ou Angers.

“Accélérer la transition écologique”

L’Union européenne, affirment ces édiles, “doit soutenir et accompagner nos actions dans les territoires. Les centaines de milliards d’euros du plan de relance européen doivent être une opportunité d’accélérer la transition écologique, de financer le Green Deal européen et de relever l’ambition climatique de notre continent”.

Sur Twitter, Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des Affaires européennes a relayé le texte en estimant: “Cela tombe bien, l’Europe est au rendez-vous”. Il rappelle qu’“au moins 30% des plans de relance nationaux consacrés au climat” et assure qu’“aucune dépense néfaste pour le climat autorisée dans le plan de relance”.

Pas sûr que cela suffise à rassurer les maires auteurs de cette tribune qui pressent “les dirigeants européens” d’adopter “au plus vite un objectif climatique à la hauteur de la crise climatique”. Ils s’associent, en revanche, à l’objectif, porté par le Parlement européen, de réduction de 60% des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030.

S’agissant des plans de relance nationaux et du plan européen, exigent-ils par ailleurs, “pas un euro ne doit être gaspillé dans des projets néfastes à l’environnement ou qui créeraient un risque pour les citoyens”.

À voir également sur Le HuffPost : Parler ou pas arabe en France ? Nabil Wakim raconte la “triple honte” des enfants d’immigrés

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    Sénatoriales: les écologistes retrouvent leur groupe

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 27 September - 18:24 · 1 minute

Les verts retrouvent leur groupe au Sénat (photo d

POLITIQUE - Les Verts retrouvent de la voix au parlement. La sénatrice EELV Esther Benbassa a confirmé que le nombre d’élus écologistes au Sénat sera suffisant pour la formation d’un groupe politique après les élections sénatoriales de ce dimanche 27 septembre.

L’élue de Paris dénombre déjà six candidats écologistes victorieux, lors de ce scrutin qui renouvelle la moitié des sièges du palais du Luxembourg, et espérait également convaincre un élu de Haute-Corse de les rejoindre. Une “excellente nouvelle pour l’écologie”, confie-t-elle à l’AFP, trois ans après la dissolution de l’ancien groupe écolo.

Ces nouveaux parlementaires vont ainsi s’ajouter à un “noyau” de cinq sénateurs déjà en place au palais du Luxembourg: les écologistes Esther Benbassa, Guillaume Gontard, Ronan Dantec, Joël Labbé et Sophie Taillé-Polian de Générations. Le compte est bon puisque le seuil minimum pour se structurer ainsi est fixé à dix élus.

Plus d’informations à venir...

À voir également sur Le HuffPost : Olivier Véran déplore “l’exutoire personnel” de Nicolas Bedos

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    Amazon imagine un label pour ses produits écolo et durables

    news.movim.eu / JournalDuGeek · Thursday, 24 September - 16:42 · 2 minutes

Les différentes certifications du nouveau label « Climate Pledge Friendly » (Crédits : Amazon).

Si Amazon n’est pas vraiment connu pour son implication en matière d’écologie, l’entreprise américaine – qui avait notamment fait parler d’elle il y a quelques années pour sa fâcheuse habitude à jeter certains de ses stocks invendus – semble pourtant prête à faire quelques efforts. En début d’année, Jeff Bezos avait déjà promis la neutralité carbone de son entreprise après la diffusion d’un article signé par plusieurs centaines de ses employés dénonçant l’impact écologique de ce membre des GAFAM. Cette fois, Amazon a annoncé dans un communiqué la création d’un label destiné à aiguiller le consommateur vers des produits écologiques et durables.

Les certifications partenaires du label Climate Pledge Friendly :

  • Compact by Design (label Amazon, design compact)
  • Rainforest Alliance (développement durable)
  • Organic 100 (textile 100% bio)
  • Recycled 100 (matière 100% recyclée)
  • Recycled blended (matière en partie recyclée)
  • RWS (bois issu de forêts durables)
  • Oeko-Tex (textile sans substances nocives)
  • FairTrade (commerce équitable)
  • Bluesign (textile durable)
  • Green Seal (cosmétique écologique et durable)
  • Global Organic Textile Standard (textile bio)
  • Global Recycled Standard (produit au moins en partie recyclé)
  • FSC (bois issu de forêts durables)
  • Epeat (écolabel pour les produits de la tech)
  • Energy star (réduction des gaz à effet de serre)
  • Carbon trust (impact carbone faible)
  • Carbon free (impact carbone neutre ou compensé)
  • Cradle to cradle (produit sûr et réutilisable ou recyclable)
  • Ecologo (produit respectueux de l’environnement)

Baptisé « Climate Pledge Friendly », ce nouveau label concerne plus de 25 000 produits référencés par le géant du e-commerce, allant de l’électronique à la mode en passant par l’épicerie. Un programme que l’entreprise promet indépendant, car s’appuyant sur 19 certifications (dont 18 tierces). Concrètement, chaque produit répondant aux critères d’au moins une de ces certifications aura droit d’afficher le label Climate Pledge Friendly . Un bon moyen d’y voir un peu plus clair pour le consommateur, qui pourra retrouver l’ensemble des objets concernés dans une catégorie à part. Attention : cette certification, aussi intéressante soit-elle, ne sera pas un critère irréfutable d’écoconception. Certains labels, comme Epeat pour les produits technologiques par exemple, sont obtenus par une simple auto-évaluation du constructeur. De son côté, le label Compact by Design appartenant à Amazon signifie simplement que le produit a été pensé pour prendre peu de place. Il s’agira donc de garder l’esprit critique face à nos habitudes de consommation.

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    3 désastres climatiques majeurs en 12 ans: voici l'histoire de Cedar City

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Thursday, 24 September - 13:56 · 13 minutes

La rédactrice se tient près d

ÉTATS-UNIS — Ma maison se trouve à l’entrée du quartier de Cedar Rapids, dans l’Iowa. Elle fait partie du paysage depuis plus de 100 ans. Mon mari et moi n’en sommes que les troisièmes propriétaires, et avant nous, le terrain était occupé par des membres des tribus amérindiennes Sauk et Fox. Cette région nichée au bord de la Cedar River est peuplée depuis des siècles. Mais en 2008, Cedar Rapids s’est soudain retrouvé submergé par les eaux , et cette maison n’y a pas échappé. Le niveau de la rivière a monté de près de dix mètres. La Garde nationale a évacué le quartier en hélicoptères, en pleine nuit. La décrue s’est fait attendre pendant des semaines, tout comme les réparations du système électrique et des canalisations. Des quartiers entiers, anéantis par la tempête, ont ensuite été jugés inhabitables. Les inondations de 2008 sont considérées comme l’une des pires catastrophes naturelles jamais observées aux États-Unis.

Cette maison l’a échappé belle, et les précédents propriétaires ont pu la
restaurer avant de s’y installer à nouveau. Petit à petit, la rue principale toute
proche a été reconstruite. Il aura fallu environ six ans, mais notre ville a fini
par se relever.

On nous a annoncé qu’un mur anti-inondation permanent protègerait un jour la
ville des crues de la Cedar River, et après une décennie de lutte pour obtenir
des fonds fédéraux, un système complet de contrôle des inondations devrait
être opérationnel d’ici 2034.

Centre-ville de Cedar Rapids le 13 juin 2008. La crue a inondé une centaine de pâtés de maisons de la deuxième plus grande ville de l

Avec mon mari, nous avons acheté cette maison en 2015. Nous sommes
tombés sous le charme de ses boiseries d’origine, de sa vaste cour et de ses
grands arbres. Mais en septembre 2016, la maison et la ville de Cedar Rapids
ont de nouveau – presque – été entièrement submergées.

Cette fois, la communauté était davantage préparée à affronter la montée des
eaux. Les troupes sont arrivées plus tôt pour ériger une digue naturelle
d’urgence afin de fortifier les berges de la rivière. Les habitants ont protégé
avec des sacs de sable tous les bâtiments qui avaient été inondés en 2008.
Nous refusions de tout perdre à nouveau. Nous avons passé la nuit entière à empiler des sacs de sable. Nous avons déplacé tous les livres de ma petite librairie de quartier préférée, et en quelques jours, les commerces de Main Street et les caves avaient été vidés. Nous avions trop à perdre.

Nous avons mangé tout ce qui restait dans le réfrigérateur pour nous préparer
à une coupure d’électricité. Nous nous sommes préparés au pire.
Puis le jour est venu. La Garde nationale a de nouveau ordonné d’évacuer la
ville, pour la deuxième fois en moins de dix ans. Des hommes en uniformes
ont installé un camp devant notre porte pour surveiller le périmètre. Si votre
maison se trouvait dans la zone inondable, vous étiez sommés de quitter la
ville.

Nous avons fait nos bagages et nous sommes partis. Je n’oublierai jamais le
coucher de soleil orangé, rose et violet qui nous a accompagnés lorsque nous
avons quitté Cedar Rapids cette nuit-là. Les jours suivants, j’observais chaque matin la montée des eaux diffusée en streaming sur Facebook Live grâce à des caméras placées sur des drones. Je scrutais l’image granuleuse pour avoir un aperçu de l’état de ma maison. La rivière a atteint son deuxième niveau le plus haut jamais enregistré, mais la digue érigée en urgence a permis d’éviter le pire. Les commerces les plus proches de la rive avaient subi des dégâts, mais ma maison et une grande partie du quartier étaient restées au sec. Une semaine plus tard, le courant était rétabli et nous avons pu rentrer chez nous. La communauté commençait lentement à retrouver ses marques.

Appuyé sur un mur anti-inondation, Cory Harrison observe les commerces de Cedar Rapids inondés le 27 septembre 2016. La ville a érigé en urgence un système de barrières Hesco sur plus de 15 kilomètres pour aider à contenir la crue.

Mais pourquoi écrire un article sur des inondations qui se sont produites il y a
quatre ans me direz-vous ? Eh bien, parce que le 10 août dernier, notre ville a
de nouveau été touchée par une catastrophe climatique exceptionnelle, la
troisième en seulement 12 ans. Ce jour-là, nous avons été frappés par une
tempête de catégorie 4, un phénomène météorologique rare connu sous le
nom de « derecho », ou parfois aussi appelé « ouragan terrestre ». Les vents
ont atteint 225 km/h.

Cette fois, il n’y a pas eu d’avertissement. Mon mari était parti se promener à
vélo. Je travaillais dans le bureau, à la maison. En un instant, le ciel s’est
assombri. On se serait cru en pleine nuit. Sur ma droite, j’ai vu le petit chêne
que j’avais planté lors de la première Journée de la terre que nous avions
passée dans cette maison être arraché de terre et s’envoler à l’horizontale
dans les airs, comme une flèche.

J’ai attrapé mon chien et mon chat, et je suis descendue me mettre à l’abri
dans la cave. En haut, la maison était secouée par de violents tremblements.
J’entendais du verre se casser et des portes claquer. Les arbres tombaient les
uns après les autres. J’étais loin d’être certaine que ma maison serait encore
là quand je remonterais à la surface. Je ne savais pas si mon mari avait pu se
mettre à l’abri. J’ai vomi sur ma chemise.

Quand je suis remontée, je n’ai entendu que les sirènes des services d’urgence. Des lignes électriques jonchaient le sol à tous les coins de rue, il y en avait plusieurs dans ma cour. Les gens couraient dans tous les sens. Un énorme embouteillage s’était formé dans ma rue, pourtant si calme d’habitude. Tous les grands arbres avaient été réduits en pièces. J’en ai vu encastrés dans des maisons, des voitures. Chez nous, une fenêtre avait volé en éclats et une porte avait été entièrement arrachée. J’ai tout de suite mis des gants et commencé à ramasser les bouts de verres, sans même changer ma chemise encore souillée. J’ai reçu un message de mon mari. Il était en sécurité. Le matin suivant, nous avons appris qu’un autre cycliste n’était jamais rentré chez lui après la tempête.

J’ai vu des compatriotes de l’Iowa dormir dans des bâtiments qui semblaient avoir été détruits par une bombe, sans savoir comment trouver leur prochain repas.

Notre communauté est toujours sinistrée. Les dégâts s’étendent sur près de
200 kilomètres carrés. Des maisons et des entreprises ont été dévastées.
Trente-quatre écoles ont été touchées, et tous les établissements
communautaires de Cedar Rapids sont fermés jusqu’au 21 septembre. Un
quart de million de personnes ont été privées d’électricité pendant plus d’une
semaine, en pleine pandémie. Quantité de nourriture a pourri dans le réfrigérateur. Certains habitants ne pouvaient même pas brancher leur
appareil à oxygène. Les habitants ont déployé des efforts considérables pour apporter leur aide. Certains traînaient des glacières de porte en porte pour distribuer de la glace, de l’eau et des fruits. Des particuliers ont organisé des banques alimentaires, des cuisines de fortune et des opérations de secours. Mais ça ne suffit pas. Nous comptons trop sur ceux qui ont déjà trop peu, au lieu d’exiger l’aide du gouvernement. Nous sommes l’un des pays les plus riches au monde, mais cette semaine-là, j’ai vu des compatriotes de l’Iowa dormir dans des bâtiments qui semblaient avoir été détruits par une bombe, sans savoir comment trouver leur prochain repas.

Lorsque la convention nationale du Parti démocrate a commencé, je
m’efforçais d’organiser une collecte alimentaire pour 150 de mes voisins qui
ne savaient pas s’ils auraient de quoi manger le lendemain, tout en dormant
dans une tente plantée dans mon jardin, sans électricité ni Internet. Il se passe
beaucoup de choses dans notre pays. Et en temps normal, dans mon
quotidien relativement privilégié, les élections, le démantèlement du service
postal ou le réchauffement climatique responsable de ce chaos sont des
sujets qui m’intéressent.

Mais cette nuit-là, le double fléau de la crise climatique et des mesures
d’austérité a pris un sens bien plus concret. Des gens de mon entourage, mes
voisins, étaient touchés et tout ce qui m’intéressait, c’était de les aider à se
nourrir.

16 août 2020, David Frantz et Pamela Elliott attendent devant un abri aménagé par la Croix- Rouge américaine au Veterans Memorial Building de Cedar Rapids. Leur appartement a été détruit par un phénomène météorologique rare connu sous le nom de « derecho », qui a soufflé le toit de leur immeuble. Pamela setrouvait à l

L’urgence climatique n’est pas une question d’avenir, c’est une question
d’actualité. À chaque catastrophe, je suis persuadée que notre voix sera enfin
entendue, que nos dirigeants nous tendront enfin la main. À chaque
catastrophe, je suis déçue. Les responsables municipaux ont tardé à faire appel à la Garde nationale. Il a fallu six jours au gouverneur Kim Reynolds pour envoyer une déclaration de catastrophe naturelle détaillée, alors qu’elle aurait pu soumettre une requête d’urgence abrégée en attendant de réunir tous les éléments nécessaires à une évaluation préliminaire des dommages. Pendant tout ce temps, les habitants du comté de Linn survivaient sans électricité, parfois même sans un toit au-dessus de leur tête.

Le président Donald Trump a fait une visite éclair de quelques heures à Cedar Rapids, huit jours après la tempête. Il n’a pas quitté l’aéroport municipal de Cedar Rapids. Au départ, le financement accordé par l’État ne s’élevait qu’à 45 millions de dollars, alors que l’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence (FEMA pour Federal Emergency Management Agency en anglais) de l’Iowa demandait 4,99 milliards de dollars (environ 4,22 milliards d’euros) d’aides, un chiffre qui ne tient même pas compte de l’assistance aux personnes délogées ni des dommages subis par les exploitations agricoles.

Le 20 août, le président a finalement approuvé une aide supplémentaire pour le comté de Linn, mais toutes les autres demandes de la FEMA sont encore en cours d’évaluation. Ceci est inacceptable. J’exige que mes élus s’attaquent à la crise climatique avec toute la volonté et la compassion dont font preuve nos bénévoles, nos organisations communautaires, nos associations. J’exige que nos élus s’occupent de la collectivité avec la même énergie que ces gens qui ont transporté des glacières dans les rues, que ces voisins qui ne dorment pas
tant qu’ils ne sont pas certains que ceux qui les entourent ont de quoi dîner.
Si nous nous mobilisons maintenant… peut-être parviendrons-nous à construire une société capable de résister aux tempêtes qui ne manqueront pas de nous frapper.

Si nous nous mobilisons maintenant… peut-être parviendrons-nous à construire une société capable de résister aux tempêtes qui ne manqueront pas de nous frapper.

Nous devons continuer à exiger du gouvernement un véritable soutien aux
communautés frappées par les catastrophes naturelles, mais nous devons
également nous attaquer aux causes profondes de la crise climatique. Nous
devons exiger sans attendre que les politiciens utilisent leurs vastes
ressources et leur influence pour défendre un Green New Deal capable de
sauver la planète et ses habitants. Plus tard, il sera déjà trop tard.
Je ne dis pas que nous ne connaîtrons plus jamais de tempêtes, mais si nous
nous mobilisons maintenant pour dénouer les liens qui unissent urgence
climatique et inégalités économiques, peut-être parviendrons-nous à
construire une société capable de résister aux tempêtes qui ne manqueront
pas de nous frapper.

Notre pays va devoir débourser des milliards, voire des milliers de milliards,
pour se remettre des catastrophes naturelles que nous avons affrontées cette
semaine. Nous devons donc maintenant reconstruire nos communautés de
sorte qu’elles reposent sur des bases plus démocratiques et moins sur
l’exploitation. Nous avons besoin de rebâtir une collectivité solide, capable de
prendre soin de ses habitants en dépit de conditions climatiques extrêmes.
Nos villes ont besoin d’investissements importants en matière d’isolation, de
modernisation des infrastructures publiques et de préparation aux
catastrophes.

Les gens méritent de se sentir protégés et en sécurité – cela fait partie du
contrat social que nous avons établi avec notre gouvernement.
Nous devons également garder à l’esprit que les inégalités économiques et
les mesures d’austérité aggravent les crises que nous traversons. Il est donc
essentiel que notre lutte contre l’urgence climatique et toutes les catastrophes qu’elle engendre s’accompagne d’emplois verts utiles et décemment payés. Nous devons également investir dans nos communautés et nos citoyens. Les gens méritent d’être bien soignés, d’avoir accès à un réseau de transports publics et à une eau courante propre, de respirer un air qui n’est pas pollué et d’avoir un toit au-dessus de la tête.

Nous ne sommes qu’une simple famille parmi le demi-milliard de foyers dumonde entier qui se retrouveront confrontés à cette même question dans lesannées à venir.

Cette tempête et toutes celles qui secouent le monde mettent en péril nos
droits humains les plus fondamentaux. Certains se demandent peut-être pourquoi nous restons ici, dans l’Iowa, malgré les catastrophes qui ne cessent de s’enchaîner dans la région. Je leur répondrais : « Pourquoi choisit-on de vivre quelque part ? ». J’habite dans cette maison de Cedar River parce que c’est celle de mes rêves. Parce qu’elle est là depuis 100 ans. Parce que quelqu’un en a sculpté les boiseries de ses mains. Parce que j’ai encore les vieilles clés de toutes les portes d’origine. Parce que la femme qui vivait ici avant moi y a élevé trois enfants. Parce qu’elle a planté un pommier dans le jardin.

Nous ne sommes qu’une simple famille parmi le demi-milliard de foyers du
monde entier qui se retrouveront confrontés à cette même question dans les
années à venir. Si nous continuons sur notre lancée, d’ici 2050, le sud du
Vietnam, Bangkok, Dubaï, Melbourne, Miami, La Nouvelle-Orléans, Dacca, la
ville de New York, Hong Kong, Rotterdam, Tokyo et Venise – pour ne citer que
quelques exemples – connaîtront des inondations massives et régulières, des
chaleurs extrêmes et des phénomènes climatiques « exceptionnels » qui les
rendront de plus en plus difficilement habitables.

La crise est déjà là. Interrogez les habitants de l’Iowa qui ont perdu leur
maison et qui doivent aujourd’hui dormir dans une tente. Interrogez les Californiens, qui assistent à des feux de forêt dont la fumée est visible
jusqu’au Minnesota. Interrogez les gens qui se sont trouvés sur la trajectoire
de l’ouragan Laura au Texas et en Louisiane. Je ne veux pas avoir à affronter une nouvelle catastrophe climatique dans six ans. Je ne vous le souhaite pas non plus, où que vous viviez, mais nous atteignons le point de rupture. Les années à venir seront déterminantes dans notre combat.

Cet article d’Emily Stochl a été publié à l’origine sur Le HuffPost USA .

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    Aux Invalides, des dizaines d'apiculteurs en colère contre le retour des néonicotinoïdes

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 23 September - 10:17 · 1 minute

AGRICULTURE - “Il a fallu vingt ans pour obtenir cette interdiction” se désole un apiculteur . Ce mercredi 23 septembre au matin, dans l’ombre du tombeau de Napoléon sur la célèbre pelouse des Invalides, ils étaient quelques dizaines à s’être donné rendez-vous pour un “happening”: armés de pancartes, ils ont posé 577 abeilles dessinées, afin d’interpeler les 577 députés appelés le 5 octobre à décider de la réautorisation des néonicotinoïdes en France.

Comme vous pouvez le découvrir dans la vidéo en tête de cet article, plusieurs élus de gauche avaient décidé d’apporter leur soutien à cette manifestation des apiculteurs: Delphine Batho (Génération Écologie), Julien Bayou (EELV) et Manuel Bompard (LFI) montraient là leur opposition à cette mesure dérogatoire passée le 3 septembre en conseil des ministres.

La bataille à l’Assemblée promet d’être houleuse: en plus de l’opposition, le groupe LREM lui-même a fait connaître ses réserves à l’égard du texte qui autorise les agriculteurs à utiliser ces semences enrobées de néonicotinoïdes, bannies en 2018. Les députés de la majorité réclament un encadrement plus strict que celui prévu pour l’instant dans le texte de loi du gouvernement.

À voir également sur Le HuffPost: Les abeilles utilisent des danses complexes pour communiquer entre elles

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    Faire un bébé, c'est bon pour la planète! - BLOG

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Wednesday, 23 September - 08:04 · 3 minutes

Même si, dans l’absolu, le fait de faire un enfant de moins, voire pas d’enfant du tout, peut statistiquement être

PARENTALITÉ - Septembre est traditionnellement le mois le plus fécond de l’année avec un pic des naissances observé le 23 (près de 9 mois après la nuit du Nouvel An!)... même si la baisse des naissances se poursuit en France. Plusieurs facteurs expliquent cette moindre natalité, notamment la volonté de ne pas faire d’enfant pour prendre en compte l’état de la Planète. La crise sanitaire pourrait amplifier ce phénomène (ou au contraire, provoquer un “baby boom” à en croire l’envolée des ventes des tests de grossesse pendant le confinement).

L’argument écologique pour motiver l’annulation d’un projet d’enfant est toutefois loin de faire l’unanimité. Le 8 octobre 2018, la célèbre Agence France Presse avait publié une infographie sur le réseau social Twitter: “quelques moyens pour réduire son empreinte carbone”. Différents gestes du quotidien y étaient classés par niveau: faible impact (changer ses ampoules…), impact modéré (laver son linge à l’eau froide…), impact élevé ( avoir un enfant en moins …). La très sérieuse AFP avait dû se justifier et citer sa tout aussi sérieuse source face au tollé, une étude de 2017 parue dans “ Environmental Research Letters ”.

Même si, dans l’absolu, le fait de faire un enfant de moins, voire pas d’enfant du tout, peut statistiquement être “bon pour la planète”, le message est inaudible par une très grande majorité d’entre nous. Il y a bien sûr des femmes et des hommes qui renoncent à la parentalité par motivation écologique, c’est un choix très personnel. Mais il n’en demeure pas moins que procréer reste inhérent à la vie, une action créatrice au sens le plus strict du terme, un ressort génétique attaché au vivant qui n’a de cesse de vouloir perpétuer son espèce, nous n’y échappons pas. Chaque année en France, près de 750.000 naissances ont lieu avec, bien souvent, leur lot de joies, de doutes, d’angoisses, mais aussi et surtout d’amour inconditionnel, celui qui peut tout changer.

Une naissance peut en cacher une autre

La parentalité est une transition bouleversante, parfois le défi de trop quand la vie ne fait pas de cadeau, le reste du temps un big bang après lequel rien ne sera plus comme avant. Cette transition peut en appeler une autre, écologique, motivée par un futur qui nous intéresse désormais, au-delà de notre propre existence. Le 3 e trimestre de grossesse ouvre sans aucun doute une période “sensible” ou “fertile” vers le changement. Que va-t-il manger, respirer, boire, voir et vivre tout au long de sa vie? Dans quel monde vivra-t-il et en quoi y aurai-je contribué?

C’est avec son lot de questions aussi pratiques qu’existentielles que de nombreux jeunes (et moins jeunes) parents voient dans la transition écologique des solutions pour agir à son échelle, changer le monde, changer de monde, pour un quotidien plus viable et durable dans lequel vivra notre enfant dont nous sommes désormais responsables.

Une transition peut en soutenir une autre

Il ne faut pas être idéalistes, dans certaines situations, la parentalité est déjà un défi immense à relever, c’est bien assez. Mais il se peut aussi que cette transition (devenir parents) soutienne la transition écologique et vice-versa. Sur le fond d’abord, il s’agit bien de vivre de manière plus sobre, plus saine, et sur la forme également, c’est comme un muscle le changement!

Accueillir bébé et l’accompagner dans le monde actuel peut être anxiogène, à juste titre. Les alternatives écologiques sont alors autant de bouffées d’air pour aborder l’avenir plus sereinement, en (re) prenant le contrôle de nos quotidiens: hygiène, équipement, alimentation, habillement…

Par amour, par nature, et, plus que jamais, par nécessité, bébé peut être moteur du changement. Repenser aujourd’hui, sans préempter demain, c’est l’idée fondatrice de la transition écologique, et un bébé peut tout changer!

Valère Corréard & Mathilde Golla - Un bébé pour tout changer - Ed. Marabout

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