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    Hitchings et Elion, une nouvelle conception des médicaments -Héros du progrès (33)

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Sunday, 6 September - 03:35 · 8 minutes

Hitchings et Elion

Par Alexander Hammond.
Un article de HumanProgress

Voici le trente-troisième épisode d’une série d’articles intitulée « Les Héros du progrès ». Cette rubrique est une courte présentation des héros qui ont apporté une contribution extraordinaire au bien-être de l’humanité.

Nos héros de la semaine sont George Hitchings et Gertrude Elion, les deux scientifiques américains qui ont initié le développement de la conception rationnelle des médicaments.

Jusqu’alors, la méthode classique employée pour les découvrir reposait sur une approche essai-erreur afin de déterminer l’efficacité des différents traitements.

À rebours de ce qui était communément admis, la nouvelle méthode de Hitchings et Elion s’est attachée à étudier les différences entre les cellules humaines et les cellules pathogènes responsables de maladies. À la lumière de ces découvertes, la méthode a permis de développer des médicaments spécifiquement conçus pour s’attaquer aux agents pathogènes dangereux.

La technique de conception rationnelle de Hitchings et Elion a transformé la façon dont les nouveaux médicaments sont créés et a conduit à des nouveaux remèdes pour lutter contre la leucémie, la malaria, la goutte, les rejets d’organes transplantés et la polyarthrite rhumatoïde, pour n’en citer que quelques-uns.

George Hitchings est né le 18 avril 1905 à Hoquiam, dans l’État de Washington. Il n’a que 12 ans, lorsque son père meurt des suites d’une longue maladie ; il indiquera par la suite que ce décès l’a incité à poursuivre une carrière médicale.

Diplômé du lycée Franklin de Seattle en 1923, il s’inscrit la même année à l’université de Washington pour étudier la chimie. Il y obtient son diplôme avec mention en 1927 puis sa maîtrise en 1928. Il part ensuite s’installer à l’université de Harvard comme chargé d’enseignement et reçoit son doctorat de biochimie en 1933.

Au cours de la décennie suivante, il occupe plusieurs postes temporaires dans différentes institutions. Comme il l’a admis par la suite, sa carrière a réellement démarré en 1942 quand il rejoint les Wellcome Research Laboratories (aujourd’hui partie de GlaxoSmithKline) en tant que chef du service de biochimie.

Deux ans plus tard, il cherche à embaucher un assistant de recherches et c’est ici que Gertrude Elion fait son entrée dans notre récit.

Gertrude Elion est née le 23 janvier 1918 à New York. Élève brillante, elle obtient son diplôme de fin d’études secondaires à seulement 15 ans. Elle s’inscrit au Hunter College grâce à une bourse d’études complète.

Elle a 15 ans, lorsque son grand-père décède d’un cancer. Tout comme pour Hitchings, c’est la mort d’un être cher qui l’a amenée à se dévouer toute sa vie durant pour la médecine.

Après avoir été diplômée en chimie au Hunter College en 1937, elle se heurte à ce qu’elle a appelé un « mur de briques », une exclusion. La crise de 1929 a rendu difficile d’obtenir un travail, et plus encore pour les femmes qui en cherchaient un dans le domaine scientifique.

Elle se rend compte que pendant les années 1930, peu d’employeurs la prenaient au sérieux. Lors d’entretiens d’embauche à des postes pour lesquels elle était qualifiée, ses interlocuteurs disaient souvent qu’elle serait une « distraction » dans un labo rempli d’hommes.

Après avoir été rejetée par de nombreux employeurs et programmes d’études supérieures, elle accepte un poste non rémunéré d’assistante de laboratoire auprès d’un chimiste. En 1939, elle s’inscrit à un programme de maîtrise de chimie à l’université de New York. Pendant ces études, elle travaille comme professeur de lycée et obtient sa maîtrise universitaire ès sciences en 1941.

Au début des années 1940, beaucoup d’hommes étant sous les drapeaux, de nouvelles opportunités apparaissent pour les femmes dans le domaine scientifique. Elle obtient un emploi de chimiste analyste dans une entreprise alimentaire, et finit par s’ennuiyer dans son travail. À la suite d’un passage de six mois dans un laboratoire dirigé par Johnson et Johnson, elle est embauchée par Hitchings comme assistante de recherche en 1944.

Hitchings était convaincue qu’il devait y avoir une façon plus rationnelle de concevoir des médicaments que par la méthode classique de tâtonnements. Le duo développe une méthode qui s’efforce de déterminer les différences biochimiques et métaboliques entre des cellules humaines et les agents pathogènes à l’origine des maladies.

Hitchings et Elion ont pu ensuite développer des composés chimiques spécifiques capables de tuer ou d’inhiber la reproduction des agents pathogènes sans que cela soit nocif pour les cellules humaines saines.

Grâce à leur méthode, ils ont réussi à concevoir des médicaments traitant différentes pathologies telles que la leucémie, la goutte, la malaria, la méningite et l’herpès viral. Partout dans le monde, des chercheurs ont copié leur approche de la conception des médicaments, créant en quelques années des traitements anti-viraux de l’herpès labial, de la varicelle et du zona. Et ils ont enfin développé l’azidothymidine (AZT) — le premier médicament disponible contre le HIV/SIDA.

Plus tard, Elion écrira : «  Quand on a commencé à voir le résultat de nos efforts sous forme de nouveaux remèdes qui correspondaient à de vrais besoins médicaux et bénéficiaient aux patients de façon tangible, nous avons ressenti de manière incommensurable que nous étions récompensés » .

Par la suite, Elion enseignera à l’université de Duke et à l’Université de Caroline du Nord, à Chapel Hill. En 1967, quand Hitchings deviendra vice-président en charge de la recherche à Burroughs-Wellcome, elle lui succèdera à son précédent poste.

En 1976, Hitchings est nommé chercheur émérite à Burroughs-Wellcome. Il a aussi été professeur adjoint à l’université de Duke de 1970 à 1985. Elion a officiellement pris sa retraite en 1983, mais tout comme Hitchings, elle a continué à travailler au laboratoire à temps partiel en tant que chercheur émérite.

Tout au long de leur vie, Hitchings et Elion ont reçu des dizaines de récompenses et de distinctions. Plus particulièrement, ils ont reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1988, prix qu’ils ont partagé avec Sir James Black, un pharmacologue écossais. En 1974, Hitchings devient membre de la medicinal Chemistry Hall of Fame et membre étranger de la Royal Society.

En 1991, Elion reçoit la National Medal of Science des mains du Président George H. W. Bush. La même année, elle devient la première femme intronisée au National Inventors Hall of Fame pour ses travaux déterminants dans le développement d’un médicament, la 6-mercaptopurine, qui a offert un nouvel espoir dans la lutte contre la leucémie.

Comme Hitchings, elle est aussi devenue membre étranger de la Royal Society en 1995. Bien qu’elle n’ait jamais eu de doctorat officiel, l’université polytechnique de New York et celle de Harvard lui en ont décerné un prix honorifique, respectivement en 1989 et 1998.

Hitchings meurt à 92 ans en 1998. Elion le suit l’année suivante à 81 ans.

Les travaux de Elion et Hitchings ont fondamentalement transformé la méthode classique « essai-erreur » de création de médicaments. Leur approche rationnelle a servi à créer des dizaines de traitements pour toute une série de maladies mortelles. Elle a déjà sauvé ou prolongé des millions de vies — un nombre qui ne fera qu’augmenter à mesure que de nouveaux médicaments seront développés.

Pour cette raison, Hitchings et Elion sont nos trente-troisièmes héros du progrès.

Les Héros du progrès, c’est aussi :

Traduction pour Contrepoints par Joel Sagnes de Heroes of Progress, Pt. 33: Hitchings and Elion

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    Micro-local community farm

    François Brutsch · Thursday, 20 August - 15:13 edit

In my city neighbourhood in the heart of London UK, we have a few "guerilla gardens": the ground around trees lining the street transformed by inhabitants growing wonderful flowers. But this an altogether different level!

#innovation

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    L’IA ne remplacera pas la prise de décision humaine

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Wednesday, 29 July - 03:00 · 3 minutes

IA

Par Michel Kelly-Gagnon et Alexandre Massaux 1 .

Les progrès en matière d’IA (Intelligence Artificielle) font naitre beaucoup de rêves et de craintes. On entend de plus en plus des discours promouvant l’idée que l’IA va pouvoir scientifiser les activités humaines et les sciences sociales.

Qu’il s’agisse de remplacer les juges par une IA qui serait chargée de dire le droit et de rendre la justice ou de l’idée que la science économique pourrait juste être calculée et analysée par des ordinateurs, les idées sur l’utilisation de l’Intelligence Artificielle ne manquent pas.

Si nous pouvons nous réjouir que l’IA, en tant qu’innovation, soit bien accueillie, il faut toutefois garder raison et prendre conscience de certaines limites : l’IA ne peut pas remplacer l’esprit humain, ou en tout cas pas pour l’avenir prévisible.

Et si ce jour arrive il faudra faire preuve de vigilance extrême.

L’intelligence artificielle ne peut pas remplacer l’esprit et le cerveau humain

Comme son nom l’indique, l’IA reste artificielle et est moins perfectionnée qu’un encéphale humain. Si elle arrive à copier et à apprendre la logique humaine, elle ne parvient pas à produire la même complexité que cent milliards de neurones connectés entre eux par le million de milliards de synapses du cerveau humain .

De plus, toute décision humaine n’est pas forcement logique. Une partie repose sur des éléments inconscients. Il convient de rappeler que Vilfredo Pareto met en avant dans son Traité de sociologie générale en 1917 que les actions humaines peuvent être « logiques » mais aussi « non-logiques ».

À cet effet, les émotions jouent un rôle majeur dans la prise de décision humaine et ne sont pas compatibles avec les processus des IA . Si une IA peut imiter des émotions, elle ne pourra pas les utiliser pour une prise de décision comme les humains .

Dès lors, concevoir l’IA comme un outil capable de remplacer l’action humaine ou la diriger parait contreproductif. L’idée d’utiliser les machines pour transformer les sciences sociales comme l’économie en de simples algorithmes ne prend pas en compte la réalité de l’activité humaine basée sur l’individu.

Comme le rappelle Ludwig von Mises dans Human Action : « toutes les actions sont effectuées par des individus. Un collectif fonctionne toujours par l’intermédiaire d’un ou de plusieurs individus dont les actions sont liées au collectif en tant que source secondaire. » Dès lors, vouloir réduire les calculs économiques à des algorithmes est impossible du fait qu’ils sont le produit des volontés individuelles de l’ensemble des personnes.

Plus généralement, Friedrich Hayek met en garde contre une planification scientifique dans La route de la servitude : « L’intolérance de la raison, fréquente chez le spécialiste, l’impatience caractéristique de l’expert envers les comportements et les actes du non-initié, le mépris souverain pour tout ce qui n’est pas organisé d’après des schémas scientifiques par des esprits supérieurs » a été une des causes de la montée du totalitarisme en Allemagne.

Vouloir confier à une IA qui sera programmée ou éduquée pour être spécialiste dans son domaine aura des effets néfastes sur la liberté et privera la prise de décision de son humanité.

L’IA sera une aide mais l’humanité doit garder le dernier mot

L’IA peut être une aide précieuse pour la prise de décision mais ne peut pas remplacer la décision finale humaine. Le cas des drones militaires illustre par ailleurs bien le problème : d’un point de vue légal, ceux-ci ne peuvent pas faire feu sans l’autorisation d’un humain.

En matière d’économie qui affecte la vie de tous les individus, l’utilisation de l’IA et des algorithmes doit suivre le même raisonnement. Les machines ne peuvent pas remplacer le développement des théories en matière de science sociales car elles sont l’étude de l’action de l’humanité, ce que n’est pas une machine.

  1. Respectivement PDG et chercheur associé à l’Institut économique de Montréal (iedm.org)
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    Nos sociétés doivent retrouver le goût de la prise de risque

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Thursday, 16 July - 03:15 · 4 minutes

risque

Par Gaël Campan et Alexandre Massaux 1 .

La crise du Covid-19 et la stratégie du confinement adoptée pour lutter contre le virus en dit beaucoup sur nos sociétés. Afin d’empêcher la progression d’une pandémie, la population a été forcée à l’immobilisme et assignée à résidence pour limiter le risque de contagion. Ce dernier point est devenu un enjeu majeur.

L’aversion au risque, la recherche d’une société idéale où le danger n’existerait plus et où la sécurité serait totale sont les nouvelles tendances dominantes. La mort semble être devenue un phénomène de plus en plus inacceptable comme le démontre le décompte anxiogène des victimes du Covid. Pour autant, cette recherche d’une trop grande sécurité n’est pas souhaitable et est même contreproductive.

Le confinement comme apogée d’un monde sécuritaire

Le confinement avait été défendu au début comme une stratégie visant à éviter une surcharge du milieu hospitalier et un effondrement de celui-ci. Mais peu à peu cette rhétorique a été remplacée par une autre plus sécuritaire.

Les mesures de confinements sont devenues un réflexe dès que le nombre de cas remonte et ce même si la capacité hospitalière n’est pas débordée. Comme le montre les exemples de Lisbonne ou de Melbourne , le confinement, bien que plus localisé, est toujours une stratégie jugée acceptable par les dirigeants.

À cet aspect sécuritaire s’est ajouté un discours de rejet vis-à-vis du monde d’avant la crise qui démontre une instrumentalisation de celle-ci à des fins purement politiques.

On se souvient par exemple, de la tribune signée par un certain nombre d’artistes qui ne voulaient pas un retour à la normale. En cela, le confinement s’inscrit dans une approche constructiviste voulue par certains pour assurer un monde meilleur et plus sûr.

La recherche impossible et contreproductive du risque zéro

La sécurité absolue n’existe pas car le risque zéro est un impossible à atteindre en pratique. Au Canada, plusieurs anciens et actuels dirigeants, du secteur de la santé publique, de différents systèmes de santé et du domaine universitaire ont conscience de cette réalité et ont soumis aux gouvernants des provinces et de l’État fédéral une lettre ouverte.

Cette dernière appelle à « cesser de penser à tenter d’éradiquer cette maladie, ce qui est irréaliste et mènera à la dévastation continue de notre société, et nous fixer un nouvel objectif. »

Ces responsables mettent aussi l’accent sur le fait qu’une approche trop sécuritaire en matière de lutte contre la Covid-19 a « des conséquences disproportionnées sur les groupes à plus faible revenu, les personnes de race noire et autres groupes racialisés, les immigrants récemment arrivés au Canada, les populations autochtones et d’autres populations. »

De plus, précisent-ils « ces mesures risquent en outre de causer d’importants préjudices à nos enfants ». Ainsi la volonté de vouloir éviter tout risque sanitaire lié au Covid-19 a conduit à développer d’autres risques sociétaux et sanitaires qui seront à moyen et long terme plus problématiques.

Si la tribune de ces responsables vise avant tout le Canada, le raisonnement est applicable au reste du monde qui a réagi à quelques variations près de la même manière.

Le monde progresse avec la prise de risque

Refuser la prise de risque revient à condamner nos sociétés au mieux à l’immobilisme au pire à leur affaiblissement. À la fin du Moyen-Age, le continent européen était ravagé par les épidémies et les guerres. Mais les grandes expéditions d’explorateurs décidant d’aller vers l’inconnu ont permis à l’Europe de connaitre un âge d’or et un développement majeur.

L’innovation est souvent le produit d’une prise de risque qui peut se terminer par un échec cuisant mais aussi comme une grande avancée.

Plutôt que de vouloir supprimer la notion de risque au nom de la sécurité, il conviendrait plutôt d’encourager la témérité d’entreprise et l’action, une prise de risque mesurée. Le hasard et la chance sont des phénomènes naturels irréductibles. Il est utopique de vouloir les supprimer. Il conviendrait plutôt de tirer avantage de l’inconnu et des incertitudes qui nous entourent pour les transformer en opportunité de progrès.

  1. Gaël Campan et Alexandre Massaux sont  respectivement économiste senior et chercheur à l’Institut économique de Montréal
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    A quoi peut servir cet étrange simulateur alimentaire ?

    news.movim.eu / JournalDuGeek · Friday, 29 May - 15:08 · 3 minutes

Envie de grignoter ? Le Norimaki Synthesizer peut vous donner l’impression de manger un gâteau sans ingérer une seule calorie. Homei Miyashita, un chercheur japonais de l’université Meiji a en effet dévoilé un appareil capable de simuler différentes combinaisons de saveurs . Un appareil qui nous a tout de suite intrigué. Comment l’appareil parvient-il à ce résultat ? A quoi peut-il servir ? Est-ce qu’il fonctionne bien ? Son créateur et quelques professionnels du secteur alimentaire nous ont aidé à y voir plus clair.

1/ Comment ça marche ?

L’appareil mis au point par Homei Miyashita renferme cinq tubes de gel contenant chacun un électrolyte qui génère une des cinq saveurs de base : glycine pour le sucré, chlorure de sodium pour le salé, acide citrique pour l’acide, chlorure de magnésium pour l’amer, glutamate de sodium pour l’umami. Une fois le tube posé sur la langue, différents voltages sont appliqués à ces gels ce qui entraîne le déplacement des ions qu’ils contiennent. Selon le voltage, plus ou moins d’ions seront ainsi présents à l’extrémité qui touche la langue ce qui permet de faire varier les saveurs ressenties.

2/ Cela pourrait apaiser une fringale ?

Si l’envie d’une douceur vous prenait entre deux repas, le Norimaki Synthesizer ferait sans doute, sur le coup, son petit effet. Pas sûr toutefois que ce soit une bonne idée de l’utiliser à cette fin. Comme nous l’explique en effet Béatrice de Reynal, nutritionniste : “ Plus on stimule les bourgeons de la langue avec une saveur sucrée, plus on s’y habitue. Et plus on s’y habitue, plus on aura envie d’en consommer en quantité . Quand on cherche à réduire sa consommation de sucre ou de sel, la stratégie à adopter repose en général plutôt sur le fait de s’en déshabituer.

3/ OK, à quoi ça sert alors ?

Le Norimaki Synthesizer est sans doute très amusant à tester. Mais au quotidien, concrètement, à quoi pourrait-il nous servir ? “ Beaucoup de gens publient sur les réseaux des photos des plats qu’ils mangent et les commentent mais je pense qu’il sera possible à l’avenir de directement coder la saveur d’un plat et partager ces données pour que nos interlocuteurs puissent virtuellement le goûter ”, nous confie le chercheur Homei Miyashita. Les instagrameurs branchés food apprécieront. Les restaurateurs aussi peut-être : ils pourraient offrir à leur clients de “tester” un plat avant de le commander . “ Le plaisir de manger ne repose cependant pas que sur la saveur du plat. Les textures, l’odeur et l’aspect entrent également en jeu” , nous rappelle Xavier Boidevézi, secrétaire national du réseau FoodTech. Ne rêvons pas donc, l’expérience proposée par le Norimaki Synthesizer ne sera sans doute pas tout à fait aussi plaisante que celle offerte par une assiette bien travaillée. “ S’il fonctionne, un appareil de ce type pourrait certainement intéresser l’industrie alimentaire , analyse cependant Jérémie Prouteau, associé fondateur du Digital Food Lab. Il est souvent long et complexe de recueillir les avis des consommateurs sur un produit. Avec ça, les fabricants pourraient facilement identifier quelles combinaisons de saveurs ont le plus de succès”.

4/ Pourra t-on bientôt l’acheter ?

Il va sans doute falloir patienter un bon bout de temps. L’appareil mis au point par Homei Miyashita n’est qu’ au stade de prototype . Plusieurs éléments doivent être peaufinés avant de pouvoir envisager une utilisation grand public. Le chercheur souligne d’ailleurs lui-même dans son étude : “ A cause du large diamètre des tubes, on a parfois l’impression d’avoir des saveurs différentes selon les zones de la bouche. En réduisant le diamètre des tubes et en utilisant plus d’un tube par saveur, on devrait cependant pouvoir stopper ces variations ”. Le chercheur nous a par ailleurs confirmé que la durée de vie des gels était réduite : “ il ne faut pas les utiliser pendant plus de quelques jours et je pense même qu’il vaut mieux les remplacer après une heure d’utilisation ”. Il faudra donc que ces problèmes techniques soient résolus avant de pouvoir espérer voir débarquer une version commerciale.

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    Coronavirus: des coffres de toit pour transporter des patients sans risque

    news.movim.eu / HuffingtonPost · Sunday, 19 April - 13:40 · 1 minute

CORONAVIRUS - Jamais à court d’idées. L’innovation s’appelle la “Mobicapsule”, et à en croire le Dauphiné Libéré, elle plaît déjà beaucoup aux ambulanciers amenés à déplacer des patients contaminés par le nouveau coronavirus.

Dans ces cas de figure, les professionnels du transport de santé doivent faire extrêmement attention, afin de ne pas s’exposer eux-mêmes au virus. Pour leur faciliter la tâche, détaille le quotidien régional, une équipe de Haute-Savoie - composée d’un médecin urgentiste, d’un consultant suisse et d’ingénieurs et mécaniciens de l’entreprise Somfy - a eu l’idée d’une “capsule”, réalisée à partir d’un coffre de toit. Isolante, celle-ci est notamment dotée d’un hublot et de trous pour faire passer l’air.

Habituellement utilisé pour transporter outils et affaires lors de départs en vacances, le coffre-toit customisé “répond à pas mal d’exigences”, selon ses créateurs. “Celui de pouvoir isoler le patient de manière efficace, il a la rigidité, il est très léger et il est dans les dimensions qui permettent de transporter dans les hélicoptères ou les ambulances classiques”.

L’innovation intitulée “mobicapsule” doit encore être homologuée. En attendant, une cagnotte Leetchi a été lancée et les plans seront librement disponibles sur internet prochainement.

À voir également sur Le HuffPost: En Chine, on rappelle aux étudiants de garder leurs distances grâce au mobilier

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    Le confinement est-il vraiment efficace ?

    ancapism.marevalo.net / Contrepoints · Friday, 3 April - 03:40 · 8 minutes

confinement

Par Rémy Poix.

Les mesures de confinement prises par le gouvernement aggravent en grande partie la situation. Une analyse dynamique de celle-ci montre que ce confinement est contre-productif.

Il nous faut regarder cette crise sous un autre angle : celui de l’équilibre à maintenir entre, d’une part le développement de l’épidémie, mais également d’autre part celui de nos capacités matérielles, humaines et techniques nous permettant d’y répondre.

Confinement : restez chez vous !

Certes, notre système de santé a été mal préparé et n’est pas à la hauteur dans la situation actuelle. Certes, un certain nombre de mesures qui auraient dû être prises bien avant ne l’ont pas été .

Mais ce n’est pas mon point. Mon point concerne justement le confinement lui-même, et ce à partir du moment où nous avons su que notre système de santé allait être dépassé, à partir du moment où nous avons adopté la stratégie « d’aplatir la courbe » afin d’éviter de surcharger les hôpitaux.

« Restez chez vous ! ». Oui, mais certains doivent sortir. Ne serait-ce que les médecins et urgentistes. Certains doivent continuer à aller travailler, d’autres doivent aller faire leurs courses, sortir leur chien, etc.

Alors, qui peut sortir ou non ? Et pour quoi ? Qui peut continuer à travailler ou pas ? Quel patron peut légitimement demander à ses salariés de rester au travail, et quels métiers, quels commerces doivent fermer leurs portes ?

Lorsqu’on écoute les virologues les plus alarmistes, à peu près tout et n’importe quoi nous semble extrêmement risqué, dès lors que nous dépassons le stade du confinement total à domicile, en autarcie complète. Encore un tout petit peu plus et les médecins aussi se retrouveraient assignés à domicile. Impossible, bien évidemment.

Heureusement, nous ne sommes pas en quarantaine, mais en « simple » confinement. Ce confinement est supposé plus simplement nous faire gagner du temps, afin de permettre aux hôpitaux de réguler le flux de malades. Tout cela nous a été très bien expliqué. Mais gagnons-nous réellement du temps, avec une telle stratégie ?

L’offre et la demande en temps de confinement

Ralentir l’épidémie par le confinement revient à tenter de limiter le nombre de malades arrivant au même moment à l’hôpital. Concrètement, cela revient à agir sur la demande (les besoins en soins médicaux), en tentant de la diminuer, afin d’être en capacité d’y répondre avec les moyens du bord.

Les moyens du bord, voilà bien le terme adéquat : il s’agit d’utiliser ce qui est disponible aujourd’hui, les lits en réanimation, les ventilateurs, les médecins et urgentistes, les stocks de masques, les ambulances, etc.

Seulement, nous ne sommes pas sur un bateau. Fort heureusement, d’ailleurs. Alors, plutôt que de nous contenter de considérer les choses de manière statique, en regardant uniquement nos moyens actuels et nos stocks, si nous les regardions plutôt de manière dynamique ?

Pour l’instant, le confinement se concentre sur la réduction de la demande. Soit dit en passant, il ne semble pas qu’il y parvienne vraiment, vu la croissance exponentielle du nombre de morts ces derniers jours, mais passons.

Il existe en réalité une autre stratégie que nous pouvons emprunter : accroître l’offre. Car si le stock est effectivement limité à un moment t particulier, en revanche il l’est moins en termes de disponibilité future, si on décide d’augmenter les moyens, d’accroître la production ; si on embauche, si on construit, si on réoriente les productions, etc.

Réactions en chaîne

Seulement voilà, dans notre société de marché interconnectée, où chaque acteur économique est le tout petit maillon d’une chaîne immense et complexe, rompre l’un de ces maillons fait courir un risque de déstabilisation de l’ensemble de la chaîne.

C’est ainsi par exemple qu’après avoir agi pour augmenter considérablement la production de masques, on s’aperçoit cinq jours après, une fois que les stocks sont enfin au rendez-vous, qu’on ne peut pas les livrer car l’usine de fabrication des emballages – considérée comme une activité mineure donc inutile – a été fermée. Or, sans emballages les masques seraient livrés avec le risque d’être déjà contaminés. Impossible, donc.

Et voilà qu’il nous faut alors rappeler tous les salariés de l’entreprise d’emballages qui ont été mis au chômage technique, relancer les machines, produire, pour enfin pouvoir effectuer la livraison. Comptez à nouveau cinq jours précieux de perdus, simplement pour ralentir « mathématiquement » les interactions, en mettant le plus possible de personnes au chômage et à domicile – celles qui « ne servent à rien ». Grave erreur, ou mauvais calcul : pas de masques à livrer, c’est autant de personnes qui, sans masques à disposition, vont en contaminer d’autres, ou être contaminées.

La société de marché a besoin d’une grande quantité d’acteurs interconnectés ; se priver de certains, c’est se priver tôt ou tard de tous. Même sans la fermeture par décret d’une entreprise ou d’une autre, certaines peuvent avoir fermé leurs portes par manque de commandes, car les établissements qui constituent leurs clientèles ont été fermés.

Pour prendre un autre exemple que celui des masques, le BTP n’a pas été complètement mis à l’arrêt, mais grosso modo, seules les commandes d’urgence pour les réparations essentielles ont été maintenues : fuites d’eau ou de gaz, interventions dans les magasins encore ouverts afin d’y adapter les infrastructures de manière à protéger les salariés, etc.

Or, le besoin se fait sentir de construire des hôpitaux de fortune, et le moyen le plus rapide, le plus économique et le plus facile à mettre en œuvre pour ce type d’installation, c’est le préfabriqué de type algéco, à un prix défiant toute concurrence car construit en panneaux-sandwich.

Mais les entreprises qui produisent et distribuent les panneaux-sandwich ont fermé leurs portes, faute de commandes à cause du confinement. Là aussi, il va donc falloir sans doute très prochainement rouvrir les usines produisant ces panneaux-sandwich, et lorsqu’on va s’en apercevoir, on se rendra alors compte qu’une fois de plus, un temps précieux a été perdu.

Chaînes de valeur et innovation

Il ne suffit donc pas de réduire la demande, mais également d’être en capacité de maintenir l’offre, voire de l’augmenter. Si on met tout le monde à domicile, on ne pourra jamais augmenter la capacité de nos hôpitaux.

Qui plus est, il nous faudra à terme développer une immunité de groupe. Or pour ce faire il faut que des gens tombent malades, puis soient soignés ; ou vaccinés, mais pour l’instant nous ne disposons pas de ce vaccin, et il est trop tard pour essayer de repousser l’épidémie à plus tard. Mais justement, s’il est trop tard, alors peu importe que nous tombions malades ; et si ça se trouve, nous sommes déjà tous contaminés.

L’heure est donc aux soins ! L’heure est à MULTIPLIER les soins, avec une plus grande exponentielle, encore plus que celle du nombre de patients qui vont arriver aux urgences ! Nous en avons les moyens. Et nous avons une chance incroyable, au milieu de notre malheur, c’est que cette pandémie est très peu risquée pour les enfants, les jeunes, les personnes en bonne santé. Tirons-en profit !

Les individus comme moi, encore jeunes et en bonne santé, ne demandent qu’à pouvoir se retrousser les manches et contribuer à l’effort collectif. Rester confiné chez soi, à compter les morts sans avoir le droit de mettre à profit son savoir et son savoir-faire est une véritable torture !

Si c’est une guerre, alors qu’attendons-nous pour nous battre ? Toutes les guerres ont d’ailleurs toujours été vaincues par ceux qui disposaient du système économique le plus prospère. Seule la prospérité économique peut nous permettre de fournir un tel effort. La stratégie du confinement s’apparente à une stratégie de la « terre brûlée ». Or, tous les militaires savent très bien qu’une telle stratégie a ses limites : affamer l’ennemi ne doit en aucun cas nous faire courir le risque de nous retrouver nous-même affamés.

En fermant les entreprises, non seulement nous nous rendons incapables de produire ce dont nous avons besoin aujourd’hui, mais nous nous rendons également incapables d’innover, et de développer dans un futur proche ce dont nous aurons besoin très bientôt : des médicaments adéquats, des vaccins et autres instruments de soin, des instruments et techniques d’isolement des malades et/ou de protection des personnes saines, etc.

Comment savoir de quels produits ou services ces innovations auront besoin à ce moment-là ? Comment savoir quelles entreprises nous pouvons raisonnablement fermer aujourd’hui, en étant certains qu’elles ne se révéleraient pas finalement indispensables dans un futur proche ? Qui aurait pu imaginer, par exemple, que Décathlon aurait l’idée d’utiliser ses masques de plongée en supports pour respirateurs ?

Pour vaincre cette pandémie, nous avons nécessairement besoin de l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’ensemble de la chaîne de production et d’échanges. Pour y arriver, nous ne pouvons pas nous permettre de nous passer de l’un ou de l’autre : nous avons besoin de tous.

Notre meilleure chance de passer cette crise n’est donc certainement pas de diminuer l’offre, mais au contraire de l’accroître !