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    Benoît Thieulin : « Les plates-formes numériques se pensent comme de nouveaux Etats »

    Laurent Espitallier – Saturday, 6 April - 14:02 edit

Prenons un exemple : Waze [application de navigation appartenant à Google, NDLR] décide d’orienter un flux autoroutier de camions sur une route départementale qui traverse un village. Cette route risque alors de se détériorer bien plus rapidement, les accidents et la pollution vont s’accroître dans ce périmètre. L’infrastructure matérielle qu’est la route est donc touchée par une infrastructure immatérielle qu’est l’application. Si l’Etat n’est pas capable de parler à la plate-forme et de maîtriser les flux, quel contrôle a-t-il de sa politique d’aménagement du territoire ? En grossissant le trait, il va être forcé de construire une nouvelle route à cause du choix de Waze.


Ainsi dans le monde numérique interviennent parfois des changements de services qui sont absolument systémiques et qui se préoccupent assez peu des écosystèmes qui en dépendent. Twitter a changé plusieurs fois son interface de programmation (API), ce qui a détruit des entreprises entières.


J’utilise souvent la comparaison avec un fournisseur d’électricité. Imaginons que du jour au lendemain EDF, au lieu de fournir du 200 V, déverse dans le réseau du 350 V. Tout un tas de machines appartenant à des entreprises et des particuliers risquent d’être endommagées. Or, EDF ne peut pas faire ça, il a un cahier des charges, des procédures… Une place particulière implique une responsabilité particulière. Les plates-formes ne peuvent pas, par négligence ou malice économique, ne pas se préoccuper du pouvoir qu’elles ont sur leur écosystème et sur les entreprises qui dépendent d’elles.


Les fondamentaux de l’économie numérique ne sont pas durables. Du point de vue écologique, tout est à verdir, du hardware (matériel informatique) au software (logiciel). Les machines sont frappées d’obsolescence programmée, les métaux rares qui les composent sont polluants et peu recyclés, et notre usage est anti-écologique. Toute la chaîne est à revoir.


Côté social, certaines plates-formes passent par des canaux de systèmes juridiques particuliers, les travailleurs ubérisés ne sont pas réellement des indépendants. Quand la plate-forme décide de baisser la commission qui leur revient, ils n’ont pas réellement le choix. D’autant plus que ces opérateurs tendent à être monopolistiques, donc il n’y a pas de réel concurrent.


Du point de vue fiscal, ce n’est pas tenable. Les géants du numérique paient un impôt ridicule en Europe. C’est d’autant plus indéfendable que pour continuer à consommer leurs services, il faut être éduqué, en bonne santé et avoir du temps libre. Pour cela, des impôts sont nécessaires.


Nous disposons en effet de technologies prometteuses qui peuvent être un levier pour décentraliser le Web, comme la blockchain [technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, fonctionnant sans organe central de contrôle, NDLR]. Cette dernière peut créer de la confiance de façon horizontale sans tiers certificateur, donc sans plate-forme. La blockchain va pouvoir garantir des fiabilités d’échanges, en reprenant ainsi l’esprit premier du Web mais en y ajoutant la sécurisation. Nous proposons que L’Europe fasse ces choix technologiques.

#numérique #gouvernance #gafam #souveraineté #europe #étatsunis #économie #politique #web

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    L’Internet français : vers une assignation à… « bien penser » ?

    Laurent Espitallier – Friday, 15 February - 12:05

Nous pouvons d’ores et déjà nous demander ce qu’il adviendra lorsqu’une autorité compétente – une autorité configurée selon les desideratas de chaque pays membre – collaborera avec Facebook et Google pour engager des mesures proactives de censure.

À supposer qu’une autorité administrative soit mise en place en France – dans la mesure où la marginalisation du juge judiciaire est devenue récurrente cette hypothèse n’est pas à exclure – il suffira au pouvoir en place de signifier que tels groupes, tels hashtags, tels commentaires sont répréhensibles (séditieux,factieux, subversifs…) pour qu’ils puissent faire l’objet de mesure proactive de censure. Avec ce texte, le risque serait de franchir un nouveau cap liberticide et de passer d’une atteinte potentielle à la liberté d’expression au risque de mise en place du délit d’opinion


Sans oublier l’autocensure de citoyens qui craignent d’être ciblés (cf. loi renseignement et les boîtes noires qui surveillent nos usages)..._

#internet #web #censure #politique

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    Lutter contre le réchauffement médiatique

    Laurent Espitallier – Wednesday, 6 February - 07:28 edit

La vigilance nécessite une énergie qui doit être reconstituée par des périodes de sommeil, plus ou moins longues et de préférence adaptées aux cycles biologiques des 24 heures. Prenons donc ce critère pour calculer la charge mentale supportable pendant 24 heures. De plus, notre activité en ligne fonctionne massivement aux réactions à ce que d’autres ont posté. Veillons donc à limiter notre propre réactivité selon ce critère des 24 heures et ne nous contentons pas de supprimer les alertes car c’est notre activité de publication et de re-publication qui provoque ces alertes à son tour. Ainsi, l’architecture des systèmes d’information et des applications devra nous permettre (puis nous encourager avec des récompenses voire enfin nous imposer dans un second temps si nécessaire) de limiter nos posts sur toutes les applications de réseaux sociaux à un par période de 24 heures (dont tous les tweets notamment). Pour cela, il faut en effet de nouvelles métriques, comme le propose la FING, des métriques de rythme. De même pour nos commentaires sur chaque site ou application, ce qui réduira immédiatement l’effervescence des débats sur ces sites : nous devrons réfléchir avant de poster et être sûr qu’une réaction en vaut la peine au risque de nous priver d’une autre réaction sur un autre sujet nettement plus important. Les frustrations seront grandes au début, les manœuvres pour contourner ces systèmes seront multiples mais un apprentissage du ralentissement du débat et des contributions se fera, comme pour la vitesse automobile. N’oublions pas cependant que des armées de designers, d’analystes de données et de spécialistes de l’expérience utilisateur ont consacré des heures de conception et de tests pour s’assurer que les membres des réseaux sociaux resteraient toujours plus longtemps sur le réseau au point de ne plus le quitter (1 heure par jour en moyenne passée par les membres de Facebook en version mobile aux USA). Les affordances (Norman, 1988) et les nudges (Thaler et Sunstein, 2010) , toutes ces méthodes comportementales de suggestions rendues quasi incontournables grâce à leur design, sont alors conçus dans cet objectif de captation de l’attention. Il serait cependant possible d’exploiter les mêmes méthodes pour ralentir le rythme des applications et rendre perceptible l’amélioration apportée à l’expérience. Les revendications de liberté de choix dans les usages des réseaux sociaux ou de responsabilité individuelle sont légitimes, mais pèsent peu face à des artifices de conception qui savent exploiter toutes les faiblesses de nos cerveaux et de nos passions et nous faire réagir sans vraiment prendre de décisions au sens délibératif. Ce qui vaut pour les publications élaborées (ou presque, car lorsqu’on duplique des contenus, l’effort est minime), doit aussi s’appliquer aux réactions les plus élémentaires installées dans les applications : un seul like par jour, un seul retweet par jour, une seule recommandation ou pouce en l’air sur un site de presse, etc. Tout cela réduirait considérablement la course aux scores qui est devenue une obsession du marketing comme des individus publiants. Et cela permettrait par la même occasion de tuer le business de l’astroturfing, des fermes à clic et des robots qui génèrent quasiment 8 % des tweets, ce qui rend tous les scores « d’engagement » ou de « reach » totalement fantaisistes mais pourtant rassurants pour le marketing. Car la posture de pure réactivité des comptes humains est déjà un automatisme, ce qui facilite la programmation d’algorithmes (ou de travailleurs du clic, Casilli, 2019) qui simulent leur comportement. A cette occasion, la convergence avec les mesures de lutte contre l’invasion des robots que mènent les plates-formes comme Twitter serait donc possible.


La règle des 24 heures est plus compliquée à mettre en place pour les mails, car l’activité professionnelle peut nécessiter une grande réactivité… dans certains cas, elle impose parfois des échanges en allers-retours fréquents…. Les habitudes de réactivité ont été encouragées au départ par les modèles de management fondés sur une disponibilité de tous les instants. Mais cette pression à la connectivité s’est retournée contre les missions principales des salariés ou des collaborateurs, qui voient fondre leur temps d’attention consacré aux tâches à haute valeur ajoutée ou demandant une vraie concentration. Le « syndrome de saturation cognitive » détecté dès la fin des années 90 (Lahlou, Lenay et al., 1997) se traduit par un hachage permanent des séquences de travail. Les entreprises ont désormais la possibilité de réserver les échanges par mail à certaines périodes de la journée, comme le fait par exemple HP. Cette mesure relève d’un véritable pilotage du rythme attentionnel qui peut faire l’objet d’une négociation avec les salariés. Dans ce cas, on le voit, ce n’est pas dans le code que la solution est trouvée mais dans une règle collective.


Cette figure de la boucle est délétère du point de vue de la réflexivité car elle entraîne une sidération pour un message qui n’est plus nouveau ni d’ailleurs analysé : le cerveau humain se met « en boucle » lui-même et ressasse les images qui le captivent d’autant plus qu’elles sont spectaculaires, c’est-à-dire inédites ou choquantes (novelty and salience). Les « commentateurs » et « experts » peuvent faire assaut de réflexions éclairées, les images et les bandeaux, eux, tournent en boucle pour les événements de longue durée, mais aussi pour ceux, mêmes brefs, qui sont déjà passés et que l’on continue à commenter. Cela signale surtout l’absence de nouvelles images et l’impératif de remplissage par la répétition. Or, le spectateur n’en est pas averti. A une demie-heure d’intervalle, il peut encore avoir l’impression que l’attaque est encore en cours, que les toits continuent de s’envoler, que les barricades sont toujours en feu, alors qu’il s’agit exactement de la même image déjà vue dix fois. Pour contrer cet effet de répétition qui amplifie certaines images plus spectaculaires au détriment des autres, il serait souhaitable par exemple de rendre obligatoire un bandeau en bas de toutes les images comportant la date et l’heure de tournage, ainsi que le nombre de fois où cette image est déjà passée à l’écran (ou en fond d’écran). Cela constituerait une aide au détachement de la part du spectateur et cela obligerait les chaînes d’information continue à afficher leurs ambitions en matière de diversité des sources d’images (ou au contraire à rendre visible leur faible ambition).

#médias #société #internet #web #infox #information #attention #psychologie #vigilance

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    docteur_science

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    Projet Needle

    Thibaut Brix – Wednesday, 24 October, 2018 - 20:23 edit

Le #web a du plomb dans l'aile... Comment reprendre ce que Google ou Facebook nous confisquent ?

L'auteur de cette tribune (que je connais) travaille sur un outil de partage via Firefox de fil d'intérêt nommé #needle, la bêta publique est lancée, voir en fin d'article.

Récement sur #Diaspora*, quelqu'un répondant au pseudo de gchocteau m'a fait découvrir une #web-radio sympa, nommée Celt-Rock-Radio.

Il s'agit d'une #radio #anglophone qui passe de la musique celtique, parfois rock, souvent traditionnel, le tout sans jamais être gnangnan.

Je me suis dit que je devrais, à mon tour, la partager avec vous. ;)

Celt-Rock-Radio #musique #celtique


Sources :

https://framasphere.org/posts/5483708

https://mondiaspora.net/posts/1974539

  • Celt-Rock-Radio

    A rowdy mix of hard rocking Celtic music from the Pubs of America, Canada, Ireland and Scotland. Warning: Celt Rock Radio may result in the consuming of large quantities of Stout and other intoxicating beverages. Ok, let's party

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    Pourquoi je passe d'un site dynamique à un site statique

    Thibaut Brix – Thursday, 5 April, 2018 - 08:52 edit

N'est pas mort à jamais...

Ces derniers jours,je me suis intéressé de prêt aux systèmes de sites statiques (pas facile à dire). En effet, depuis à peu près 2000, je maintiens un site consacré à H.P. Lovecraft, que j'ai un peu laissé de côté ces dernières années. Mais à la faveur d'un incroyable financement participatif pour une réédition luxueuse des textes de fiction de l'écrivain de Providence, il m'a paru opportun de me replonger dans les pages foisonnantes du wiki. Oui, mon site est un wiki. Choix assez logique puisque j'espérais des contributions régulières d'internautes pour enrichir les connaissances autour de HPL...

Parcours web

Depuis presque vingt ans (déjà), j'ai eu l'occasion de passer d'un site en HTML simple, codé en partie par moi-même à l'époque, un peu avec les pieds (avec livre d'or, webring, des bannières de pubs pour d'autres sites, des GIF... Bref ce que le web des années 2000 a offert de plus beau) à un wiki plus sérieux. Au début, j'ai utilisé feu WikiBabe, un "bébé" wiki qui faisait le taff en toute modestie. Mais il a assez vite montré ses limites et je me retroussé les manches pour passer à Dokuwiki, le moteur de wiki sans base de données...

Etat des lieux

L'une des conditions de gestion d'un site pour moi, c'est de ne pas avoir à gérer de base de données : d'une part parce que c'est assez lourd, d'autre part parce que quand c'est cassé, c'est la merde ! Et n'étant pas administrateur de BDD, ni même informaticien, je suis un général un peu grognon. Entre en jeu Dokuwiki et son arborescence de fichiers.
A cela s'ajouta quand même de la BDD avec un nouveau forum sous PunBB (devenu FluxBB). Un système léger et pratique mais qui est limité par un système d'extensions poussif et par des limitations de base (pas d'antispam, donc bonjour les robots). Il faut ajouter des morceaux pour que ça marche bien et comme ça implique de modifier des pans entiers de PHP dans plein de fichiers, c'est relou. Vu l'importance du contenu depuis plus de dix ans, j'ai abandonné l'idée d'une migration sur un autre outil. Et je parle pas des sueurs froides quand j'ai changé d'hébergeur (d'OVH vers o2switch).
J'ai aussi brièvement tenté l'aventure du blog sous Wordpress mais ça n'a pas duré et, pour utiliser Wordpress dans mon travail, c'est un outil tellement complexe que ça m'a découragé de l'employer. J'ai finalement choisi Shaarli pour faire un semi-blog et mettre en avant l'actualité lovecraftienne.

Ce qui fait que je suis actuellement avec :

  • un wiki principal sous Dokuwiki : peu de contributions, pas mal d'options, surévalué pour mon usage ;
  • un forum bien rempli sous FluxBB : BDD, difficultés d'évolution et de mises à jours, figé dans le temps parce qu'ai bloqué les inscriptions à cause du spam ;
  • un blog léger sous Shaarli : pratique, mais aucune interopérabilité avec le reste, pas de systèmes de commentaires...

Donc, trois outils adaptés à une époque mais qui n'ont aucune interaction et qui sont devenus déplaisants à gérer.

Et donc ?

Et donc, j'ai décidé de sacrifier les possibilités et de me concentrer sur l'essentiel : Lovecraft, sa vie, son oeuvre, son influence. C'était déjà l'orientation du site ces dernières années.
Puisque je suis absent de mon propre site, que le principal contributeur qui m'épaule est justement le seul, que le forum est un mammouth, je vais quitter le monde merveilleux du site dynamique pour redécouvrir les joies du statique : retour aux origines ! Mais le web de 2018 n'est plus tout à fait celui de 2000, vous avez dû le remarquer.
Donc, exit le codage à la maison, je suis allé creuser du côté des scripts de site en Markdown, le langage de balisage simple et accessible dont je suis devenu fan. D'ailleurs là, j'écris en Markdown, merci Movim de l'avoir implémenté. Et je peux aussi le faire sur diaspora*, sur MyFrama, sur mes différents appareils avec ReText, Ghostwriter ou Markor...

Le Markdown était l'une des conditions de migration vers un nouveau système. Une autre étant la légèreté, la facilité d'installation et un affichage élégant. Yellow répond à ces critères. Après plusieurs essais, plusieurs lectures d'articles sur les sites statiques, j'ai enfin trouvé chaussure à mon pied. Et, tenez-vous bien, Yellow sait faire des sites, des wikis, des blogs ! De quoi remplacer à la fois Dokuwiki et Shaarli. Et il est libre. (Djan me signale toutefois sur diaspora* que ça ne fonctionne que sur Apache, donc problème pour l'auto-hébergement sur serveur plus léger... Nginx ?)
Voilà une bonne nouvelle. Mais quid de KADATH, mon contributeur passionné, et de la notion de partage et de coopération du wiki ? Et que devient le forum ?

Au travail !

J'y ai réfléchi. Pas trop longtemps. En ce qui concerne le forum, je vais le laisser en l'état. Les membres pourront y poster, mais pas de nouveaux inscrits. Un autre forum ? Peut-être, ou rediriger les internautes vers un forum ami (TOC par exemple), plus probable.
Côté wiki, je vais scinder le contenu en deux : ce qui relève de ma seule production, bref les pages dont je suis l'auteur unique, et les pages écrites en collaboration. Jusqu'à présent, le contenu du wiki était sous licence Creative Commons BY-SA. En bon libriste, je ne me vois pas fermer l'usage à mes contenus mais je bien sûr dépendant de ce que les autres ont produits. Donc, comme je ne peux plus forcément contacter tout le monde, je vais conserver une partie wiki sous CC BY-SA, avec des contenus extérieurs ("invités" en quelque sorte) et je vais concentrer sur le site mes contenus personnels, que je vais passer sous Creative Commons Zero. Oui, j'abandonne mes droits parce que je le peux. L'oeuvre de Lovecraft est dans le domaine publique, faisons pareil.
Le blog sous Shaarli va certainement devenir un blog dans Yellow, et comme Yellow propose un système de commentaires en bêta, je vais aller voir ça de plus près. (Après avoir creusé, je ne sais pas comment implémenter un site statique et un blog dans Yellow. On choisit à l'installation l'un ou l'autre... A suivre.)

La suite

A terme, j'espère pouvoir simplifier, redynamiser et relancer mon site. Un peu plus tout seul, un peu moins avec les autres mais un peu plus pour les autres. C'est pas si mal.
L'étape de la découverte de Yellow étant passé, je vais maintenant reprendre les pages, convertir le balisage wiki en balisage Markdown (moyennement facile mais surtout long) et réintégrer tout ça. Je vais aussi travailler sur la présentation et le plan du site. Beaucoup de taff mais je suis motivé, il faut en profiter !

Et peut-être qu'après tout ça, je vais enfin me créer mon site à moi, à mon nom, ou mon blog, et enfin réunir toutes mes errances. Merci Yellow, et merci le design suédois :)

#web #lovecraft #site

If a decentralized Web doesn’t achieve mass participation, nothing has really changed. If it does, someone will have figured out how to leverage antitrust to enable it. And someone will have designed a technical infrastructure that fit with and built on that discovery, not a technical infrastructure designed to scratch the itches of technologists.

Read more http://blog.dshr.org/2018/01/it-isnt-about-technology.html

#web #diaspora #movim #facebook #economy #corporations