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    Benoît Thieulin : « Les plates-formes numériques se pensent comme de nouveaux Etats »

    Laurent Espitallier – Saturday, 6 April, 2019 - 14:02 edit

Prenons un exemple : Waze [application de navigation appartenant à Google, NDLR] décide d’orienter un flux autoroutier de camions sur une route départementale qui traverse un village. Cette route risque alors de se détériorer bien plus rapidement, les accidents et la pollution vont s’accroître dans ce périmètre. L’infrastructure matérielle qu’est la route est donc touchée par une infrastructure immatérielle qu’est l’application. Si l’Etat n’est pas capable de parler à la plate-forme et de maîtriser les flux, quel contrôle a-t-il de sa politique d’aménagement du territoire ? En grossissant le trait, il va être forcé de construire une nouvelle route à cause du choix de Waze.


Ainsi dans le monde numérique interviennent parfois des changements de services qui sont absolument systémiques et qui se préoccupent assez peu des écosystèmes qui en dépendent. Twitter a changé plusieurs fois son interface de programmation (API), ce qui a détruit des entreprises entières.


J’utilise souvent la comparaison avec un fournisseur d’électricité. Imaginons que du jour au lendemain EDF, au lieu de fournir du 200 V, déverse dans le réseau du 350 V. Tout un tas de machines appartenant à des entreprises et des particuliers risquent d’être endommagées. Or, EDF ne peut pas faire ça, il a un cahier des charges, des procédures… Une place particulière implique une responsabilité particulière. Les plates-formes ne peuvent pas, par négligence ou malice économique, ne pas se préoccuper du pouvoir qu’elles ont sur leur écosystème et sur les entreprises qui dépendent d’elles.


Les fondamentaux de l’économie numérique ne sont pas durables. Du point de vue écologique, tout est à verdir, du hardware (matériel informatique) au software (logiciel). Les machines sont frappées d’obsolescence programmée, les métaux rares qui les composent sont polluants et peu recyclés, et notre usage est anti-écologique. Toute la chaîne est à revoir.


Côté social, certaines plates-formes passent par des canaux de systèmes juridiques particuliers, les travailleurs ubérisés ne sont pas réellement des indépendants. Quand la plate-forme décide de baisser la commission qui leur revient, ils n’ont pas réellement le choix. D’autant plus que ces opérateurs tendent à être monopolistiques, donc il n’y a pas de réel concurrent.


Du point de vue fiscal, ce n’est pas tenable. Les géants du numérique paient un impôt ridicule en Europe. C’est d’autant plus indéfendable que pour continuer à consommer leurs services, il faut être éduqué, en bonne santé et avoir du temps libre. Pour cela, des impôts sont nécessaires.


Nous disposons en effet de technologies prometteuses qui peuvent être un levier pour décentraliser le Web, comme la blockchain [technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, fonctionnant sans organe central de contrôle, NDLR]. Cette dernière peut créer de la confiance de façon horizontale sans tiers certificateur, donc sans plate-forme. La blockchain va pouvoir garantir des fiabilités d’échanges, en reprenant ainsi l’esprit premier du Web mais en y ajoutant la sécurisation. Nous proposons que L’Europe fasse ces choix technologiques.

#numérique #gouvernance #gafam #souveraineté #europe #étatsunis #économie #politique #web

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    Il n'est pas déraisonnable d'avoir peur de #facebook #GAFAM https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/02/06/il-n-est-pas-deraisonnable-d-avoir-peur-de-facebook_5420212_4401467.html​

    Laurent Espitallier – Thursday, 7 February, 2019 - 19:30 edit


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    **Dans une célèbre conférence donnée en 1959, le romancier et chimiste C.P. Snow a parlé de la séparation entre les sciences dures et les humanités, et du manque de respect et de dialogue qui existe souvent entre ces deux champs. Il a souligné en quoi cela pouvait nuire à l'avenir d'un pays dans la mesure où de nombreuses innovations résultent de l'interaction entre ces deux cultures.** **Snow en attribuait en grande partie la faute à ce qu'il appelait « notre croyance fanatique dans la spécialisation des cursus de formation » et dans cette obsession de « créer de petites élites autour de compétences pointues ». Malheureusement, peu de choses semblent avoir changé.**

    **Dans une célèbre conférence donnée en 1959, le romancier et chimiste C.P. Snow a parlé de la séparation entre les sciences dures et les humanités, et du manque de respect et de dialogue qui existe souvent entre ces deux champs. Il a souligné en quoi cela pouvait nuire à l'avenir d'un pays dans la mesure où de nombreuses innovations résultent de l'interaction entre ces deux cultures.** **Snow en attribuait en grande partie la faute à ce qu'il appelait « notre croyance fanatique dans la spécialisation des cursus de formation » et dans cette obsession de « créer de petites élites autour de compétences pointues ». Malheureusement, peu de choses semblent avoir changé.**

    people docteur_science 7 February, 2019

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    A propos des recommandations

    Thibaut Brix – Thursday, 15 November, 2018 - 15:29 edit

Lu sur le blog de Linuxine :

"Le GROS moins pour moi est que Netflix n’est pas un catalogue de contenus, mais un moteur de recommandation. En gros, on est pas sensé regarder ce qu’on veut, mais ce que Netflix pense qu’on doit regarder. Ainsi, si on cherche un titre de film, là ou Prime Video nous dira honnêtement que rien n’est disponible, Netflix nous balancera une tonne de “titres associés à la recherche : xxx”. En mode “non mais en fait tu es sur que tu voulais regarder ça ?”. Je trouve ça tout bonnement horripilant !"

On y reviens toujours : les recommandations, d'Amazon à Google ; il faut toujours qu'un algorithme nous profile pour nous mettre dans des cases. Mais ce sont des cases déformées, et le pseudo-profil n'est rien d'autre qu'une vision déformée de notre personnalité. Un algorithme n'a aucun second degré, aucun recul, aucune expérience de sensibilité humaine...

Ne vous laissez pas profiler, ou alors par des humains : allez dans des bibliothèques, des librairies, sur des forums, dans le Fediverse, sur Movim, demandez des conseils, partagez, mais ne laissez pas des ogres vous dire ce que vous devez être !

#gafam #natu #netfix #vieprivée